LEXUS
RC F
TRACK EDITION

L’essai Sport-Auto.ch du 19 septembre 2019

Rédaction : Michael Esteves
Photographies : Michael Esteves
Vidéo : Cédric Monchatre

La dernière Lexus que j’ai conduite ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. La boîte de vitesses à variation continue, avec son Joystick façon Toyota Prius, y était pour beaucoup. Mais lorsque que le test de la RC F Track Edition s’est présenté, je ne me suis pas fait prier pour m’en occuper. Ne dit-on pas qu’il ne faut jamais rester sur une mauvaise impression ? Alors, voyons cette RC F Track Edition de plus près… 

La version 2019 de la Lexus RC F a été présentée en première mondiale au salon de Detroit. Les optiques intègrent désormais les feux de jour et les pare-chocs sont redessinés, tout comme les feux arrière. La marque nippone a profité de ce restylage pour sortir une série spéciale : la Track Edition. Ses principales caractéristiques : capot et toit en carbone, tout comme la lame avant, le diffuseur, ainsi que l’aileron fixe, qui remplace ici la version mobile. Cet amaigrissement compense les 14ch (463 contre 477 chevaux) et 20Nm perdus pour satisfaire aux normes de pollution. Concrètement, cela lui permet de gagner 80kg, mais elle affiche tout de même 1’745kg sur nos balances avec le plein.

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

propulsion
8 cyl. 5.0L atmo
463ch / 520Nm
1’745kg

Tranchant avec la teinte Ultra White, les pièces de carrosserie en carbone apportent une touche de sportivité indéniable. Elles sont mieux mises en valeur qu’avec le Nebula Matte Grey du modèle exposé cette année à Genève. Le galbe de ses ailes arrière est superbe. J’émets plus de réserve quant au design de la face avant ainsi qu’à l’intégration de l’échappement en titane. Derrière les jantes fournies par BBS, le freinage Brembo est composé de disques carbone-céramique et d’étriers à 6 pistons. Cette combinaison permet de gagner 25kg de masses non suspendues sur le train avant.

L’intérieur est comment dire… très rouge ! Les moquettes, la casquette du tableau de bord, le bas du volant et les sièges y ont droit. Ces derniers, en cuir et alcantara, sont réglables électriquement. Oubliez par contre le chauffage et la ventilation pour votre postérieur, tout comme l’accoudoir central arrière, trop lourd pour faire partie du voyage. Les panneaux de porte et la planche de bord reçoivent des touches de carbone rouge du plus bel effet. Ils tranchent avec le côté bas de gamme des divers interrupteurs placés à gauche du volant.

Niveau multimédia, on trouve un écran central qui, contrairement à la mode actuelle, est éloigné du conducteur. Il se commande par un pad tactile positionné en prolongement de l’accoudoir. Si sa position est idéale, le feeling généré est moins bon qu’avec une molette façon Audi par exemple. Son utilisation est intuitive pour parcourir les menus, mais il est difficile de rentrer rapidement une destination dans le GPS.

Prenons maintenant place à bord. Pour être à bord d’un coupé, la visibilité périphérique est excellente. La position du frein de stationnement, au pied, est un peu déconcertante, et pourra gêner les grands gabarits. C’est bien la première fois que j’aurais préféré un frein à main électrique. Pression sur le bouton Start, et le V8 de 5,0L se fait entendre. Mais alors très timidement !

N’ayant pas obtenu l’autorisation d’emmener cette Lexus sur circuit, elle deviendra le temps d’un essai, la Swiss Alpin Pass Edition. Au programme, une journée à parcourir les plus beaux cols de Suisse : Nufenen, Gothard, Susten puis Grimsel. C’est donc de bon matin, accompagné d’un ami en Porsche 997 GT3, que nous partons pour une petite ballade de 400km.

Les kilomètres qui nous séparent du haut-valais ne sont pas les plus passionnants. Ce trajet est constitué en bonne partie d’autoroute, parfois limité à 80km/h pour cause de travaux. En mode Eco, la consommation moyenne est de 9.8l/100km sur un mélange d’autoroute et de routes cantonales entrecoupées de quelques jonctions. Pas très Eco, mais pas surprenant compte tenu de la cylindrée de l’engin.

Après un peu plus de 90 minutes, nous arrivons au départ du col du Nufenen, qui va nous emmener au Tessin. Cette montée constitue une excellente mise en jambe, avec son parcours roulant ponctué de quelques épingles serrées avant l’arrivée au col. Celles-ci mettent en lumière le manque de motricité de l’essieux arrière lorsque la roue intérieure se déleste. Malgré la présence d’un différentiel à glissement limité de type Torsen, il n’est pas facile de passer ces épingles de manière régulière, parfois l’arrière survirant proprement, parfois seule la roue intérieure laissant sa trace. Sur cette route, le système de vectorisation du couple paramétrable de la RC F « normale » aurait certainement fait mieux.

Autre problème, l’étagement long de la boîte automatique conjugué au faible couple du moteur dans les bas régimes ne font pas bon ménage avec cette route tortueuse. Je suis chaque fois obligé de sélectionner le premier rapport pour ressortir convenablement d’une épingle. A l’heure du café, au sommet, les premières impressions sont plutôt mitigées.

S’en suit la descente sur Airolo. Et là, le gros point fort de cette RC F Track Edition est mis en valeur : son freinage. S’il y a bien un point sur lequel je suis intransigeant, c’est bien celui-là. Quel plaisir de pouvoir attaquer de longues descentes sans voir la course de la pédale s’allonger. L’excellent amortissement, la faible prise de roulis, et le grip procuré par les imposants Michelin ne font qu’ajouter une bonne dose de plaisir.

Prochaine étape : la montée du col du Gothard par l’ancienne route, la Tremola. Sa première partie alterne les portions d’asphalte avec les portions pavées. Pas forcément la plus intéressante. Mais lorsque la route devient couverte de pavés, le faible grip prodigué par ceux-ci met en exergue le comportement survireur de cette propulsion. Les courbes se passent comme sur la neige, un vrai délice.

La descente sur Uri ressemble à une autoroute comparée à la Tremola. Elle nous emmène direction le col du Susten. Ses enchaînements de courbes rapides nous font rejoindre le canton de Berne, ou une deuxième pause s’impose. La descente du Susten nous offre des panoramas à couper le souffle. Enfin, une halte dînatoire au sommet du Grimsel, avant la dernière descente, nous offre une vue imprenable sur le col de la Furka.

L’occasion de faire le point sur cette formidable auto qui, malgré son appellation, reste néanmoins plus dans l’esprit GT que dans l’esprit d’une vraie pistarde, laquelle serait sans doute plus légère et dotée d’un arceau de sécurité.

L’avis de Sport-Auto.ch

La Lexus RC F Track Edition fait sans doute partie des derniers dinosaures équipés d’un moteur V8 atmosphérique. Si la boîte de vitesse automatique Aisin à 8 rapports mériterait un étagement plus court sur nos cols, mon expérience à bord de cette GT restera parmi mes excellents souvenirs. Sa direction précise, son freinage parfait et son amortissement aux petits oignons m’ont fait oublier sa consommation en mode attaque.

Sa carrosserie au look clivant risque de limiter la clientèle disposée à payer près de CHF 130’000.- pour une GT nippone. Mais pour ce prix, vous disposerez d’une voiture confortable dotée de 4 vraies places, idéale pour les balades en familles tout en étant apte à aligner des tours de circuit.

michael[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Look général & pièces en carbone
  • Tenue de route
  • Freinage
  • Places arrière
Contre...
  • Sonorité trop timide
  • Étagement boîte automatique
  • Pas une vraie pistarde

Remerciements

Merci à Toyota AG pour le prêt de cette Lexus RC F Track Edition.

A également participé aux prises de vue de cet essai : Gaëtan Brunetti

Print Friendly, PDF & Email