ASTON MARTIN
VANTAGE
ROADSTER

L’essai Sport-Auto.ch du 8 septembre 2021

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried, Gaëtan Brunetti

Présentée en 2018, la « nouvelle » Aston Martin Vantage est sans doute l’une des GT les plus controversées de notre époque. Certains estiment que, de part son look et son moteur V8 provenant de Mercedes-AMG, elle n’a plus l’âme d’une Aston. D’autres, en revanche, l’apprécient pour son côté plus badboy par rapport à la Vantage de génération précédente, moins délurée. Après notre essai hivernal du coupé, nous voici de retour à son volant… cheveux au vent !

Au premier regard, celle qui m’attend dans le showroom de chez Aston Martin Geneva me paraît encore plus basse et plus méchante que le coupé. Une impression étonnante sachant que la conception d’un cabriolet à partir d’un coupé est un exercice de style hasardeux, engendrant souvent un résultat mitigé. La Vantage Roadster doit sa réussite esthétique notamment à son pare-brise très incliné ainsi qu’à sa relative compacité (4,46 m). Naturellement, ses cotes et son empattement sont identiques à ceux du coupé. Sa largeur de 1,95 m hors rétroviseurs la campe parfaitement au sol, à plus forte raison lorsqu’elle est équipée des jantes 20 pouces Snowflake (pour flocon de neige) en noir satiné (CHF 3’888.-).

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

propulsion
8 cyl. 4.0L bi-turbo
510ch / 685Nm
1’625kg

Le carbone est omniprésent sur notre exemplaire d’essai, pour un montant total dépassant les CHF 25’000.- (extérieur et intérieur). Mais tout ceci n’est évidemment pas une obligation et le client peut choisir précisément la finition de chaque contour de « son » Aston en fonction de ses goûts. Un détail de style commun aux DB11 et DBS Superleggera : les portes s’inclinent vers le haut lorsqu’on les ouvre, ce qui permet aux grands gabarits de les fermer plus facilement de l’extérieur sans devoir se pencher.

La présentation intérieure est raffinée et digne d’une Aston Martin. Si nous avions émis un bémol pour la configuration retenue sur la Vantage coupé essayée, nous sommes cette fois parfaitement servis : l’intérieur noir se marie idéalement avec la teinte de la carrosserie (China Grey) et les coutures jaunes rappellent la teinte des étriers de freins (CHF 1’548.-). Autre choix judicieux du constructeur sur cet exemplaire : on retrouve du carbone pratiquement partout, du volant jusqu’aux contre-portes en passant par les palettes ou les bouches de ventilation !

Le choix d’un volant mélangeant cuir et carbone ne doit pas se faire à la légère ; les points de repère sont multipliés autour du volant, ce qui peut être un avantage, mais par contre laisser « glisser » le volant pour débraquer demande plus de doigté, alors même que sa forme non ronde ne favorise pas l’exercice. A la fois discret et sensitif, le repère du point milieu se situe sur l’arrière du volant, sous forme de bosselage dans le carbone.

Si certains diront que les nombreux boutons de la console centrale chargent l’ensemble, l’accès à la plupart des fonctions s’en retrouve grandement facilité, avec un petit côté 007 en prime. Cela compense l’écran central dont certains menus sont peu intuitifs et la commande via le pad peu aisée. 

Sous le capot, on retrouve le même moteur que sur le coupé, à savoir le V8 bi-turbo 4.0L d’origine Mercedes-AMG placé en position centrale avant. La puissance et le couple sont identiques à la Vantage coupé, à savoir 510 ch à 6’000 trs/min et 685 Nm disponibles de 2’000 à 5’000 trs/min. Le 0-100km/h est claqué en 3,8 secondes, soit 2 dixièmes de plus que le coupé, plus léger de 60kg. Si la Vantage coupé est maintenant aussi disponible en boîte manuelle, la Roadster est uniquement disponible avec la boîte automatique ZF à 8 rapports.

La météo s’avère capricieuse en ce début juillet, m’obligeant à régulièrement capoter pendant notre essai. Disposant de cycle de fonctionnement le plus rapide du marché, l’opération ne prend que 6,8 secondes et peut être effectué jusqu’à 50 km/h. La capote en toile est alors pliée par un mécanisme de pliage en Z compact qui ne réduit pas le volume du coffre (200 litres). Et surprise : une fois capotée, la Vantage Roadster ne manque pas de charme, loin de là !

Sur le volant, on retrouve toujours les deux boutons permettant de jongler entre les trois modes de conduite (Sport, Sport+ et Track). Le bouton de droite modifie la sonorité, les lois et vitesses de passage des rapports, la dureté de la direction ainsi que la sensibilité de la pédale des gaz, alors que celui de gauche est dédié à la dureté des suspensions. Le mode Track ne suffira néanmoins pas à libérer la voiture de ses béquilles électroniques qui ont fort à faire compte tenu de l’important couple disponible à bas régime et du fait que le moteur se situe à l’avant. Heureusement, l’ESP et l’anti-patinage sont désactivables sur deux niveaux (Track ou OFF) via un bouton situé sur la console centrale.

Si, comme si je l’avais déjà constaté lors de mon essai de la DB11 V8, la motricité peut rapidement être mise à mal même sur le sec (autrement dit, la voiture survire facilement), la réserve de grip augmente sensiblement à mesure que les Pirelli P Zero de 295 mm (largeur à l’arrière) montent en température. Dans des conditions de roulage idéales, la Vantage Roadster s’avère être un bon compromis entre une voiture joueuse et efficace. A noter que suivant la route empruntée ainsi que votre gabarit (autrement dit, où se situe votre tête), la visibilité latérale dans les virages se trouve entravée par les larges montants latéraux du pare-brise.

Sur la plupart des routes de montagne, le châssis donnera le meilleur de lui-même lorsque les suspensions sont réglées sur Sport+, le mode Track étant plutôt dédié aux revêtements bien lisses ainsi qu’aux circuits. La rigidité est au rendez-vous, la Vantage Roadster vire quasiment à plat et se laisse volontiers propulser d’un virage à l’autre avec force tout en se jouant de ses 1’625 kg. Seul le train avant laissera parfois transparaître une très légère sensation de louvoiement dans les virages serrés ; un peu comme si l’auto cherchait à se caler pour ensuite ne plus quitter sa trajectoire.

Le timbre du V8 se reconnaît immédiatement même si j’ai l’impression qu’il a perdu quelques décibels par rapport aux millésimes précédents. Il est plus sonore dans les modes Sport+ et Track, mais sans en faire trop, et l’avantage est que la quantité de bruit émise par les deux doubles sorties d’échappement est assez homogène sur toute la plage.

Ceux qui recherchent une sonorité moins virile et plus mélodieuse pourront s’intéresser à la DBS Superleggera Volante et son V12 bi-turbo maison de 725 chevaux, à condition d’en avoir les moyens ! Cette dernière propose des sensations encore supérieures mais s’avère moins exploitable sur la route et pas forcément plus homogène sur le plan du comportement dynamique. 

Au quotidien, la boîte automatique ZF à 8 rapports privilégie la conduite sur le couple, ce qui bénéficie à la fois à la douceur de fonctionnement et à la consommation. Comptez 9,5 l/100km sur l’autoroute (le régime se situe à 1’700 trs/min à 120 km/h) et 13 l/100km sur un parcours mixte sans exploiter toute la cavalerie ; des valeurs tout-à-fait normales compte tenu des performances affichées.

Disponible à partir de CHF 173’840.-, il faudra toutefois débourser CHF 224’708.- pour notre Vantage Roadster d’essai bardée de carbone. C’est cher, mais c’est le prix de la performance et de l’exclusivité, la personnalisation et les choix étant pratiquement infinis chez Aston Martin.

Du côté de la concurrence, les prix s’échelonnent sur une large fourchette dans la catégorie des GT découvrables avoisinant les 500 chevaux : parmi les voitures essayées, on retrouve la Lexus LC500 Cabriolet (464 ch, dès CHF 139’900.-), la Jaguar F-Type R Cabriolet (575 ch, dès CHF 147’900.-), la Mercedes-AMG GT C Roadster (557 ch, dès CHF 206’600.-) ou encore la Porsche 911 Turbo Cabriolet (580 ch, dès CHF 244’100.-).

L’avis de Sport-Auto.ch

Malgré plusieurs organes mécaniques et électroniques empruntés à Mercedes-AMG, Aston Martin parvient comme toujours à nous plonger dans une atmosphère raffinée et typiquement britannique, en plus d’être indéniablement sportive. Outre son caractère bien trempé, la Vantage a parfaitement réussi sa conversion en roadster, tant sur le plan du look que sur celui des performances.

bob[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Conversion roadster très réussie
  • Conduite virile
  • Performances
  • Matériaux et finitions 
  • Atmosphère Aston Martin
Contre...
  • Visibilité avant latérale
  • Pas de bouton sur le coffre
  • Infotainment peu ergonomique
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