DE LA ROUTE
AU CIRCUIT
EN ALPINE A110

Le reportage Sport-Auto.ch du 22 octobre 2019

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

Le 20 septembre dernier, l’annonce est tombée : en moins de deux ans, la production de la nouvelle Alpine A110 a égalé celle de son ancêtre produite de 1962 à 1977. Sachant que l’on parle de 7’176 exemplaires dédiés à un segment de niche, il s’agit là d’une belle illustration de la réussite du constructeur français. Par un hasard de calendrier, nous avions justement rendez-vous avec elle pour une expérience inédite : se rendre à son volant par la route à Lurcy-Lévis pour participer à une sortie circuit organisée par le Centre Alpine RRG Lausanne. Reportage après 1’055 kilomètres de road-trip.

Au départ de Lausanne, 394 kilomètres nous séparent des Lurcyquois. Pour cette occasion, Renault Suisse nous a mis à disposition une Alpine A110 Pure d’un magnifique bleu abysse. Elle est équipée des mêmes sièges baquets Sebelt que l’A110 Première Edition dont nous avons dressé un bilan complet l’hiver dernier en Suisse, après avoir participé aux premiers essais presse en décembre 2017. Pour cette expérience inédite, plusieurs questions se posent : les baquets non réglables en inclinaison vont-ils s’avérer fatigants sur longue distance ? Les suspensions relativement souples vont-elles être un handicap sur circuit ?

Pour l’heure, nous jouons à cache-cache avec les averses sur l’autoroute A40 qui nous mènera jusqu’à Mâcon en passant par la Bresse. La radio DAB n’étant actuellement pas déployée en France en dehors des grandes agglomérations, nous alternons entre la bande FM saccadée et la playlist puérile de mon Samsung S9 : aucun doute, la sonorisation Hi-Fi Focal est toujours aussi convaincante, d’autant plus qu’elle est maintenant équipée d’un caisson de basses, ce qui n’était pas le cas dans la Première Edition.

Le GPS est fluide et efficace, mais il affiche systématiquement une durée de parcours bien supérieure aux applications Google Maps et Here, plus proches de la réalité. Nous quittons l’A40 pour emprunter la N79 RCEA sur 120km jusqu’à Montbeugny. Sur cette route ô combien monotone, nous mettons à profit les 252 chevaux de notre Alpine pour dépasser un maximum de camions sur les rares portions à double voie… le tout sans se faire flasher par les nombreux radars qui fleurissent au bord de cette route réputée si accidentogène.

Après un peu plus de 4 heures de route, nous rallions l’hôtel du Pont Neuf situé dans la petite bourgade de Le Veurdre, non loin de Moulins. C’est là que le reste du groupe, parti plus tôt dans la journée, nous attend.

Le lendemain matin, la météo n’incite toujours pas à profiter du tennis ou de la piscine. Qu’importe, les 9 Alpine démarrent à 8h30 pour le circuit de Lurcy-Levis situé à 10 kilomètres. Avec une telle flotte, l’expérience sur piste promet d’être épique. Pour une meilleure lecture, nous avons préféré vous relater cette dernière dans un article séparé à lire ici.

Heureusement, la météo s’améliore en fin de matinée, et l’aller-retour en convoi au restaurant de midi nous permet de faire quelques photos des 9 Alpine. Sur les 6 coloris disponibles, 4 sont présents : Bleu Alpine, Bleu Abysse (la nôtre), Blanc Glacier et enfin Gris Tonnerre. Dès le départ, j’avoue avoir un faible pour ce gris qui sied particulièrement bien à la berlinette. 

Après une journée bien remplie, il est passé 18h et déjà l’heure de plier bagage. Grâce à ses deux coffres (196 litres au total), Gaëtan et moi avons pu ranger toutes nos affaires : une valise de cabine, un sac de voyage, deux casques, un sac à dos pour le matériel photos/vidéos ainsi que des vestes et paires de chaussures supplémentaires.

Plutôt sinistres sur notre trajet aller parcouru sous un ciel sombre, les paysages et différents bourgs de l’Allier s’avèrent charmants en cette fin de journée ensoleillée. L’occasion pour nous de multiplier les arrêts photo sur la cinquantaine de kilomètres de départementales qui séparent Lurcy-Lévis de la RCEA.

De retour à Lausanne peu avant minuit, que pouvons-nous dire sur la faculté de l’Alpine A110 à enchaîner les kilomètres ?

Premièrement, grâce à son poids plume de 1’103kg, sa consommation est modérée : nous avons relevé 6.7l/100km à l’aller et 7.0l/100km au retour, la faute à davantage d’arrêts ainsi qu’à des pneus moins gonflés… A rythme coulé parsemé de quelques franches accélérations, les 45 litres du réservoir permettent de parcourir 600km.

Ensuite, à condition qu’ils soient préalablement réglés à la bonne hauteur (réglage par vis) et que votre morphologie leur convienne, les magnifiques sièges baquets Sabelt ne sont pas un handicap pour parcourir plusieurs centaines voire milliers de kilomètres. Seuls des arrêts fréquents conjugués à une éventuelle gêne physique pour s’extraire du véhicule pourraient, dans mon cas, m’orienter vers les sièges Confort qui équipent le modèle Légende.

Docile, peu bruyante à vitesse stabilisée, bien équipée et bien finie : l’Alpine A110 sait choyer ses occupants et tutoie la perfection au chapitre du voyage sportif. Au chapitre du confort, seul un petit accoudoir central ne serait pas de refus. Et en vue d’utilisation quotidienne, il ne faudra pas oublier d’opter pour la caméra de recul qui n’équipe pas de série la version Pure.

Disponible à partir de CHF 61’500.- pour la version Pure, l’Alpine A110 constitue sans aucun doute le meilleur rapport prix/performances du moment dans la catégorie des coupés à moteur central arrière.

Retrouvez nos impressions de conduite détaillées dans nos articles :

Print Friendly, PDF & Email