6’000KM EN
HONDA CIVIC TYPE R
EPISODE 2/3

Le reportage Sport-Auto.ch du 15 janvier 2020

Rédaction : Sébastien Moulin
Photographies : Sébastien Moulin

 

Suite de notre Roatrip ibérique – Vous pouvez retrouver le premier épisode ICI

 

Cap Finistère puis route vers le Portugal

 

Si l’on en croit les prévisions météorologiques, nous allons vivre la seule journée vraiment ensoleillée avant plusieurs jours. Encore frustrés de notre traversée des Asturies, nous décidons d’en profiter et prenons la direction du mythique Cap Finistère. Une boucle qui rallonge notre périple d’environ 200 kilomètres, mais nous n’aurons pas à le regretter. Notre petit bolide est très à l’aise sur la route serpentant la côte escarpée. Alors que la brume assombrit encore l’océan, la multitude de bateaux de pêcheurs nous offre un spectacle qui semble irréel. Une fois le brouillard dissipé, le décor s’illumine et devient sauvage, offrant des points de vue spectaculaires. Une halte photo s’impose. Nous empruntons au hasard une petite route goudronnée qui subitement s’arrête face à l’océan. On se sent tout petit….   

Une fois arrivés au phare du Cap Finister, le lieu est désert, si bien que nous bravons l’interdit pour faire quelques photos de notre sportive au pied du phare. Après une dizaine de minutes, un homme visiblement de mauvaise humeur arrive d’un pas décidé, et sans un mot photographie les plaques d’immatriculation de la Nipponne a l’aide d’un vieux Nokia avant de faire demi-tour sans un mot. J’essaie d’engager la conversation pour lui expliquer notre démarche, mais le rustre personnage reste imperturbable se contentant de répéter « policía ! policía ! » sans même se retourner.

Enchantés de ce moment passé à « la fin de la terre » – c’est le sens de Finister en en galicien – rien ne peut nous contrarier et c’est le sourire aux lèvres que nous prenons la route plein sud vers le Portugal. Nous choisissons la charmante petite ville de Braga pour notre première nuitée en terre Portugaise.

 

De Braga à Nazaré par la Vallée du Douro

 

Célia, notre charmant hôte de la Sé Guesthouse de Braga, nous suggère de faire une halte pour grimper les 583 marches menant au Bom Jesus avant de quitter la ville. Malheureusement, lorsque nous nous rendons compte que le GPS de notre Honda nous envoie dans une toute autre direction, il est trop tard pour faire demi-tour. Vouer une confiance aveugle à cet instrument de navigation est une erreur que nous allons répéter lors de ce voyage. Nous aurions été mieux inspirés de privilégier Google Mapps via le CarPlay.

Peu importe, nous prenons un café dans la charmante ville historique de Guimarães avant de nous enfoncer dans la vallée du Douro. Une route sinueuse nous guide à travers d’incroyables paysages viticoles s’étageant en gradins sur les collines aux pentes raides classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Les raisins récoltés ici servent, entre autres, à l’élaboration du fameux Porto.

Nous quittons la vallée du Duro par la rive gauche à hauteur de Castello de Paiva via une route tortueuse qui nous plonge au cœur d’une immense forêt d’eucalyptus. Depuis ce matin, notre Type R se faufile entre les gouttes, mais visiblement ici la tempête Elsa a déjà déversé ses premières trombes d’eau. Quelques branches d’eucalyptus en travers de la route me donnent l’occasion de solliciter, à défaut de l’endurance, la réactivité des freins hautes performances Brembo.  

Après avoir stationné tant bien que mal notre voiture à Coimbra, nous partons à la découverte de cette ville universitaire désertée par les étudiants en cette période de fin d’année. Un sentiment d’insécurité, probablement injustifié, nous pousse à quitter cette ville. Avant de reprendre le volant, nous poussons la porte du Café Santa Cruz. Intégré dans le complexe du Monastère du même nom, nous apprenons que l’emplacement abritait jusqu’à 1834 l’église de la paroisse. Nous nous installons à coté des anciens confessionnaux tandis que trois artistes se tiennent là où devait se situer l’ancien cœur de l’église. C’est devant deux verres de Porto, dans ce lieu insolite, que nous assistons à la fin d’un concert de Fado.

Il fait nuit depuis longtemps lorsque que nous reprenons la route. Nous sommes à peine sur l’autoroute qui doit nous conduire à Nazaré que des trombes d’eau impressionnantes s’abattent sur nous. Les essuies glaces font leur possible, mais il devient difficile de lire la route. Sous ce véritable déluge, j’aurais apprécié un mode d’essuie-glace un peu plus rapide.

 

Nazaré – Lisbonne avec Elsa

 

Nazaré est connu pour ses vagues impressionnantes dûes à un relief sous-marin très particulier. Nous avons consacré la matinée à la découverte de cette attrayante bourgade aux rues étroites, certes prisées des surfeurs, mais qui a su conserver son authenticité. A défaut de surfeurs, nous avons croisé quelques vieilles dames habillées en costume traditionnel qui comprend sept jupons superposés. Un petit funiculaire nous conduit sur les hauts de la ville et nous marchons sous la pluie jusqu’au phare qui se trouve dans l’enceinte du Fort de São Miguel Arcanjo. C’est le point de vue idéal pour observer vagues et surfeurs. Mais aujourd’hui les vagues ne sont guère impressionnantes et les seules planches de surfs que nous voyons tapissent les murs du fort à l’occasion d’une exposition rétrospective.

Il est déjà tard quand nous retrouvons le confort « étanche » de notre Type R dans le parking de l’hôtel. Sur la route de Lisbonne, nous faisons halte à Ericeira au restaurant Tasca Da Fonte qui propose une cuisine simple et traditionnelle. Nous sommes accueillis chaleureusement par Carlos qui nous propose de déguster une feijoada, spécialité prisée des portuguais qui n’est pas sans rappeller le cassoulet français. Cela nous change du bacalhau (morue) que l’on retrouve invariablement sur toute les cartes du pays. Une halte qui restera un excellent souvenir culinaire.

C’est encore une fois de nuit et sous le déluge que nous rejoignons notre ville étape. La capitale Portugaise n’est, dans un premier temps, pas très accueillante. Faire dormir notre précieux bolide à l’abri semble plus compliqué que pour ses occupants. Finalement nous trouvons un confortable hôtel au centre-ville, avec un parking souterrain. La télévision nous informe des premières conséquences de la tempête Elsa avec d’importantes inondations dans les villes que nous avons traversé quelques heures auparavant.

Rencontre avec Vitor sur les traces du sport automobile portugais

 

Aujourd’hui j’ai rendez-vous avec Vitor, un ami photographe que je rencontre chaque année aux 24h du Mans. Il est le guide idéal car il est né et a grandi au centre de Lisbonne. Nous avons prévu de faire un shooting de la Type R dans les rues de Lisbonne. La météo, ainsi qu’une panne sur la mythique ligne 28 du Tramway lisboète nous complique bien la tâche.

En milieu de journée, nous nous éloignons de la capitale pour une immersion dans l’histoire du sport automobile portugais. Vitor me raconte l’histoire tourmentée du circuit d’Estoril. Nous ne pourrons cependant pas y accéder en raison d’un événement Toyota. Nous apprendrons plus tard que Fernando Alonso, José Maria Lopez et Kris Meeke étaient présents pour le lancement de la Toyota Yaris GR-4, dernière création de la marque japonaise.

Vitor me conduit ensuite du coté de Sintra sur le parcours de trois épreuves spéciales du rallye du Portugal de sa jeunesse. C’est ici que survient la première tragédie qui a conduit au bannissement des fameuses groupe B. La proximité de Lisbonne faisait que le public était présent en masse en bordure et sur la route, s’écartant juste au passage des bolides. En 1986, un pilote local au volant d’une Ford RS200 manque un virage et sort dans la foule, faisant trois victimes et une trentaine de blessés.

Malgré des routes très grasses qui mette à mal sa motricité, la Type R se sent à l’aise sur ce parcours technique et rapide. Vitor est impressionné par le comportement de la Japonaise dont il me dit particulièrement apprécier l’esthétique de la face avant. Malheureusement, les routes coupées en raison des dégâts provoqués par la tempête de la nuit dernière ne nous permettent pas de parcourir l’entier des spéciales. Du coup, nous faisons une petite pause au Cabo da Roca qui est le point le plus occidental du continent européen.

Je dépose ensuite Vitor chez lui, tout proche d’un concessionnaire Honda. Je le soupçonne de s’y être rendu en douce car lorsque nous nous retrouvons dans la soirée, il connait déjà la valeur de la Type R sur le marché portugais. Un prix qu’il juge d’ailleurs très attractif. De là à changer sa Sirocco vieillissante ?

La soirée se prolonge au Povo où Vitor et sa femme Silvia nous ont réservé une table. Nous partageons un délicieux repas spectacle dans ce restaurant réputé dans le Fado pour faire émerger de nouveaux talents. Surpris de voir encore du bacalhau en vedette au menu, Silvia nous explique qu’au Portugal il y a la viande, le poisson et le bacalhau ! Nous passons une superbe soirée au rythme de l’envoutant Fado.

Rendez-vous prochainement pour découvrir la troisième et dernière partie de ce roadtrip ibérique de plus de 6’000km en Civic Type R. En attendant, retrouvez nos impressions de conduite détaillées dans nos précédents essais :

 

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