6’000KM EN
HONDA CIVIC TYPE R
EPISODE 3/3

Le reportage Sport-Auto.ch du 24 janvier 2020

Rédaction : Sébastien Moulin
Photographies : Sébastien Moulin

 

Suite et fin de notre Roatrip ibérique – Vous pouvez retrouver les deux premiers épisodes  ICI et ICI

Après Elsa, voilà Fabien ! Les tempêtes qui se succèdent sur le Portugal auront eu raison de notre patience. Du coup, nous décidons de faire l’impasse sur l’Algarve afin de rejoindre Séville où un temps plus clément est annoncé. Nous nous offrons encore un petit arrêt à Evora afin de déguster une dernière fois les délicieuses Pasteis de Nata avant de retrouver l’Espagne.

Retour en Espagne

 

La route nationale vers Seville est très roulante. Le moteur VTEC Turbo de 2.0 litres peut laisser s’exprimer pleinement ses 320 chevaux. Grâce à son couple de 400Nm les accélérations sont franches. Le turbo a un bref temps de réponse, mais une fois dans les tours le moteur ne s’essouffle jamais. C’est à vive allure que nous traversons vignobles, forêts de chênes-liège puis plantations d’oliviers jusqu’à la capitale Andalouse.

A Séville, nous logeons dans la Sacristie de Santa Ana. Cet ancien manoir du XVIIIe siècle est maintenant un hôtel situé sur la place Alameda de Hercules, dans la vieille ville. L’endroit parfait pour visiter la pétillante Séville avec ses ruelles médiévales et ses orangers. Difficile de ne pas tomber amoureux de cette superbe ville bouillonnante de vie. C’est certain, nous y reviendrons plus longuement…

Sur la route des « pueblos blancos »

 

Le soleil est de retour ! Au programme du jour, nous avons prévu un itinéraire montagneux afin d’aller à la rencontre de quelques villages blancs typiquement Andalou : Arcos de la Frontera, Zahara de la Sierra, Setenil de las Bodegas et l’incontournable Ronda, berceau de la tauromachie.

Là encore, pour atteindre ces villages haut perchés et leurs maisons aux murs blanchis, la Honda Civic Type R se révèle être la voiture parfaite. Seul le vertige de ma copilote est parvenu à calmer ses ardeurs. Sur ces routes tortueuses et peu fréquentées en cette basse saison, elle virevolte de virage en virage, sans jamais donner l’impression d’être en réelle difficulté. De mon côté, je rétrograde plus qu’il n’en faut pour le simple plaisir de prendre en main la petite boule d’alu qui sert de pommeau de levier de vitesse.

J’en profite pour tester les différents modes de conduite. Il y a certes des différences significatives entre eux, mais c’est principalement la qualité du revêtement qui me fait choisir un mode plutôt qu’un autre. Depuis notre départ, je me suis déjà surpris à rouler des heures en mode R+ sans manquer de confort et, à l’inverse, le léger roulis du mode confort n’altère en rien les qualités sportives du châssis ni la précision millimétrique du train avant.

La traversée des villages n’est pas des plus aisées. Au bas des ruelles aux pentes abruptes, je crains pour la lame avant, très exposée. Mais au final la Type R se débrouille probablement mieux qu’une C-RV qui, mêmes rétroviseurs rabattus, aurait eu bien du mal à traverser certaines ruelles étroites que nous empruntons.

Ronda, envahi par les touristes, n’a pas voulu de nous. Un petit tour de ville, un passage sur le fameux Puente Nuevo (pont neuf) qui surplombe un ravin de 120 mètres, une photo devant les plus anciennes arènes pour corrida d’Espagne et nous voilà déjà en route pour Grenade.

Sur la nationale, puis l’autoroute nous conduisant vers la belle andalouse, nous optons pour un rythme de sénateur. L’amortissement du mode « confort » nous permet de profiter de la sportive Type R comme d’un modèle classique. Cette polyvalence n’est pas la moindre de ses qualités.

Ce soir, c’est à pied que nous parcourons Grenade avant de grimper jusqu’au mirador de San Nicolas pour profiter de la meilleure vue nocturne sur le fabuleux palais de l’Alhambra. La soirée se termine dans l’un des nombreux bars à tapas branché de la ville.

De la neige au désert en quelques kilomètres

 

Au petit matin, une nappe de brouillard est en suspension au-dessus de Grenade. Il nous faut rapidement prendre de la hauteur pour retrouver le soleil… Ça tombe bien, Grenade est situé au pied de la Sierra Nevada et la station de ski du même nom, la plus méridionale d’Europe, est à une trentaine de kilomètres seulement. Si on y accède par une route large et en pente douce, la station culmine tout de même à plus de 2’500 mètres. En raison du trafic, je dois retenir les ardeurs de la Type R que je sens un peu frustrée de ne pas pouvoir profiter pleinement du terrain de jeu qui lui est offert. Sierra Nevada est une station de ski sans grand intérêt si ce n’est, en fin de saison, de pouvoir faire du ski le matin et de se retrouver en maillot de bain sur une plage méditerranéenne l’après-midi, à moins de 100 kilomètres.

Quant à nous, ce n’est pas sur la Méditerranée que nous mettons le cap mais plutôt sur le Far West ! Saviez-vous qu’il y avait des déserts en Espagne ? Le plus grand d’entre eux se situe en Andalousie, au nord de la ville d’Almeria. Il s’agit du désert de Tabernas, c’est le plus grand d’Europe occidentale. C’est ici, et non en Amérique comme on pourrait le croire, qu’on été tournés les plus grands westerns, notamment ceux du grand Sergio Leone.

Aujourd’hui, les décors semblent plutôt délabrés et mis à part quelques clips vidéos, on n’y tourne plus grand-chose. Le lieu s’est progressivement transformé en une attraction pour touristes. J’aurais adoré faire un petit shooting photo de la Type R dans le décor du film « Il était une fois dans l’ouest » mais l’entrée nous a été refusée. Nous nous sommes donc contentés de quelques photos lointaines avant de reprendre notre route.

Sur la nationale N340, nous n’avons pas pu nous empêcher de faire une petite halte au Circuit de Almeria, occupé par une journée « track day » de moto. Situé en plein désert, c’est le circuit le plus chaud et le plus sec d’Europe. Pas étonnant que l’endroit soit prisé par les constructeurs pour tester la résistance de leurs nouveaux modèles. Non loin du circuit, nous avons d’ailleurs croisé deux véhicules immatriculés en Allemagne, totalement camouflés et truffés d’instruments de mesures. Je serais incapable de vous en dévoiler ne serait-ce que la marque (Mercedes AMG GT 4 portes coupé?) . Nous avons essayé de jouer les paparazzis et de voler quelques photos, mais avec notre bolide à l’aileron imposant immatriculé en suisse, bonjour la discrétion ! Le regard de tueuse que nous adresse la conductrice d’une des deux voitures une fois à sa hauteur nous a rapidement incité à reprendre la route vers Murcia, notre ville étape.

Quelques jours à Javéa pour les fêtes

 

Après la visite de la charmante ville de Murcia, la journée sera consacrée au shopping du coté d’Alicante où la plus importante chaîne espagnole de grands magasins, El Corte Inglés, possède une grande succursale. L’occasion idéale pour récompenser Madame de sa patience lors des innombrables séances photos. Il nous reste ensuite une centaine de kilomètres à parcourir pour atteindre la petite station balnéaire de Javéa, laissant sur notre passage la très bétonnée Benidorm. C’est à Javéa que nous avons prévu de passer les fêtes de fin d’année. Nous y arrivons juste pour le réveillon de Noël et y resterons jusqu’au 2 janvier.

Une dernière nuit dans un château avant le retour en Suisse

 

Après les festivités de la nouvelle année, c’est bien reposés que nous reprenons la route en direction de la Suisse. Comme pour l’aller, nous avons prévu de traverser la France d’une seule traite. Il ne nous reste donc qu’une seule nuit en Espagne avant la fin de notre périple. Nous décidons de marquer le coup en réservant une nuit et un souper dans un Parador. Nous avons sélectionné celui de la cité médiévale de Cardona, situé dans un superbe château fortifié du IXe siècle à une centaine de kilomètre de Barcelone, dans l’arrière-pays.

Conclusion

 

Choisir une Honda Civic Type R pour un tel périple de plus de 6’000 kilomètres en quelques jours était sans doute un peu déraisonnable. Mais à aucun moment nous n’avons regretté notre choix. Il faut dire que la qualité du réseau routier secondaire que nous avons emprunté, particulièrement en Espagne, est remarquable. A l’heure des boîtes automatiques, la type R et sa boîte mécanique exceptionnelle reste une fabuleuse machine à distiller du plaisir de conduite.

Spacieuse, avec des rangements aussi grands qu’astucieux, la vie à bord s’est révélée très plaisante. Certes nous voyagions à deux, mais nos nombreux bagages n’ont eu aucun mal à prendre place dans le coffre de 420 litres. Finalement la seule chose déplaisante aura été d’entendre ma passagère, jour après jour, me répéter invariablement : « tu as assez d’essence ? », à la vue de chaque pompe à essence (ci-dessous les 18 points de ravitaillement). La consommation moyenne de ce périple est de 9.2l/100km. Cela peut paraître beaucoup, mais gardons à l’esprit qu’il s’agit d’une sportive de 320ch et mise à part les traversées de la France, nous avons privilégié les routes secondaires et souvent à un rythme élevé.

La Type R a définitivement confirmé tout le bien que nous pensions d’elle. Si on assume son côté ostentatoire, elle est une excellente voyageuse, tout à fait viable au quotidien. Je dirais même qu’elle gagne à être connue. Figurez-vous que durant nos 6’000km de périple, nous n’en n’avons croisé aucune autre !!! C’est peut-être pour cela qu’elle a suscité cet engouement incroyable. Et dire que cette sportive exclusive coûte moins de CHF 50’000.- !

Retrouvez nos impressions de conduite détaillées dans nos précédents essais :

 

Remerciements

 

Merci à Honda Suisse pour le prêt de cette Civic Type R GT.

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