NOUS AVONS VU
LE DBX, PREMIER SUV
ASTON MARTIN

Le reportage Sport-Auto.ch du 20 novembre 2019

Rédaction : Laurent Missbauer
Photographies : D.R. Aston Martin, Laurent Missbauer

Aston Martin marche de plus en plus sur les traces de Porsche. Si le constructeur de Stuttgart avait choisi un ancien terrain militaire de Leipzig pour ériger l’usine de son SUV Cayenne, la firme de Gaydon a jeté elle aussi son dévolu sur un ancien site de la défense nationale.

C’est en effet à St. Athan, à l’ouest de Cardiff, dans des hangars où étaient encore assemblés il y a quelques années des avions militaires, qu’est assemblé le DBX, le premier SUV d’Aston Martin. Après un teasing s’étalant sur plus d’une année durant lequel le DBX s’est illustré dans plusieurs versions camouflées, le grand jour est arrivé ! Enfin presque. Car il nous faudra attendre le 20 novembre, jour de la présentation mondiale à Pékin, pour vous faire part de ce que nous avons pu voir en tant qu’unique média de Suisse romande.  

L'essai de la Ford GT sur circuit
L'essai de la Ford GT sur circuit

A peine descendus de notre taxi devant l’usine de St. Athan, nous tombons devant trois magnifiques Aston Martin dont une DBS Superleggera Volante, la version découvrable de la DBS Superleggera que nous avions essayée en juin. Un peu plus loin, nous avons la surprise de découvrir un DBX camouflé. A quoi ressemble-t-il sans ses « peintures de guerre » et ses autocollants TAG Heuer, le partenaire horloger d’Aston Martin ? Pour le savoir, nous suivons le panneau sur lequel est inscrit « VIP Reception ».

L'essai de la Ford GT sur circuit
L'essai de la Ford GT sur circuit

Arrivés là où sont accueillis les « Very important persons », c’est Marek Reichman en personne qui nous souhaite la bienvenue devant un DBX dissimulé sous une housse bleue. Agé de 53 ans, de mère anglaise et de père polonais, Marek Reichman est à la fois vice-président exécutif et directeur de la création d’Aston Martin. Il est considéré comme l’un des stylistes les plus doués de sa génération et on lui doit notamment les incroyables Aston Martin Valykrie et Vulcan.

Avant de retirer la housse qui recouvre le DBX, Marek Reichman nous explique que ce SUV répond non seulement à la demande des concessionnaires Aston Martin mais également à celle de la clientèle « qui n’est plus la même que celle d’il y a 30 ans » : « Le paysage automobile a radicalement changé au cours de ces dernières années, les loisirs prennent de plus en plus d’importance. Il en va de même pour les voitures à quatre roues motrices dans plusieurs pays et, dans certains marchés, comme c’est le cas par exemple en Chine, de nombreux propriétaires de voitures, qu’elles soient de luxe ou de sport, ont un chauffeur. Du coup, Aston Martin ne pouvait pas rester plus longtemps absent de ce segment qui a vu l’arrivée non seulement de Porsche, mais également de Bentley et de Lamborghini. »

Contrairement à ces trois marques, Aston Martin a cependant l’avantage d’arriver sur ce segment en étant parti d’une feuille blanche et non pas de celle d’une plate-forme commune, nous explique Marek Reichmann. « Alors que les Porsche Cayenne, Bentley Bentayga et Lamborghini Urus doivent composer avec une base identique (celle du Volkswagen Touareg), nous avons été entièrement libres d’adapter le langage visuel typique d’Aston Martin, un langage intimement lié à une certaine idée de performance », poursuit Marek Reichman en retirant la housse et en laissant apparaître le DBX dans toute sa splendeur.

Même s’il dépasse cinq mètres en longueur (5’039 mm) et deux mètres en largeur (2’220 mm avec les rétroviseurs), le DBX ne nous a pas semblé surdimensionné : « Cela est dû à son important empattement de trois mètres qui nous a permis d’étirer la carrosserie tout en évitant que celle-ci soit trop massive. Avec une hauteur de 1680 mm, le DBX est d’ailleurs le plus bas de sa catégorie. Nous y tenions car une Aston Martin ne doit jamais être visuellement lourde. Elle se doit au contraire d’être agile », insiste Marek Reichman en nous invitant à nous déplacer vers l’arrière de la voiture.

« Le client doit immédiatement saisir qu’il s’agit d’une voiture puissante, à la fois performante et sportive, mais également qu’il s’agit d’une Aston Martin, parce qu’elle a un ADN et qu’elle produit en vous une certaine sensation », relève-t-il en précisant que le DBX sera dans la majorité des cas « la première Aston Martin de son heureux acheteur ». Ce n’est ainsi pas par hasard que Pékin a été choisie pour la première mondiale du DBX. « Quant à la ligne de toit, à la fois basse et élégante, elle se termine par un déflecteur qui laisse s’écouler l’air en deux parties sur la lunette arrière. Cette dernière vient mourir sur le spoiler en queue de canard qui reprend les codes stylistiques de l’Aston Martin Vantage », nous détaille Marek Reichman.

Il nous propose ensuite de nous asseoir aussi bien à l’arrière qu’à l’avant du DBX. Tout n’y est que luxe et volupté. « L’importante longueur de l’empattement a permis d’optimiser l’espace à l’intérieur de l’habitable et cette impression d’espace est renforcée par le toit en verre. Sachez encore que plus de six mois ont été consacrés à la définition de la position du conducteur à l’intérieur du DBX afin que celle-ci offre une excellente accessibilité à toutes les commandes. Cette position doit en outre permettre d’avoir une vue qui soit bien dégagée sur le capot, cela afin de donner confiance au conducteur. Il s’agit là d’un aspect qui s’avère très important lorsqu’on sait que le conducteur d’un DBX sera bien souvent une conductrice. »

En tout cas, nous avons immédiatement trouvé une position idéale au volant du DBX. Et même si Aston Martin ne nous a convié qu’à une présentation statique, nous n’avons pas résister à la tentation d’appuyer sur le démarreur afin d’entendre la mélodie en 8 cylindres interprétée par le moteur double-turbo de quatre litres qui provient de chez Mercedes-AMG et que l’on retrouve dans la Vantage et dans la DB11 V8 déjà essayées.

Avec ses 550 chevaux et un couple de 700 Nm, il ne devrait avoir aucune peine à déplacer énergiquement les 2’245 kg de la « bête ». Aston Martin annonce que l’exercice du 0 à 100 km/h est accompli en à peine 4,5 secondes et que la vitesse maximale est de 290 km/h. On se réjouit d’ores et déjà de pouvoir l’essayer. Il faudra cependant encore patienter un peu car les premiers DBX ne devraient être livrés qu’au deuxième trimestre 2020. Quant aux prix, ils débutent à 193’500 euros, soit un peu plus de CHF 215’000.-. Une somme qui pourra prendre facilement l’ascenseur, Aston Martin ayant d’ores et déjà prévu de nombreux accessoires permettant d’adapter le DBX à des besoins spécifiques tels que le golf, le ski, le cyclisme, la chasse ou le transport de vos chiens de race !

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