MASERATI
GHIBLI S Q4

L’essai Sport-Auto.ch 28 mai 2019

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

Face au succès rencontré par les SUV, le segment des berlines de luxe est en constante décroissance. A l’instar de ses concurrents, le constructeur italien Maserati vend ainsi nettement plus de Levante que de Ghibli ou de Quattroporte. Inaugurée en 2013 après 15 ans d’absence, la 3ème génération de la Maserati Ghibli continue à répondre à la demande d’une clientèle – certes minoritaire – réfractaire aux SUV. Avec 185 exemplaires vendus en Suisse en 2018, elle se place ainsi comme étant le 2ème véhicule le plus vendu de la marque au trident. En route pour l’essai de la berline à l’italienne par excellence !

Après notre premier contact avec la gamme Ghibli en automne 2017 – voir ici notre article ainsi que notre vidéo réalisée dans les environs de Monaco – nous prenons le volant du cru 2019 de la Maserati Ghibli S Q4 pour un essai complet sur nos routes. Q4 pour 4 roues motrices, la version S propulsion n’étant malheureusement plus disponible au catalogue depuis cette année, probablement faute de demande suffisante.

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

4×4
6 cyl. 3.0L bi-turbo
430ch / 580Nm
1’870kg

En entrée de gamme, Maserati propose deux autres motorisations qui elles ne sont disponibles qu’en propulsion. On trouve un V6 diesel de 275ch (dès CHF 79’800.- en finition Essence) ainsi qu’un V6 2.9L bi-turbo essence de 350ch (dès CHF 84’400.- en finition Essence). Ce même moteur voit sa puissance portée à 430ch dans notre version S Q4 qui vient coiffer la gamme. C’est cette dernière que Maserati Suisse nous a mise à disposition dans sa finition la plus raffinée : GranLusso.

Affichée à CHF 111’850.-, il faudra compter un peu plus de CHF 130’000.- pour notre voiture d’essai très bien équipée. Elle est notamment dotée du Pack d’assistance à la conduite Plus (CHF 3’850.-) comprenant un régulateur de vitesse adaptatif et une caméra à 360 degrés.

Les trois niveaux de finitions (Essence, GranLusso et GranSport) ne jouent pas uniquement sur les équipements, mais également sur le côté visuel. Ainsi, la GranSport est immédiatement reconnaissable grâce à son bouclier plus agressif et à son aspect général plus sportif. Notre GranLusso fait plutôt la part belle au raffinement, accentué ici par cette magnifique peinture perlée « Blu Nobile » (CHF 3’000.-). Bien que je voue habituellement une préférence aux versions les plus sportives, le charme opère tout de suite lorsque je prends possession de cette GranLusso.

La bonne surprise continue à l’intérieur : je suis immédiatement conquis par la présence de soie sur les sièges ainsi que les contre-portes. Maserati est en effet le seul constructeur automobile proposant de la soie véritable dans ses intérieurs. Cette dernière provient du célèbre manufacturier italien Ermenegildo Zegna. Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, ce revêtement se montre à la fois robuste et peu salissant. Il est entouré par un cuir lisse de très bonne facture ainsi que par des plastiques de bonne qualité. J’émettrai juste un doute – éternel – quant au choix de la finition piano black pour la console centrale, qui souligne grossièrement la moindre trace de doigt. Heureusement, différentes couleurs ainsi que d’autres matériaux (bois, carbone etc.) sont disponibles grâce au programme de personnalisation de la marque.

Lorsque je règle ma position de conduite, je me heurte à un problème de taille : le siège ne descend pas assez bas pour mes 195cm. Ma tête est en contact avec le bosselage nécessaire au fonctionnement du toit ouvrant (CHF 1’870.-). Si vous avoisinez les 190cm, il sera préférable de ne pas opter pour cette option afin de gagner quelques centimètres. A l’arrière, le constat n’est pas plus flatteur, mais cela concerne surtout les jambes. Un adulte de 180cm ne sera pas à son aise derrière moi, ce qui peut sembler curieux lorsque l’on se trouve dans une auto tutoyant les 5 mètres ! Malgré une ligne de toit qui ne tombe pas rapidement (sous certains angles, on pourrait penser qu’il s’agit d’un coffre à hayon), Maserati a privilégié le volume du coffre sur l’espace à l’arrière. Ce dernier est très profond et affiche un volume de 500 litres malgré sa hauteur limitée.

Afin de mettre en exergue les qualités dynamiques de cette belle italienne, nous l’avons emmenée sur les cols du Jaun, du Pillon et de la Croix. Quel que soit le revêtement et le type de virage, La Maserati Ghibli S Q4 affiche un comportement souverain et sécurisant grâce aux 4 roues motrices. Il n’y a en effet qu’à vitesse stabilisée où le couple est distribué à 100% aux roues arrière. A la moindre relance, l’affichage nous indique qu’une partie du couple est envoyé aux roues avant (jusqu’à 50%), soit bien avant que la limite de motricité des roues arrière ne soit atteinte. La sécurité et l’efficacité priment donc sur la sportivité. 

Equipés des Pirelli Sotozerro hivernaux alors qu’il fait une quinzaine de degrés, les 1’870kg de la Ghibli engendrent rapidement des pertes d’adhérence, ce qui permet de bien cerner les limites. Plutôt sous-vireuse en entrant sur les freins, la Ghibli maintient ensuite son cap sur un filet de gaz jusqu’à pouvoir ouvrir en grand sans risquer d’élargir. Selon votre envie, une légère glissade du train arrière fermera la trajectoire, à condition de se trouver suffisamment haut dans les tours et d’avoir désactivé l’ESP via le bouton dédié. 

La boîte ZF à 8 rapports est rapide et précise, mais comme sur le Levante S, je peste régulièrement contre les rétrogradages qui surviennent à chaque freinage alors que je me trouve en mode Manuel en utilisant les palettes au volant. Cela est encore plus marqué en mode Sport car la gestion tient à maintenir des régimes plus élevés. Si l’on freine juste après un dépassement pour reprendre un rythme normal, on se retrouve subitement à avoir perdu 2 rapports et à devoir les repasser manuellement pour continuer sur le couple. On est alors tenté de repasser en mode automatique…

Si vous n’optez pas pour la GranSport, il ne faudra pas oublier de cocher l’option châssis adaptatif Shyhook (CHF 3’080.-). N’étant pas équipée de ce système, notre Ghibli GranLusso s’est souvent montrée trop souple en conduite sportive, tout en étant sèche voire même inconfortable sur le Col de la Croix avalé à allure modérée. Ce col culminant à 1’776m d’altitude, de belles quantités de neige étaient encore présentes par endroit. Nous vous présenterons prochainement l’essai de la Maserati Quattroporte GranSport équipée de série de ces suspensions adaptatives qui amènent un vrai plus dans le spectre d’utilisation d’un tel véhicule.

De retour en plaine, il est temps de faire le point sur cette superbe auto après quelques centaines de kilomètres avalés sur tous types de routes. De fait, la Maserati Ghibli se positionne davantage comme une excellente routière raffinée qu’une vraie sportive. L’isolation phonique procurée par les fenêtres à double vitrage aura d’ailleurs tendance à faire oublier – à tort ! – les vocalises harmonieuses de ses 6 cylindres. Son ergonomie est bonne et bien pensée : mention pour l’écran de contrôle permettant de gérer d’un coup d’œil toutes les assistances à la conduite, dont l’état reste en mémoire au redémarrage du véhicule.

L’avis de Sport-Auto.ch

Maserati fait partie de ces constructeurs qui savent vous transporter dans une atmosphère sans pareil. Bien qu’elle n’évolue que subtilement au fil des ans, la Maserati Ghibli reste une référence dans son segment grâce à son caractère singulier et à son raffinement. En matière de performances, cette version S Q4 livre une bonne copie, sans toutefois atteindre le sommet du segment, qui nécessite un investissement financier souvent bien supérieur. Le plaisir de conduire est bien présent, mais s’agissant du modèle le plus performant de la gamme, on aurait pu espérer encore davantage de sportivité, un châssis adaptatif de série et une puissance encore plus élevée afin de faire oublier totalement son poids.

bob[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Raffinement
  • Soie Ermenegildo Zegna
  • Performances
  • Ergonomie
  • Sonorité
Contre...
  • Espace à l’arrière
  • Pas de mode 100% manuel
  • Couple sous 2’000trs/min
  • Garde au toit avec toit ouvrant

Technique / Tarifs

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Remerciements

Merci à Maserati Suisse pour le prêt de cette Maserati Ghibli S Q4 GranLusso MY2019.

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