AUDI
RS3
SPORTBACK

L’essai Sport-Auto.ch du 14 juillet 2022

Rédaction : Nuno Ferreira
Photographies : Nuno Ferreira

Après l’essai, il y a presque une année, de l’Audi S3, Sport-Auto.ch prend cette fois le volant de la version la plus excitée de la gamme A3 actuelle (8Y), la RS3. L’allure générale reste similaire à celle de sa petite soeur, et on ne perçoit sa vocation plus sportive qu’au travers de petits détails. Face avant plus massive avec une large calandre noire, ailes avant élargies, parechoc arrière redessiné… La nouvelle couleur de notre modèle d’essai, le gris kemora métallisé (CHF 920.-), lui confère une allure originale. La signature lumineuse de la RS3 est particulièrement réussie et propose même des animations à l’ouverture/fermeture de la voiture.

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

4×4
5 cyl. 2.5L turbo
400 ch / 500 Nm
1’570 kg

A l’intérieur, les différences sont encore plus subtiles. Les logos RS placés sur le volant et les sièges la distinguent de la S3. Au vu de la différence de prix affichée, on pourrait légitimement attendre des modifications plus importantes. On regrette les plastiques durs dans les bas de portes ainsi que sur la console centrale. La qualité d’assemblage est au rendez-vous mais certains matériaux ne sont pas vraiment nobles pour une Audi.

Le système Infotainment est bien conçu et très complet. Il donne accès à de nombreuses fonctionnalités et autres réglages du véhicule. L’Apple Carplay est utilisable sans fil, mais le système de recharge sans fil aura tendance à faire surchauffer votre portable (iPhone 12 Pro). La combinaison entre l’écran tactile et les boutons paraît optimale.

C’est sous le capot qu’il faut chercher la différence majeure entre la RS3 et la S3. Il s’agit ici du fameux moteur 5 cylindres qui remplace avantageusement le 4 cylindres de 310 ch de la S3. Cette motorisation faisant partie de l’histoire de la marque aux anneaux est ici reprise dans sa version 2.5L TFSI de 400 chevaux déjà vue sur la précédente RS3. Si la puissance n’évolue pas, le couple maximal passe de 480 à 500 Nm, et les performances sont en nette amélioration avec un 0-100 km/h parcouru en 3.8 secondes, au lieu des 4.1 secondes nécessaires à l’ancienne génération.

Saluons la persévérance d’Audi à maintenir son 5 cylindres dans sa compacte. Toutefois, les normes plus drastiques font vite regretter le son étouffé du moteur par rapport à ses ancêtres. On perd donc le caractère rauque et racé, voir exagéré, de la RS3 de 2015. La comparaison a de quoi faire littéralement pâlir la nouvelle version, dotée d’embouts d’échappement en trompe l’œil car intégrés au bouclier… et entourés de fausses grilles en nid d’abeille.

Au volant, on perçoit rapidement la très grande efficacité de la RS3. Le moteur est plein partout et nous propulse rapidement à des allures répréhensibles, mais le caractère linéaire du 5 cylindres turbo ne fait pas ressentir des sensations extrêmes. Il faudra s’armer d’un chrono ou, plus simplement, consulter le compteur, pour se rendre compte de l’efficacité de l’engin. La direction filtre la route et ne parvient pas à transmettre les imperfections de la chaussée. Vous filez donc à vive allure, en toutes circonstances mais… en toute tranquillité. Cela a de quoi surprendre pour un modèle RS qui devrait se démarquer de la S3 à la vocation plus polyvalente. La voiture est d’une grande efficacité (son chrono de 7’41’’ au Nürburgring en atteste) mais elle est malheureusement avare en sensations. 

Les freins de notre modèle d’essai, équipés des disques céramiques et des étriers bleus (CHF 6’440.-), s’avèrent puissants. En revanche, leur dosage n’est pas instinctif mais ce sont les bruits (sifflements et autres grincements) qui ont le plus perturbé notre essai. Pas toujours rassurant, même si, disons-le de suite, nous n’avons jamais perdu les freins.

A l’entrée des courbes, la RS3 s’avère très neutre et son train avant s’engage volontiers, bien aidé par les Bridgestone qui équipent notre voiture d’essai. En sortie de virage, une accélération (très) franche permet d’enrouler et former une légère dérive de l’arrière, même sans enclencher le mode RS Torque Rear.

Ce comportement légèrement plus joueur est dû à la présence du nouveau différentiel à vectorisation de couple sur l’essieu arrière, déjà aperçu sur la VW Golf 8 R ainsi que sur le Cupra Formentor VZ5. A noter que ce système n’est pas implanté sur la S3 qui est encore dotée d’un répartiteur de couple Haldex entre les deux essieux, moins adapté à une conduite très dynamique.

La voiture dispose de sept différents modes de conduite (Efficiency, Confort, Auto, Dynamic, RS Individual, RS Performance et RS Torque Rear) qui peuvent être personnalisés. Vous pourrez ainsi régler la dureté des suspensions, la direction, l’ESP ou agir sur la sonorité de la voiture. Vous pourrez accéder aux différents réglages via un bouton sur la console centrale ou encore via le bouton RS sur le volant pour les modes les plus sportifs.

Côté transmission, la boîte S tronic à 7 rapports à double embrayage est la seule disponible. La vitesse de changement des rapports est plutôt bonne mais la latence entre l’action sur les palettes et le moment du changement effectif n’a rien de sportif. Pire, la boîte se permet quelques libertés si vous roulez sur un rapport délibérément élevé et décidez de peser fortement la pédale d’accélérateur pour bénéficier du couple du 5 cylindres, elle rétrogradera toute seule. Par ailleurs, au moment d’engager un rapport inférieur, vous aurez systématiquement la tête qui part vers l’avant… avant qu’elle ne soit plaquée à l’appui-tête par la poussée du moteur. Ce désagrément avait d’ailleurs déjà été relevé par mon collègue lors de l’essai du RS Q3.

Une meilleure coordination moteur/boîte permettrait sans doute une conduite plus fluide ainsi qu’une consommation abaissée. Lors de notre essai, la consommation moyenne était légèrement supérieure à 12 l/100 km. Il s’agit d’une consommation (relativement) raisonnable compte tenu du rythme imposé et de la motorisation du véhicule.

Côté tarif, la RS3 fait payer cher sa motorisation exclusive. Avec un tarif initial de CHF 76’700.- auxquels on peut aisément ajouter de coûteuses options, on parvient à dépasser les CHF 100’000.- comme c’est le cas sur notre véhicule d’essai particulièrement bien doté (CHF 100’930.-). Le système d’échappement sport (CHF 1’310.-), le Pack dynamique RS plus (CHF 1’100.-), le paquet Infotainment (CHF 3’900.-) ou encore le paquet Confort (CHF 4’940.-) font rapidement grimper la note.

Face à la RS3, il y a peu de concurrentes aussi véloces. On retrouve surtout la Mercedes A45 S AMG avec ses 421 ch (0-100 km/h en 3.9 secondes) et sa transmission intégrale à partir de CHF 85’400.-. La BMW M240i xDrive Coupé figure également parmi ses concurrentes malgré une puissance et des performances légèrement en retrait (374 ch et 0-100 km/h en 4.3 secondes) et un tarif légèrement inférieur à la RS3 (dès CHF 69’950.-).

L’avis de Sport-Auto.ch

L’Audi RS3 est une sportive redoutable d’efficacité. Mais malgré ses performances élevées, elle peine à donner le sourire.

Sa boîte S-tronic perfectible, sa sonorité plutôt timide et sa direction manquant de feeling peinent à convaincre. Son tarif est quant à lui assez piquant. Cela dit, si vous disposez du budget nécessaire et que vous comptez réaliser des chronos face à la concurrence, l’Audi RS3 vous satisfera entièrement.

nuno[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Performances
  • Moteur 5 cylindres
  • Polyvalence
  • Equipements
Contre...
  • Sonorité étouffée par rapport aux générations précédentes
  • Manque de sensations
  • Prix
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