MASERATI
QUATTROPORTE S Q4

L’essai Sport-Auto.ch 31 juillet 2019

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

L’histoire de la Maserati Quattroporte remonte à 1963, lorsque la marque au trident décide d’implanter un moteur de voiture de course dans une berline routière. C’est ainsi qu’est née la première berline sportive de luxe au monde. Aujourd’hui, bien que la clientèle concernée voue toujours plus d’intérêt aux SUV, les grandes berlines continuent de faire de la resistance. Nous avons pris le volant de la Maserati Quattroporte de 6ème génération dans sa version S Q4 GranSport de 430 chevaux. En route !

En complément du modèle de base, Maserati propose deux finitions distinctes qui se différencient aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. La finition GranLusso, rencontrée récemment sur la Ghibli S Q4, mise plus sur l’élégance, alors que la GranSport ici présente affiche davantage de sportivité, avec, entre autres, des boucliers avant et arrière spécifiques. Les deux finitions se distinguent aussi par un équipement de série différent.

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

4×4
6 cyl. 3.0L bi-turbo
430ch / 580Nm
1’920kg

Dans sa version S Q4, la Maserati Quattroporte est dotée du moteur le plus puissant disponible, à savoir un V6 3.0L bi-turbo essence de 430 chevaux. La puissance est distribuée sur les quatre roues pour davantage de sécurité et polyvalence. Ainsi équipée, la Maserati Quattroporte atteint 100km/h en 4,8 secondes et 288km/h en vitesse de pointe. A noter que malgré ses 5,26 mètres, son poids reste inférieur à 2 tonnes : une prouesse pour une voiture de ce gabarit.

A l’intérieur, l’habitacle se veut raffiné et ergonomique. Même si certains se plaindront de l’absence d’affichage numérique pour les compteurs, force est d’admettre que les commandes et différents menus sont faciles d’emploi. Au centre, le large écran central se veut très réactif, mais peu souffrir d’un manque de lisibilité en plein soleil de par son revêtement brillant. Mention pour le panneau de contrôle permettant de gérer d’un coup d’œil toutes les assistances à la conduite, dont l’état reste en mémoire au redémarrage du véhicule.

Au volant de la Ghibli, j’avais évoqué un problème de garde au toit engendré par la présence du toit ouvrant. Notre Quattroporte d’essai en étant aussi pourvue, je me suis heurté au même problème. Heureusement, tous les clients ne mesurent pas 195cm…

Si les deux habitacles présentent un espace similaire à l’avant, c’est à l’arrière que tout change, avec un espace aux jambes augmenté de plus de 20cm. Résultat, on voyage dans un grand confort et l’on se surprend même à voir défiler le décor à travers les petites custodes situées après les portes arrière. Cet attribut permet d’ailleurs de classer la Maserati Quattroporte parmi les limousines.

Mais qu’en est-il lorsqu’on repasse à l’avant, plus précisément à gauche ? A bord d’une Maserati, c’est bien la place la plus convoitée qui soit pour qui aime conduire. Première constatation : même en mode Sport, les vocalises harmonieuses des 6 cylindres sont encore plus discrètes que dans la Ghibli. L’isolation phonique des fenêtres à double vitrage est-elle encore supérieure, ou bien est-ce l’échappement qui est voulu ainsi sur la Quattroporte ? Une chose est sûre, à l’extérieur, les 6 cylindres se font bien entendre à chaque relance avec une sonorité onctueuse et lyrique : quel dommage de ne pas pouvoir en profiter davantage au volant !

La boîte automatique ZF à 8 rapports est réactive et cohérente, mais comme sur les Levante et Ghibli, est dépourvue d’un mode de changement des rapports 100% manuel. Cela est particulièrement dérangeant en mode Sport car la gestion tient à maintenir des régimes plus élevés. Si l’on freine juste après un dépassement pour reprendre un rythme normal, on se retrouve subitement à avoir perdu 2 rapports et à devoir les repasser manuellement pour continuer sur le couple. Couple qui est par ailleurs peu abondant en-dessous de 2’000trs/min. Le constat est regrettable : Maserati ne conçoit visiblement pas ces véhicules pour une utilisation continue en mode manuel. Hormis cela, le plaisir est bien présent, le touché de route et la direction sont assez communicatifs.

En augmentant le rythme, c’est sans surprise que je goûte à une expérience de conduite similaire à celle vécue au volant la Ghibli S Q4, ce à deux détails près. Premièrement, contrairement à la Ghibli essayée en version GranLusso, la Quattroporte GranSport est dotée de série des suspensions adaptatives Shyhook réglables via un bouton dédié. Bien que cette fermeté bienvenue ne suffise pas à annihiler le roulis, cela améliore le comportement dynamique dans les sinueux. Ensuite, la présence cette fois-ci de pneus été conjuguée à l’empattement allongé m’ont fait apparaître la Quattroporte comme plus stable, mais aussi moins joueuse que la Ghibli. Même après avoir désactivé l’ESP, il semble ainsi impossible de prendre en défaut sa motricité (mais est-ce le but de cette voiture, allez-vous me dire ?). Un comportement très sécurisant, même si à la demande, on pourrait s’attendre à un caractère plus trempé de la part d’une Maserati. Car quel que soit le mode de conduite, il n’y a qu’à vitesse stabilisée où le couple est distribué à 100% à l’arrière. A la moindre relance, l’affichage indique qu’une partie du couple est envoyé aux roues avant (jusqu’à 50%), soit bien avant que la motricité ne soit défaillante.

Enfin, au niveau des tarifs, la Maserati Quattroporte S Q4 de 430ch est disponible dès CHF 130’100.-, mais il faudra débourser CHF 170’650.- pour notre version GranSport d’essai équipée de nombreuses options. Si ces tarifs ne semblent pas forcément exorbitants en comparaison avec la concurrence, notez qu’à équipements équivalents, la Quattroporte S Q4 réclame un supplément d’environ CHF 30’000.- par rapport à la Ghibli S Q4. Compte tenu du fait que la principale différence entre les deux modèles réside dans l’allongement de l’empattement profitant aux places arrière, cette différence de prix est importante. Cela explique aussi le fait qu’il se vende en Suisse bien plus de Ghibli que de Quattroporte, laquelle est visiblement dédiée à une clientèle bien spécifique qui souhaite voyager aussi confortablement à l’arrière qu’à l’avant.

L’avis de Sport-Auto.ch

La Maserati Quattroporte s’inscrit dans le même registre que sa petite sœur Ghibli, à savoir celui des routières raffinées et performantes, mais pas réellement sportives. Bien que le plaisir soit présent, les sensations de conduite risquent de manquer à ceux qui s’attendent à un caractère et une sonorité plus délurés.

Toutefois, son comportement routier est rigoureux compte tenu de son gabarit, bien servi par les suspensions adaptatives Shyhook présentes de série cette version GranSport. La boîte automatique ZF à 8 rapports est également convaincante.

Avec son raffinement et style propre à la marque qui tranche agréablement avec la concurrence, la Maserati Quattroporte reste la routière italienne de référence.

bob[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Comportement routier
  • Raffinement
  • Ergonomie
  • Charisme
  • Agrément boîte auto
Contre...
  • Sonorité trop discrète à l’intérieur
  • Pas de mode 100% manuel
  • Couple sous 2’000trs/min
  • Tarif (par rapport à la Ghibli)

Technique / Tarifs

Si le document ne s’affiche pas correctement, cliquez ici.

Remerciements

Merci à Maserati Suisse pour le prêt de cette Maserati Quattroporte S Q4 GranSport MY2019.

Merci à Virginie Kernen, “Substitute Ambassadrice”, ainsi qu’à Sigma Romandie pour la participation à notre shooting photo.

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