DODGE
CHALLENGER
SRT HELLCAT

L’essai Sport-Auto.ch du 28 octobre 2019

Rédaction : Gaëtan Brunetti
Photographies : Gaëtan Brunetti

Au milieu des années 2000, une folie nostalgique a émergé aux États-Unis : celle de s’inspirer de design d’époque pour relancer la production de pony cars mythiques. A la manière des célèbres Ford Mustang et Chevrolet Camaro, Dodge a ressorti ses vieux sketchs de la première génération de sa Challenger sortie en 1970 afin de la faire renaître de ses cendres. Sortie en 2007, la troisième génération du coupé américain a reçu un lifting en 2015, dévoilant au passage une version pimentée appelée littéralement « chat de l’enfer ». Depuis, dompter un félin n’aura jamais été aussi amusant.

Dodge Challenger SRT Hellcat essai Sport-Auto

Woaw ! Cela doit être l’expression la plus fréquente lorsque l’on croise le regard de cette Challenger SRT Hellcat. Et que dire, elle ne peut qu’en imposer avec ses 1,92 mètres de largeur et surtout ses 5 mètres de longueur. Tout droit sortie d’un bon vieux scénar d’Hollywood, la Challenger est massive, carrée, et a du cran. D’ailleurs, sa ligne n’a pas évolué depuis la sortie de sa troisième génération, qui reprend parfaitement les lignes de l’initiale. Son design neo-retro est rudement bien interprété : calandre rectiligne à l’avant, prenant toute la largeur de l’auto et abritant quatre phares ronds. Ces derniers rendent la bête agressive, puisqu’en feux de jours ils s’illuminent en orange. Deux d’entre eux ne sont pas de simples ronds mais sont véritablement creusés, abritant des cercles de LED et le logo « Hellcat » qui s’allume. Le petit détail qui tue sur ce chat énervé, le phare avant gauche côté conducteur est carrément évidé, permettant à l’air de pénétrer directement dans la boite à air.

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

propulsion
8 cyl. 6.2Lcompresseur
717ch / 881Nm
1’887kg

Les différences extérieures par rapport à une Challenger normale sont minimes. La Hellcat se reconnaît à sa généreuse lame avant, son capot légèrement bombé avec ses prises d’air et sa lame de coffre arrière, estampée du logo du chat. On retrouve également ces logos sur ses ailes avant. Elle bénéficie aussi de jantes spécifiques de 20 pouces. L’arrière est le même que celui de 1970, reprenant ces feux rectangulaires à bords ronds en plus moderne. Pour rendre le tout plus « badass », cette teinte « TorRed » habille parfaitement le coupé. Prenez le volant de la Hellcat et vous serez un vrai bad boy !

Prenons maintenant possession de la bête. Tout paraît lourd et ferme à bord de cette Challenger. Les portières ainsi que le coffre ne font pas office de figuration, tant ils sont pesants. Je prends place dans un siège très confortable, qui contraste avec le tempérament apparent de l’auto. J’ai l’impression d’être assis dans mon canapé, tant ce dernier est large et agréable. Un large tableau de bord s’étant devant moi, à la manière d’un bureau. Le bloc compteur s’inspire de ceux des anciennes voitures américaines, proposant deux compteurs analogiques ronds de chaque côté, rappelant forcément les phares du véhicule. Au milieu, on y retrouve un écran digital permettant d’afficher, entre autres, la vitesse en km/h – car le compteur analogique l’affiche seulement en miles/h !

Les équipements de série ne manquent pas : volant chauffant, sièges climatisés et chauffants, siège conducteur à réglages électriques, écran tactile avec multitudes d’applications. L’espace aux places arrière reçois le même traitement qu’à l’avant. Voiture américaine oblige, le système son Harman Kardon est sans doute l’un des meilleurs que j’ai rencontrés dans une voiture, dans un style outre-atlantique, avec des basses ultra présentes. En cherchant le pourquoi du comment, on découvre deux gros subwoofer cachés sous le plancher du coffre. Dommage que cet intérieur soit réalisé avec des matériaux peu valorisants. Point positif pour cette console centrale en aluminium bouchonné, qui ajoute du cachet à l’ensemble.

La véritable raison de la valeur de de cette Challenger SRT Hellcat (CHF 100’800.-) se trouve sans aucun doute sous le capot de ce gros chat. On y retrouve le premier moteur HEMI Supercharged mis en production par le groupe Chrysler. Un bijou de mécanique en somme, comprenant des pistons forgés, un compresseur dynamique de 2,4L avalant pas moins de 30’000 litres d’air à la minute et même du diamant (!) sur certains paliers pour avoir une résistance aux frottements maximale. La lecture de la fiche technique donne le tournis : moteur V8 de 6,2L développant 717 chevaux pour un couple maximal de 881Nm disponibles à 4’800trs/min dont 600Nm dès 1’500trs/min. Ce n’était ni plus ni moins la muscle car la plus puissante de l’histoire à sa sortie en 2015. Depuis, elle a été devancée par la Dodge Challenger Demon de 840 chevaux !

Plus une seconde à perdre, prenons le volant de ce dragster ! Doux avec la pédale, la Challenger est plaisante. On roule tout sur le couple et c’est un pur bonheur de pouvoir cruiser au son du V8 (accompagné par celui du compresseur) tel un bandit. L’addition des assises et d’un bon amortissement pourront vous faire avaler les kilomètres sans soucis. Mais comment cela va-t-il se passer lorsque l’on va commencer à brûler de la gomme ? En appuyant sur le bouton SRT, un panel de réglages sur 5 éléments différents s’offre à moi. Suspension, transmission ou encore boite de vitesse, je lâche les chevaux et passe tout en mode Track. A la première franche accélération, l’auto me catapulte au fond du siège, obligeant à me cramponner à son volant, tout ça au son aigu du compresseur qui vient – presque à tort – masquer le bruit du moteur.

Pied au plancher, toute cette puissance a logiquement beaucoup de mal à passer au sol et fait rapidement fumer les pneus de 275mm à l’arrière. L’auto est lourde à mener mais le roulis est étonnement contenu, gage d’une suspension raffermie. Plus la route se fait étroite et sinueuse, plus elle se montre difficile à contrôler : il faut bien garder la tête froide et être conscient de ne pas être à bord d’une pure sportive conçue pour enchaîner les courbes !

La boite automatique ZF 8HP90 à 8 rapports est réactive mais souvent peu agréable, vous infligeant un sérieux à-coup à chaque montée ou descente de vitesse. En parlant de passage de rapports, la position des palettes au volant n’est clairement pas un succès, m’obligeant à changer ma position des mains sur le volant pour pouvoir les manier. Dommage aussi que côté direction rien ne soit changé en mode Track, cette dernière restant trop molle pour être communicative en conduite sportive. Mais après tout, on n’est pas là pour claquer des temps au Nürburgring mais plutôt avaler ce quart de miles au plus vite !

L’avis de Sport-Auto.ch

Importée officiellement en territoire helvète depuis 2017, la Dodge Challenger SRT Hellcat se mue d’un rapport prix/prestations intéressant. S’échangeant contre la somme de CHF 100’800.- pour notre voiture d’essai, c’est un point positif vu que tout est compris de base. Seul le toit ouvrant est en option. Son moteur est un vrai bijou de technologie et de puissance, mais ne comptez pas descendre sous les 15l/100km de consommation, même en utilisation extra-urbaine.

Même si les finitions laissent à désirer, il est bien difficile de résister au style démoniaque de l’auto et du moteur qui s’y cache. Dans le climat actuel autophobe, la Dodge Challenger SRT Hellcat est la solution sûre à l’anticonformisme et le moyen d’affirmer haut et fort ses convictions.

gaetan[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Moteur fantastique
  • Look néo-rétro inimitable
  • Toutes options de série
  • Excellent système son
Contre...
  • Finitions discutables
  • Consommation gargantuesque
  • Ergonomie des palettes
  • Boite de vitesses brusque

Technique / Tarifs

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Remerciements

Merci à AGT Europe Automotive Import SA pour le prêt de cette Dodge Challenger SRT Hellcat

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