À LA DÉCOUVERTE
DE LA LAMBORGHINI
COUNTACH LP 500

Le reportage Sport-Auto.ch 29 mars 2022

Rédaction : Laurent Missbauer
Photographies : Laurent Missbauer, D.R. Lamborghini

Lamborghini nous a invités à découvrir la Countach LP 500 au salon Rétromobile qui a eu lieu à Paris du 15 au 20 mars. Cette LP 500 est la fidèle reconstruction du prototype qui avait été dévoilé au Salon de Genève de 1971 et qui avait été détruit en 1974 dans le crash-test pour l’homologation du modèle de série. Sa reconstruction, réalisée à la demande d’un collectionneur suisse, a nécessité 25’000 heures de travail. « Cela en valait la peine car la Countach a une importance fondamentale pour Lamborghini. L’ADN de son design se retrouve en effet dans tous les modèles qui lui ont succédé », a relevé Mitja Borkert, le responsable du design de Lamborghini.

Magnifiquement mise en valeur sur un fond blanc qui fait ressortir encore mieux sa carrosserie de couleur « Giallo Fly Speciale », la Lamborghini Countach LP 500 s’avère aujourd’hui encore très futuriste. Elle a pourtant été dévoilée il y a plus d’un demi-siècle ! Sa présentation à Paris répondait à deux objectifs : montrer le savoir-faire du Polo Storico de Lamborghini, l’entité créée en 2015 afin de préserver le patrimoine de la marque, et rendre une dernière fois hommage à ses douze cylindres avant l’arrivée, dès 2023, de l’électrification avec la première Lamborghini hybride de série.

« Le moteur V12 est indissociable de nos modèles iconiques, de la Miura à la Countach, jusqu’à l’Aventador Ultimae qui met un terme à nos motorisations non hybrides », a expliqué à Paris Stephan Winkelmann, le CEO de Lamborghini. « Notre présence à Rétromobile, lieu de passion et de culture, doit être interprétée comme un hommage à notre extraordinaire héritage ainsi qu’à l’immense savoir-faire de nos ingénieurs, aussi bien ceux d’antan que ceux qui conçoivent les Lamborghini d’aujourd’hui. »

La reconstruction de la Countach LP 500 a nécessité 25’000 heures de travail. Cela non seulement des artisans du « pôle historique » de la marque mais également des designers du Centro Stile Lamborghini qui ont supervisé la définition des lignes de la carrosserie ainsi que le respect du style original. Quant à la mécanique, elle a été assemblée soit avec des composants d’époque, soigneusement restaurés, soit avec des composants entièrement reconstruits pour les pièces qui n’étaient plus disponibles ou qui étaient spécifiques à la LP 500. La carrosserie et le châssis ont été eux aussi reconstruits. Et la réalisation des pneumatiques a été rendue possible grâce à l’implication de Pirelli. Celui-ci a en effet exploré ses archives afin de recréer des pneus qui soient cohérents avec ceux de 1971, tant au niveau du dessin que des dimensions, tout en étant homologués pour la route.

« La Countach a réinventé les voitures à hautes performances », relève Stephan Winkelmann. « Elle est devenue une icone stylistique qui, aujourd’hui encore, est une source d’inspiration pour les Lamborghini actuelles. La reconstruction du premier prototype de la Countach à l’occasion du 50ème anniversaire de sa présentation est quelque chose d’extraordinaire car il permet d’admirer à nouveau la légendaire LP 500 du Salon de Genève de 1971. »

C’est en 2017 que le collectionneur suisse précédemment évoqué a demandé aux responsables du Polo Storico, s’il était possible de reconstruire la LP 500 que l’on ne connaissait plus qu’à travers les photos de l’époque. La réponse a été oui et les premiers mois ont été consacrés à la recherche de tous les documents d’époque : photos, dessins originaux, procès-verbaux des réunions ayant précédé la construction. Le châssis était par exemple complètement différent de celui de LP 400 produite en série à partir de 1974. Même constat pour l’intérieur.

Ce que la LP 500 a en commun avec les 157 premières LP 400 de série, c’est en revanche son rétroviseur central appelé « périscope ». Ces premières Countach de série sont en effet caractérisées, tout comme le prototype du Salon de Genève de 1971, par un abaissement du pavillon où est logé le fameux « periscopio » qui est en fait un rétroviseur traditionnel. Les 157 premières Countach, qui en sont équipées jusqu’à l’arrivée en 1978 de la LP 400 S privée de cet artifice au profit d’un pavillon complètement plat, sont par ailleurs affublées du surnom de « Countach Periscopio ».

Francesco Stevanin, qui s’occupe du «Commercial Management» du Polo Storico de Lamborghini, nous fait faire le tour de la LP 500 à Rétromobile : « Regardez comme le périscope est parfaitement intégré à la ligne du pavillon. Observez également avec quel soin du détail les différents voyants, compteurs et autres commandes ont été réalisés. Le levier de vitesse n’a par exemple rien à voir avec celui du modèle de série », nous précise-t-il.

Quand on lui demande quelle est l’importance du marché suisse pour le « pôle historique de Lamborghini », Franceso Stevanin nous répond qu’elle est considérable : « Depuis son lancement en 2015, le Polo Storico a ainsi déjà restauré, complètement ou partiellement, les voitures suisses suivantes : deux Espada, deux Islero, deux 350 GT ainsi qu’une LM 002. »

A propos de la LM 002, on rappellera qu’il s’agit du célèbre 4×4, construit de 1986 à 1992, qui a été l’une des sources d’inspiration pour l’Urus, l’actuel SUV de la marque. « C’est vrai, je me suis inspiré du LM 002 lorsque j’ai dessiné l’Urus mais j’y ai également ajouté les lignes caractéristiques de la Countach : la ligne fuyante du pavillon, l’inclinaison du capot et le dessin du passage de roue arrière. L’ADN de la Countach doit en effet se retrouver dans tous nos modèles », précise Mitja Borkert, responsable du design de Lamborghini depuis 2016.

Avant de prendre congé de nous, Franceso Stevanin nous invite à regarder de plus près la seconde vedette du stand Lamborghini à Rétromobile : « Il s’agit d’une Miura SV qui se trouve depuis de nombreuses années dans la même famille. Celle-ci a décidé d’en confier la restauration au Polo Storico. Elle sera notamment repeinte dans sa couleur originale Arancio Miura. Dans un souci de discrétion, son premier propriétaire avait opté pour le blanc plutôt que pour la couleur orange qu’il jugeait trop voyante », rigole Francesco Stevanin.

On relèvera enfin qu’aussi bien la Miura que la Countach ont été dessinées par Marcello Gandini pour le compte de Bertone. Outre la Miura et la Countach, respectivement présentées en 1966 et en 1971, toutes les deux au Salon de Genève, Marcello Gandini a également dessiné l’Alfa Romeo Montreal, la Fiat X 1/9, la Lancia Stratos et la Lamborghini Marzal. Cette dernière appartient d’ailleurs au même collectionneur suisse, établi dans le canton des Grisons, à l’origine de la reconstruction de la Countach LP 500 de 1971.

Remerciements

Merci au service de presse d’Automobili Lamborghini S.p.A. pour cette invitation à Rétromobile Paris.

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