PEUGEOT
308 SW
PHEV 225
GT

L’essai Sport-Auto.ch du 11 octobre 2022

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

Alors que les familiales sportives à essence disparaissent progressivement des catalogues, les déclinaisons hybrides rechargeables deviennent presque la norme, quand on ne parle pas du 100% électrique… Afin de continuer à satisfaire une clientèle avide de performances, les constructeurs promettent monts et merveilles ; sur papier, l’adjonction d’un moteur électrique serait la solution pour mêler performances et efficience.

Toutefois, les modèles « sportifs » hybrides essayés jusqu’à présent ne se sont pas avérés à la hauteur de leur label. C’est le cas notamment de la Peugeot 508 PSE qui, en dépit de ses performances, m’a laissé un goût d’inachevé. Qu’à cela ne tienne, nous avons repris rendez-vous avec la marque de Sochaux pour essayer sa petite sœur, la 308 SW 225 PHEV GT de 225 chevaux. Ne s’agissant pas d’une version PSE, les attentes à son volant sont moins élevées. L’occasion, peut-être, d’être surpris en bien ?

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

traction
4 cyl. 1.6L turbo
1x mot. électr.
225 ch / 360 Nm
1’687 kg

 

Premier modèle à porter le nouveau logo de la marque, la nouvelle 308 est une vraie réussite, mêlant élégance et dynamisme. La version SW (pour break) n’a en revanche plus rien à voir avec les breaks compacts d’antan… Avec 4,64 mètres, elle fait passer la 308 dans une autre dimension (27 cm de plus que la 308 normale). Bien que la plateforme soit la même, l’empattement a été allongé de 6 cm, au bénéfice de l’habitabilité. Suffisant pour accueillir deux adultes de taille normale, l’espace à l’arrière reste inférieur à celui de la 508 SW (4,78 mètres).

Equipant d’office la version PHEV de 225 ch, le pack GT complète l’ensemble de touches sportives. Le rendu global est moins fluide, les lignes apparaissant comme plus tendues. C’est l’effet apporté par les bas de caisse et les boucliers spécifiques qui entourent l’auto, la rendant plus agressive. La calandre GT noire à inserts chromés ainsi que les jantes 18 pouces Portland diamantées parachèvent le tableau. Hormis les fausses sorties d’échappement, le résultat est cohérent et donne une réelle impression de dynamisme.

L’intérieur révèle une qualité de fabrication digne de la catégorie supérieure. Hiérarchie oblige, la présentation n’est pas tout-à-fait aussi raffinée que dans la 508 GT, mais cela ne l’empêche pas de surclasser une bonne partie de la concurrence du segment. Cette version est richement équipée de série : sièges avant chauffants et massants, volant en cuir chauffant, accès sans clé, pédalier sport en aluminium, navigation connectée avec écran tactile 10 pouces, sans oublier toute une panoplie d’aides à la conduite dernier cri…

Rabattable uniquement en deux parties (40/60) sur certains modèles, la banquette de cette 308 est rabattable en trois parties (40/20/40), gage de praticité. Notre modèle d’essai est aussi équipé du cuir Nappa (CHF 2’300.-) ainsi que de la sonorisation Focal à 10 haut-parleurs (CHF 1’200.-). Un détail qui pourra déranger certains audiophiles : à partir d’un certain volume, les basses vont vibrer le rétroviseur central. Un défaut dont ne souffre nullement l’Alpine A110, également équipée d’un système hi-fi Focal avec subwoofer.

Sous le capot, on retrouve le 4 cylindres 1.6L turbo « PureTech » fournissant une puissance de 180 ch à 6’000 trs/min et 250 Nm à 1’750 trs/min. Il est épaulé par un moteur électrique d’une puissance de 110 ch. La puissance maximale cumulée est de 225 chevaux, tandis que le couple culmine à 360 Nm. La Peugeot 308 PHEV étant une traction, ses deux moteurs sont placés à l’avant. Le 0-100 km/h est avalé en 7,6 secondes, tandis que la vitesse maximale est de 235 km/h. Nous pouvons témoigner de très bonnes reprises nous ayant permis d’atteindre sans peine 225 km/h lors d’un roadtrip en Allemagne, chose qui nous a été refusée avec la Volvo V60 Polestar dont la vitesse maximale est limitée à 180 km/h…

Bien que Peugeot nous y ait habitué depuis des années, il me faut toujours un temps d’adaptation pour manier le petit volant situé en-dessous des compteurs. Une fois acclimaté, même si ma taille de 195 cm n’est pas la plus adaptée à cette géométrie, je n’éprouve aucune gêne ergonomique. Je suis en revanche régulièrement dérangé par des aides à la conduite trop intrusives, dont la gestion est peu pratique (il faut fouiller dans le menu de l’écran central pour désactiver l’assistant de maintien sur la voie).

Et que dire du coffre électrique doté d’un capteur de proximité qui l’empêche de se fermer s’il « voit » un objet ? Autrement dit, au lieu d’appliquer une certaine force pour pousser la veste ou le sac, il s’arrête. Cela force l’utilisateur à le fermer manuellement ou à le rouvrir pour peaufiner un chargement qui dans la plupart des cas était correct.

En mode Hybride, le passage du moteur essence au moteur électrique se fait en toute transparence, l’habitacle étant bien insonorisé. Si c’est le confort qui prime à bord, on perçoit rapidement que Peugeot a, comme sur la plupart de ses modèles, soigné le toucher de route. Mode Sport activé, la direction se raffermit et l’ensemble de la chaîne cinématique est prête à être pleinement exploitée (autrement dit, les deux moteurs fonctionnent et la boîte automatique passe les rapports à plus hauts régimes).

Sa prise de roulis limitée et sa direction communicative sont d’excellentes alliées dès que la route se fait sinueuse. Je regrette néanmoins que l’ESP et l’anti-patinage se réactivent à plus de 50 km/h, la trop discrète sonorité du moteur (même lorsque le « son sport » est activé) ainsi que le fait que la boîte automatique à 8 rapports ne possède pas de mode 100% manuel. Mais sachant que la 508 PSE souffre des mêmes défauts, il aurait été surprenant que cette 308 fasse mieux…

Que l’on roule en mode électrique (batterie de 12,4 kWh permettant une autonomie réelle de plus de 50 km) ou seulement à l’aide du moteur essence, la consommation s’avère raisonnable pour un véhicule de cette puissance. Pour plus de détails, nous présentons dans cet article 5 exemples de consommation avec ce modèle. A noter que la Peugeot 508 PSE dispose d’une batterie de seulement 11,5 kWh. 

Disponible à partir de CHF 46’300.-, notre Peugeot 308 SW PHEV 225 GT d’essai se chiffre à CHF 51’350.- options comprises. Parmi les breaks hybrides rechargeables à deux roues motrices de taille et puissance similaires, on retrouve la Mercedes CLA 250 e Shooting Brake (218 ch, dès CHF 59’400.-) et la Cupra Leon ST e-Hybrid (245 ch, dès CHF 50’400.-). Essayée l’année passée, cette dernière offre des performances supérieures ainsi qu’un châssis adaptatif, mais se montre moins communicative en conduite dynamique.

L’avis de Sport-Auto.ch

En matière de sportivité, la Peugeot 308 SW 225 PHEV GT ne fait pas vraiment mieux que les autres modèles essayés jusqu’à présent, ce qui n’est pas surprenant vu qu’il ne s’agit pas d’une version sportive. En revanche, on constate avec plaisir que Peugeot s’évertue toujours à soigner le toucher de route de ses modèles. Performante et très efficiente, cette 308 hybride rechargeable est un break familial disponible dès CHF 46’300.- avec un équipement riche. En finition d’entrée de gamme (Active Pack), la version PHEV de 180 ch est accessible pour CHF 39’450.-. Qui a dit que les voitures hybrides rechargeables coûtaient trop cher ?

bob[@]sport-auto.ch

 

Pour...
  • Look
  • Confort
  • Touché de route
  • Consommation
  • Rapport qualité/prix
Contre...
  • Assistances intrusives
  • Fermeture lunatique du coffre électrique 
  • Pas de mode 100% manuel
  • Boîte automatique en conduite sportive

Remerciements

Merci à PSA Suisse pour le prêt de cette Peugeot 308 SW 225 PHEV GT.

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