VOLKSWAGEN
T-ROC
R

L’essai Sport-Auto.ch du 29 juillet 2020

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

Sorti en 2017, le SUV compact de chez Volkswagen se décline à présent également dans une version sportive R. Présenté en première mondiale au Salon de Genève en mars 2019, le VW T-Roc R reçoit sans surprise le même ensemble moteur/boîte que sa sœur, la Golf R. Mais avec sa garde au sol surélevée, parviendra-t-il à tirer son épingle du jeu en matière de comportement dynamique ? Et comment le situer face à sa cousine, l’Audi SQ2 ? Éléments de réponse à travers les Alpes suisses.

Visuellement, le Volkswagen T-Roc R ne manque pas de personnalité. Rabaissé de 20mm par rapport au T-Roc normal, on en oublierait presque qu’il s’agit d’un SUV. Habituellement, je ne suis pas fan des contours de passage de roue en plastique. Mais sur le T-Roc, ils accentuent son côté trapu et se marient bien avec la superbe teinte « Lapiz Blue » (CHF 1’350.-) ainsi que les jantes Pretoria 19’ anthracites (CHF 610.-). À l’arrière, les deux doubles sorties d’échappement signées Akrapovic (CHF 3’650.-) finition mat s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Avec ses 4,23m, il mesure 4cm de plus que l’Audi SQ2 et 2cm de moins que la Golf R qui, aussi bizarre que cela puisse paraître, respire moins la sportivité que ce T-Roc R.

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

4×4
4 cyl. 2.0L turbo
300ch / 400Nm
1’575kg

L’habitacle du T-Roc est bien pensé et propose des rangements spacieux dans chaque portière, un accoudoir central réglable en hauteur et profondeur surplombant un rangement, une station de recharge de téléphone sans fils ainsi qu’un tiroir sous le siège passager. En revanche, certains matériaux choisis ne sont pas dignes de son prix (CHF 65’887.- pour notre voiture d’essai), le tableau de bord étant réalisé entièrement en plastique dur ! Même constat au niveau des portières qui, hormis le repose-coude en cuir, ne comportent aucun plastique moussé. Serait-ce un choix délibéré en écho à son nom « T-Roc », afin de lui conférer davantage de robustesse ainsi qu’un nettoyage plus aisé ?

Heureusement, la belle sellerie cuir « Nappa Carbon » (CHF 2’100.-) rehausse l’ensemble, tout comme le volant à méplat siglé R. La position de conduite est un peu trop « assise » avec un pédalier qui n’est pas situé assez en profondeur pour les grands gabarits. En revanche, la garde au toit est confortable, même lorsque le T-Roc est équipé du toit ouvrant panoramique (CHF 1’360.-). L’habitabilité arrière est tout-à-fait correcte et propose un large accoudoir ainsi qu’une trappe à skis.

Juste en-dessous du sélecteur de vitesse de la boîte DSG à 7 rapports, le sélecteur rotatif propose aussi des modes de conduite destinés au tout-terrain, avec notamment une assistance de retenue en descente (mais pas rapports de boîte raccourcis). Cela n’était pas le cas dans l’Audi SQ2 essayée qui ne disposait que des modes destinés à la route. Cette dernière disposait par contre du même empattement ainsi que du même ensemble moteur/boîte. Le 4 cylindres 2.0L turbo TFSI dispose donc de 300ch et 400Nm de couple, permettant au T-Roc R de parcourir le 0-100km/h en seulement 4,8 secondes.

Cet essai coïncidant avec les vacances, nous avons emmené le T-Roc R dans les Grisons pour juger de sa polyvalence. Après l’excursion familiale au ski avec le petit SQ2, me voici face à un autre challenge : ranger tout le nécessaire de camping et les affaires personnelles pour deux adultes et deux enfants dans le coffre du T-Roc R de 392 litres (… c’est toujours 37 litres de plus que celui de l’Audi). Après quelques compromis consentis par Madame (adieu la chaise de camping pliable), tout est finalement rentré, mais il sera préférable de ne pas ouvrir le coffre avant notre arrivée !

Notre itinéraire nous mènera jusqu’au Parc National en empruntant quelques-uns des plus beaux cols de Suisse, dont notamment le Gothard, l’Oberalp, le Furka ou encore le Grimsel. Le tracé rêvé pour tout passionné de conduite, tant ces routes proposent des pentes et des trajectoires variées. Et globalement, le VW T-Roc R s’est affranchi de sa tâche avec panache, démontrant polyvalence et sportivité. Son gabarit compact le rend aussi à l’aise pour se parquer en ville que pour attaquer un de nos cols alpins à vive allure.

Car ce que le T-Roc perd en agilité à cause de son centre de gravité surélevé, il le rattrape en partie grâce à son empattement de seulement 2,59m (soit 4cm de moins que celui de la Golf). De plus, son poids de 1’575kg à vide (soit 50kg de plus que la Golf R) n’a rien de honteux pour un SUV de 300ch offrant 5 places et 4 roues motrices. Avec sa direction directe et son rayon de braquage faible, les épingles serrées s’avalent facilement. Son couple important (400Nm) autorise de bonnes relances même à la montée ; très pratique pour dépasser certains touristes qui, subjugués par la beauté des lieux, s’apparentent à des obstacles roulant.

Grâce au châssis adaptatif DCC (CHF 1’040.-), trois réglages de dureté sont proposés (Confort, Normal ou Race) en fonction du mode de conduite adopté. Si en mode Race la voiture vire quasiment à plat, les mouvements longitudinaux restes présents. En pleine charge, le T-Roc R se cabre sur l’arrière, augmentant la tendance au sous-virage. Car pour gérer la motricité, Volkswagen compte surtout sur le soutient des roues arrière en cas de patinage des roues avant qui ne bénéficient pas de différentiel à glissement limité mécanique pour « tirer » à la corde en sortie de virage. Équipé du différentiel Haldex, le T-Roc R est, comme la plupart de ses sœurs et cousines, une traction par défaut dont les roues arrière ne recevront que 50% du couple au maximum. Globalement, le comportement dynamique est efficace et sécurisant. Pas très passionnant pour un amateur de sensations, mais parfait pour une famille pressée d’arriver au camping !

Côté sonorité, l’échappement Akrapovic en titane génère quelques borborygmes en décélération mais peine à s’exprimer en charge. En mode Race, la sonorité artificielle générée dans l’habitacle (Sound Aktor) prend nettement le pas sur celle de l’échappement ! Heureusement, le mode Individual permet de le désactiver (paramètre « Son moteur ») sans réduire la sonorité de l’échappement à clapets définie par le paramètre « Entraînement ».

Au chapitre de la consommation, le T-Roc R aura consommé 10,4l/100km de moyenne sur les 1’070km de notre roadtrip qui a comporté une majorité de tracés sinueux parcourus à bon rythme. Sur un itinéraire mixte en plaine, la consommation moyenne demeure facilement sous les 9l/100km grâce au 7ème rapport allongé et à la fonction de roues libres en mode Eco.

Disponible à partir de CHF 51’950.-, le T-Roc R est un peu moins cher que la VW Golf R (CHF 53’300.- en 2020). Une somme néanmoins élevée qui se situe entre celle du plus spacieux Cupra Ateca (dès CHF 48’500.-) doté d’un équipement de série plus riche et celle de l’Audi SQ2 (dès CHF 56’200.-), plus chic et légèrement plus compacte (4,19m). Bien équipé, notre modèle d’essai culmine à CHF 65’887.-.

L’avis de Sport-Auto.ch

On dit souvent que tout faire en même temps est le meilleur moyen de ne rien faire comme il faut. Ce paradigme prend tout son sens lorsqu’il s’agit de choisir un seul et unique véhicule dont on attend satisfaction dans chaque domaine d’utilisation. S’il fait inévitablement face à des compromis, il faut reconnaître que ce VW T-Roc R a de nombreux atouts.  

Sportivement parlant, il reste attractif grâce à son poids contenu et à son empattement court, à tel point qu’on se croirait presque au volant de la Golf R. Equipé en option du châssis adaptatif DCC et de l’échappement Akrapovic, il est plus sportif que l’Audi SQ2, qui elle propose un habitacle nettement plus raffiné.

Ultra polyvalent, le VW T-Roc R s’adresse à ceux qui désirent un véhicule performant avec une garde au sol surélevée, le tout dans une robe compacte et attrayante.

bob[@]sport-auto.ch

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