TROIS
PREMIÈRES MONDIALES
POUR CUPRA

Le reportage Sport-Auto.ch du 16 juin 2022

Rédaction : Laurent Missbauer
Photographies : Laurent Missbauer, D.R. Cupra

Le ciel, teinté de rose, illumine faiblement la nuit qui s’apprête à tomber. Nous distinguons à l’arrière-plan un impressionnant virage surélevé d’où jaillissent trois silhouettes furtives. Il s’agit des trois nouvelles Cupra qui fêtent leur première mondiale devant 300 invités sur le circuit de Terramar. La voiture de tête est la Cupra UrbanRebel, une citadine électrique. Elle précède le Cupra Tavascan, un SUV Coupé à quatre portes, électrique lui aussi, ainsi que le Cupra Terramar, un SUV hybride qui ressemble à s’y méprendre à un Porsche Macan. Ces trois modèles ne seront commercialisés, au plus tôt, que dans deux ans.

Sant Pere de Ribes, à côté de Sitges, au sud de Barcelone. Nous nous trouvons à proximité de l’autoroute Barcelone-Tarragone, dans un champ d’oliviers comme il y en a des milliers d’autres dans la région. L’endroit semble ainsi plutôt banal. Il n’en est cependant rien. En regardant au loin, on aperçoit un virage surélevé, puis un second.

Ce sont les vestiges du circuit de Terramar qui a été construit en 1923. Un coup d’œil sur Google Map permet de bien distinguer sa forme ovale, similaire à celle de ses illustres prédécesseurs d’Indianapolis et de Brooklands. Ce circuit n’a accueilli qu’une seule course d’envergure, le 28 octobre 1923, avant de faire faillite. Les travaux herculéens nécessaires à sa construction coûtèrent en effet beaucoup trop d’argent et le circuit tomba dans l’oubli jusqu’à ce que les dirigeants de Seat en firent, il y a quatre ans, le lieu emblématique du lancement de la marque Cupra.

Et le 7 juin dernier, ce circuit de Terramar a été le théâtre de la présentation en première mondiale de trois futurs modèles, dont le Cupra Terramar, le premier qui nous a été dévoilé par le très talentueux designer Jorge Diez. Celui-ci a longtemps travaillé avec Walter De Silva chez Audi et on lui doit notamment les lignes, très réussies, de la deuxième génération de l’Audi TT.

Le Cupra Terramar, dont la commercialisation est prévue pour 2024, est un SUV dont le nom rend hommage à Terramar, ce circuit ovale construit aux portes de la célèbre localité balnéaire de Sitges. Ses lignes évoquent quelque peu celles des Porsche Cayenne et Macan. Elles ont en tout cas beaucoup plu au CEO de Porsche, Oliver Blume, ainsi qu’à Mark Porsche, Stefan Piëch et Hans-Michel Piëch qui siègent tous les quatre au comité directeur de Seat. Leurs sourires en disaient en effet long sur leur satisfaction, surtout ceux des trois descendants de Ferdinand Porsche que sont Mark Porsche, Stefan Piëch et Hans-Michel Piëch. Pour la petite histoire, on relèvera que ce dernier, malgré ses 80 ans, est l’homme fort du Groupe Volkswagen, groupe dont Cupra est l’une des marques les plus rentables.

Hans-Michel Piëch

La rentabilité de Cupra se poursuivra-t-elle à l’heure de l’électromobilité ? On l’ignore. Ce qui est certain, c’est que le nouveau Terramar doit permettre à Cupra de monter en gamme dans le très lucratif segment des SUV. Il sera assemblé en Hongrie, dans l’usine Audi de Györ où est monté le SUV Q3.

« Le Cupra Terramar sera proposé à partir de 2024 non seulement avec une motorisation dite mild hybrid mais également avec une nouvelle motorisation hybride rechargeable qui permettra de parcourir environ 100 km en mode 100% électrique », nous a précisé Werner Dietz. Ce dernier, ancien membre de l’équipe qui a développé la Porsche 918 Spyder et ancien directeur du développement chez Bentley, occupe depuis deux ans la fonction de vice-président de Seat et de Cupra pour la recherche et le développement.

La montée en gamme que les responsables de Cupra entendent poursuivre avec le Terramar doit se refléter dans les lignes de ce nouveau SUV de 4,5 m de long. « C’est pour cette raison que je l’ai doté d’un long capot qui se termine avec un museau de requin. Celui-ci symbolise la volonté de s’affirmer et de s’imposer », nous a expliqué Jorge Diez.

Le deuxième modèle qui nous a été dévoilé a été la version définitive du SUV Coupé Tavascan. Celui-ci n’est pas très éloignée du prototype Tavascan qui avait été dévoilé en 2019, au Salon de Francfort, et que nous vous avions présenté il y a un peu plus de deux ans. Contrairement au Cupra Terramar, le Cupra Tavascan sera 100% électrique. Certains de ses éléments stylistiques reprennent ceux de la voiture de course Tavascan Extreme E. C’est notamment le cas des feux avec trois sources lumineuses. Cette signature lumineuse à trois faisceaux n’est pas sans rappeler celle des Porsche avec ses quatre sources lumineuses. Tout comme le Terramar, le Tavascan sera commercialisé en 2024.

C’est en revanche en 2025 que sera commercialisée la troisième première mondiale présentée ce 7 juin, à savoir la Cupra UrbanRebel. Cette citadine électrique est basée sur la plateforme MEB Small du Groupe Volkswagen. « Il s’agit du projet le plus important de notre entreprise pour ces prochaines années. C’est celui qui contribuera le plus à faire de Cupra une marque entièrement électrifiée à l’avenir », nous a confié Werner Tietz. « L’UrbanRebel s’inscrit dans le processus de démocratisation de la mobilité urbaine durable que nous menons pour les différentes marques du Groupe Volkswagen. »

L’UrbanRebel est en tout cas le modèle que Cupra nous a permis de voir le plus longuement. Le SUV Terramar et le SUV Coupé Tavascan ont en effet été rapidement remisés à l’abri des regards indiscrets et il ne nous a pas été possible de les photographier de près. D’une longueur de seulement 4,03 m (soit presque aussi compacte que la Toyota GR Yaris), la Cupra UrbanRebel sera notamment dotée d’un moteur électrique de 226 ch qui lui permettra d’accélérer de 0 à 100 km/h en 6,9 secondes, nous a annoncé la marque espagnole. Quant à son autonomie, elle devrait atteindre 440 km.

Au niveau stylistique, Jorge Diez a expliqué que les lignes de l’UrbanRebel avaient été inspirées par celles d’un casque de moto. On relèvera encore que le toit se termine par deux petits becquets qui surplombent un faisceau lumineux avec, au milieu, le sigle Cupra éclairé. L’intérieur de l’UrbanRebel est de toute beauté. Il se distingue notamment par une console médiane flottante qui n’est pas sans rappeler celle de la McLaren 720 S Spider, ainsi que, dans une moindre mesure, celle de la McLaren GT. Deux sacrés références ! L’intérieur de l’UrbanRevel arrivera-t-il tel quel dans le modèle de série ? On le saura à partir de 2025 !

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