ASTON MARTIN
VANTAGE
F1 EDITION

L’essai Sport-Auto.ch du 5 janvier 2023

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

Quatre ans après notre premier essai, l’Aston Martin Vantage nous revient dans une version plus piquante baptisée « F1 Edition » basée sur le modèle officiant comme Safety Car dans le Championnat du monde de Formule 1 dès 2021. Outre sa puissance portée à 535 chevaux, la belle Anglaise se pare notamment d’un châssis revu et d’un look plus caractériel. De quoi faire basculer la Vantage dans une autre dimension ? Éléments de réponse dans un nouvel essai hivernal.

Extérieurement, l’attention se porte rapidement sur les éléments aérodynamiques spécifiques à cette version. L’avant reçoit une nouvelle lame plus prononcée complétée par des ailettes latérales, alors que l’arrière accueille un inédit aileron. Cela confère à la Vantage un appui supplémentaire de 200 kg à la vitesse maximale de 314 km/h. Le diffuseur est repris de la version de base, avec ici sa partie inférieure peinte dans la couleur carrosserie (CHF 936.-). Habituellement en option, le carbone est présent de série pour les rétroviseurs, le toit ainsi que les ouïes latérales qui comportent le logo F1 Edition. Conditions hivernales obligent, notre modèle d’essai a troqué ses jantes spécifiques de 21 pouces contre un modèle de 20 pouces déjà vu sur la Vantage coupé précédemment essayée.

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

propulsion
8 cyl. 4.0L bi-turbo
535 ch / 685 Nm
1’570 kg

Le choix du Lime Green pour les étriers de frein (CHF 1’224.-), en combinaison à la superbe teinte Aston Martin Racing Green, rend l’ensemble délicieusement provocateur, tout en restant nettement moins tape à l’œil que la Vantage essayée lors de notre roadtrip en Allemagne qui portait intégralement la couleur Lime Green ! Outre l’Aston Martin Racing Green, seuls le Jet Black et le Lunar White sont disponibles sur la F1 Edition, mais chaque teinte peut être choisie en brillant ou en mat.

Par rapport à la Vantage classique, l’intérieur ne révèle pas de surprise, si ce n’est que les coutures et les lignes sont également parées du Lime Green (disponibles aussi en noir, rouge ou gris), ce qui se marie idéalement avec la configuration extérieure choisie. Au centre, on retrouve le logo chromé F1 Edition juste en-dessous du bouton Start. Pour conférer une ambiance particulièrement sportive sur ce modèle, l’Alcantara prédomine sur les sièges, la console centrale, le volant, les contre-portes ou encore les montants et le ciel de toit. Le cuir et le carbone (CHF 4’848.-) complètent idéalement cet ensemble exempt de tout défaut, que ce soit en matière de finition ou de choix des matériaux. 

Sous le capot, le moteur 4.0L V8 bi-turbo d’origine Mercedes-AMG voit sa puissance passer de 510 à 535 chevaux. Le couple maximal reste à 685 Nm disponibles de 2’000 à 5’000 trs/min, mais Aston Martin affirme avoir revu la manière dont le couple est délivré lors des changements de rapport afin d’améliorer le contrôle et les performances de la voiture. Reste que, avec 1’570 kg annoncés à vide, la Vantage F1 Edition accuse un surpoids de 40 kg. Difficile d’imputer cela uniquement à l’aileron et aux jantes de 21 pouces, mais on peut regretter que le constructeur anglais ne se soit pas lancé dans une petite chasse aux kilos afin de coller davantage à la philosophie « Track focused » revendiquée. De ce fait, les performances ne changent pas : le 0-100 km/h est toujours abattu en 3,6 secondes, ce qui dans l’absolu est déjà exceptionnel pour une propulsion. 

Les réglages électriques des sièges sont idéalement placés et la position de conduite excellente, même si mes 195 cm sont un peu à l’étroit. Si l’Infotainment fait toujours des siennes (j’ai vite abandonné l’idée de trier mes stations radio favorites), l’ergonomie du poste de pilotage reste une référence, avec ses boutons dédiés aux modes de conduite sur le volant ainsi que ceux liés à la climatisation et aux fonctions (notamment l’ESP) sur la console centrale. Un bref appui sur le bouton Start translucide libère les vocalises du V8 4-0L bi-turbo ; l’expérience peut enfin commencer !

Plus que l’augmentation de puissance à l’approche de la zone rouge, je remarque d’abord la fermeté accrue des suspensions. Par rapport à mon souvenir le plus récent – l’essai de la Vantage Roadster en 2021 – la position Sport de l’amortissement semble correspondre à la position Sport+ de la Vantage normale. Le châssis devient ensuite encore plus ferme en mode Sport+, avant d’atteindre une rigidité inédite en mode Track. Parallèlement, la direction réagit plus promptement, le train avant est légèrement plus incisif que dans la Vantage et la boîte ZF me paraît encore plus rapide. Entre chaque virage, l’ensemble est ralenti avec force par les puissants freins carbone-céramique (CHF 12’000.-).

Tout cela fait la part belle aux sensations, même si l’expérience de conduite reste globalement comparable avec la Vantage classique (on ne retrouve pas le grand écart qu’il y a entre une Porsche 911 Carrera GTS et une 911 GT3). Mais pour exploiter pleinement ce nouveau châssis, il nous manque non seulement un circuit, mais surtout les nouvelles jantes de 21 pouces équipées des pneus Pirelli P Zero développés pour ce modèle. Ici, en plein hiver, l’exercice a plutôt consisté à contenir – voire à maîtriser – les ardeurs de l’essieu arrière équipé pour l’occasion de Pirelli Sottozero !

Au quotidien, je retrouve la même sonorité caractéristique et le même agrément procuré par l’excellente boîte automatique ZF à 8 rapports qu’à bord de la Vantage Roadster. Après une attaque soutenue, il est également agréable de pouvoir évoluer tout en souplesse à moins de 1’000 trs/min tout en profitant des délicieuses vocalises du V8 dont les deux turbos sont pratiquement inaudibles ! Dans ces conditions, la consommation demeure presque raisonnable pour un tel véhicule, avec 11,5 l/100 km mesurés en éco-conduite sur un parcours mixte et 9,3 l/100 km à 120 km/h. 

Par rapport à la Vantage coupé disponible à partir de CHF 178’705.-, la Vantage F1 Edition réclame au minimum CHF 208’297.-. Si à ce prix l’équipement est plus généreux que sur la version de base, il faudra tout de même débourser CHF 231’865.- pour notre modèle d’essai dûment équipé. Du côté de la concurrence, la Porsche 911 Carrera GTS (480 ch) débute à CHF 178’000.-, alors que la Ferrari Roma (620 ch) s’affichait à partir de CHF 231’000.- au moment de notre essai.

L’avis de Sport-Auto.ch

Sans aller dans l’extrême (pour cela il y a la V12 Vantage limitée à 333 exemplaires), l’Aston Martin Vantage F1 Edition offre un supplément de sportivité appréciable pour ceux qui estiment le modèle de base trop sage. Même si la monte pneumatique hivernale ne nous a pas permis d’exploiter tout son potentiel, cette Vantage F1 Edition s’est montrée à la fois légèrement plus incisive, plus ferme et plus réactive, le tout dans un look éminemment plus osé qui se veut en adéquation avec sa fonction de Safety Car. Espérons que la clientèle réponde présent à cette belle idée avant qu’il ne soit trop tard, Aston Martin ayant annoncé que sa production s’arrêtera fin 2023.

bob[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Agrément moteur/boîte
  • Ergonomie (boutons, modes de conduite, commandes sièges)
  • Matériaux/finitions
  • Performances et châssis
  • Sonorité
  • Exclusivité
Contre...
  • Visibilité avant latérale
  • Pas de bouton sur le coffre
  • Ergonomie (Infotainment)
  • Légèrement plus lourde

Remerciements

Merci à Aston Martin Geneva et Pegasus Automotive Group pour le prêt de cette Aston Martin Vantage F1 Edition.

 

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