FRANCFORT
L’OFFENSIVE ÉLECTRIQUE

26 septembre 2019

Rédaction : Gaëtan Brunetti
Photographies : D.R. Constructeurs

Après le dernier salon de Genève, plutôt fébrile en matière de nouveautés 100% électriques, personne n’attendait l’itération allemande aussi électrisante. Le très récent salon international de l’automobile de Francfort (du 12 au 22 septembre dernier) s’illustre comme le parfait témoin d’une automobile en pleine mutation vers le tout électrique. Énumération des principales nouveautés en la matière.

Malgré une demande de voitures électriques qui reste marginale, les normes d’émissions toujours plus contraignantes obligent les constructeurs à investir massivement dans l’électrique. La priorité des constructeurs est donc maintenant de réussir à susciter la demande envers ces véhicules pour, d’une part, rentabiliser ces investissements collossaux, et d’autre part, continuer à vendre des véhicules thermiques qui augmentent considérablement la valeur moyenne de CO2 émis par véhicule. Car il faut à tout prix échapper aux amendes, qui pourraient s’avérer dangereuses pour leur santé économique. Le Salon de Francfort inaugure un véritable tournant pour certains constructeurs, qui, au lieu de se concentrer sur leur fonds de commerce, mettent en avant des modèles électriques qui de toute évidences ne représenteront pas la majorité de leur ventes ces prochaines années.

Bien que Volkswagen ait déjà su électrifier sa Golf de septième génération en proposant la E-Golf, c’est bien un tout nouveau modèle 100% électrique que le constructeur allemand est venu présenter à domicile. Remplaçant déjà une future Golf 8 électrique, la VW ID.3 est une voiture complètement nouvelle, reposant sur une plateforme entièrement dédiée à ce modèle. Ce tout premier modèle Volkswagen full électrique est proposé en trois versions différentes, avec une batterie de 45 kWh, 58 kWh ou 77 kWh proposant respectivement 330, 420 et 550 kilomètres d’autonomie en une seule charge. Commercialisation prévue en Mai 2020, au tarif d’entrée de CHF 32’000 .-.

Point étonnant, la VW ID.3 est une propulsion. Mais, une version R équipée de quatre roues motrice serait déjà en cours de développement.

La guerre est lancée dans le monde des citadines électriques puisque Honda a su donner suite à son concept Urban EV dévoilé deux années plus tôt. C’est avec la nouvelle Honda e que le constructeur japonais compte entamer son virage électrique. Reprenant la petite bouille so 70’s des premières Honda Civic, la Honda e se veut très futuriste sous ses faux airs de neo-retro. Elle embarque un tout nouveau système de rétroviseurs remplacés par des caméras ou encore des poignées de portes rabattables avec son smartphone. Deux motorisations de lancement sont prévues, une de 136 chevaux et une autre de 152 chevaux. C’est côté autonomie que les choses se gâtent puisque seulement 220 kilomètres pourront être parcourus avec une pleine charge pour la variante la plus puissante.

Tout comme la ID.3, la Honda e est une propulsion.

Chez Smart aussi on sait rouler « vert », puisque les modèles Fortwo et Forfour se déclinent dès en présent en versions 100% électriques dénommées EQ Fortwo, EQ Fortwo Cabrio et EQ Forfour. Au programme, 60 kW de puissance sont disponibles avec un couple de 160 N.m. Une batterie lithium-ion de 17,6 kWh équipent ces modèles proposant une faible autonomie de 150 kilomètres maximum. De quoi juste cruiser en ville. Fidèle à ses origines, les déclinaisons électriques de la Smart seront propulsion.

Toujours chez les citadines, ce sont les versions espagnoles et tchèques de la petite Volkswagen e-Up sortie en 2013 qui ont été présentées. En effet, la Seat Mii Electric et la Skoda Citigo-e iV seront disponibles sur le marché courant fin de l’année 2019. Sous le capot, rien ne change puisque les trois voitures sont produites exactement dans la même usine et sur la même base. Munis d’une batterie lithium-ion d’une capacité de 36,8 kWh, celle-ci délivre ainsi une autonomie de 265 kilomètres aux trois micro car. Le moteur de 61 kW (soit 83 chevaux) délivre sa puissance sur le train avant. Aucun tarif n’a été communiqué pour le moment mais comptez aux alentours de CHF 20’000 .- pour ces deux nouveautés.

Côté espagnol on a mis les bouchées doubles. Seat ayant déjà présenté son El-Born sous forme de concept au dernier Salon de Genève, ils se sont vus dépassés sur le fil par Volkswagen (ce qui est en somme logique). Rappelons que ce dernier reprendra exactement la même plateforme électrique MEB que l’allemande, dont les habitacles seront sensiblement identiques. Notons également les approches des itérations Skoda et Audi du même modèle. C’est du côté de Cupra que la surprise fut grande puisqu’ils y ont présenté le Tavascan, concept 100% électrique nettement plus évocateur en matière de sportivité que le concept Formentor hybride présenté à Genève. Reposant sur une base de SUV coupé avec la plateforme MEB, ce futur modèle est équipé de deux moteurs électriques montés chacun sur un essieu, proposant 302 chevaux à son utilisateur. Comptez 6,5 secondes pour abattre le 0 à 100 km/h et une autonomie annoncée de 450 kilomètres.

Hyundai aussi s’est lâché en dévoilant un concept électrique baptisé 45. Savoureux mélange anguleux de neo-retro, le nom porté par ce dernier provient du fait qu’il y a exactement 45 ans, Hyundai présentait le Pony Coupé Concept. Il en reprend donc les grandes lignes et le nom « 45 » n’est en somme pas le fruit du pur hasard. Les vitres avant et arrières sont également inclinées de 45 degrés, lui donnant une forme très caractéristique, comme une silhouette de diamant. L’intérieur est quant à lui minimaliste et cette étude de style préfigure bien évidement les futurs modèles électriques de série de la marque Coréenne.

Chez les anglais, Mini présente la Mini Cooper SE. Reprenant l’ensemble moteur/batterie de sa cousine la BMW i3s, la citadine propose une puissance de 184 chevaux sur le train avant, alimenté par une petite batterie de 32,6 kWh. Toute addition faite, cette nouvelle Mini Cooper SE est capable de faire 270 kilomètres en une charge complète. Côté tarif, comptez sur un prix de base de CHF 39’900 .-.

Enfin, la plus grande attente de ce salon de Francfort 2019 en matière d’électrique fut bien évidemment la nouvelle Porsche Taycan. Révélée deux ans auparavant sous la forme du concept Mission E, le sixième modèle de la gamme Porsche se veut comme étant une véritable réponse à Tesla avec sa renommée Model S. Cette nouvelle berline électrique se décline pour le moment en deux versions. La Taycan Turbo, développant 680 chevaux et proposant une autonomie combinée maximale de 450 kilomètres et la Taycan Turbo S, développant 761 chevaux pour une autonomie combinée de 412 kilomètres. La puissance est distribuée aux quatre roues et le 0 à 100 km/h est abattu en 3,2 secondes et 2,8 secondes respectivement. Véritable chasseuse de Tesla injectée d’ADN Porsche, comptez CHF 194’900 .- pour la version Turbo et CHF 237’500 .- pour la version Turbo S. Les positions du constructeur de Stuttgart sont clairement tournées vers un avenir électrisant à présent, et cela s’est ressenti avec des Porsche 911 moins mises en avant.

Certes, hormis cette Porsche Taycan, les véhicules électriques présentés n’ont rien de vraiment sportif. Toutefois, leur centre de gravité étant abaissé par la présence des batteries, leur tenue de route devrait être convaincante. Et, une fois que le marché sera bien lancé, les constructeurs s’attelleront d’avantage sur des modèles sportifs. Nous attendons d’ailleurs avec impatience la Honda e Sport, apperçue déjà plusieurs fois à Genève.

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