HONDA
CIVIC 1.5
VTEC SPORT

L’essai Sport-Auto.ch du 30 novembre 2017

Rédaction : Michael Esteves
Photographies : Craig Douglas, Sébastien Moulin

La dénomination «Sport» de la nouvelle Honda Civic de 1.5L de cylindrée est-elle galvaudée ? Son designer est-il un transfuge de chez Subaru ? Le store de coffre était-il vraiment nécessaire ? Voici les questions auxquelles je vais tenter de répondre à travers cet essai.

Pour sa dixième génération de Civic, Honda nous propose une alternative sportive à la Type R : le modèle 1.5L Sport. Un rictus est certainement apparu au coin de votre bouche. Comment un moteur de 1’500cm3 pourrait permettre à une Civic, dont le gabarit a fortement évolué (+13cm), de prétendre à des velléités sportives ? Tout simplement grâce à l’utilisation d’un turbo et à la grande expérience des motoristes du constructeur japonais. Le rendement et la fiabilité des moteurs Honda n’est plus à démontrer.

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

traction
4 cyl. 1.5L turbo
182ch / 240Nm
1’350kg

Les 182ch du petit 1.5L peuvent paraître ridicules face aux 320ch de la nouvelle Type R que mon collègue a déjà pu essayer au mois de juin. Cependant, à titre de comparaison, la Civic Type R de la huitième génération proposait 201ch avec son 2.0L atmosphérique avant d’être remplacé en 2015 par le 2.0L turbo, faisant alors bondir sa puissance à 310ch. Celle qui nous intéresse aujourd’hui ne lui rend donc que 19ch, mais affiche un couple supérieur avec 240Nm contre 197Nm pour l’ancienne Type R précitée.

Au premier regard quelque chose m’interpelle : sous bien des angles, on croirait voir une Subaru WRX si le logo en H n’ornait pas l’imposante calandre. Je trouve sa proue très réussie, avec ses phares allongés et son bouclier muni de grosses prises d’air, en partie factices. Je déplore juste la présence d’un disgracieux emplacement de plaque en plastique noir au format européen. Ses vis de fixations étant plus espacées que la dimension de nos plaques suisses, il n’est pas possible de le retirer sans laisser des trous apparents.

Sa poupe me fait plutôt penser à une Toyota Prius de première génération. Je vous laisse prendre cela comme un compliment ou une critique. La double sortie d’échappement est par contre plus élégante que la triple dont est équipée la Civic Type R. Les bas de caisse noirs ressortent bien sur notre modèle Blanc Orchid Pearl (CHF 750.-). Ils relient visuellement le spoiler avant et le fond de pare-chocs arrière qui entoure les sorties d’échappement. La dimension des roues me semble un peu «légère» : les pneus en 235/45R17 sont un peu perdus dans les passages de roues.

A l’intérieur, je découvre de magnifiques applications en carbone sur le tableau de bord et sur les panneaux de portes avant. Les panneaux arrière n’ont pas droit à la même finition, se contentant de simples plastiques. Les sièges, chauffants, ont un design assez banal. J’espérais des sièges plus enveloppants. Les places arrière permettront aux passagers de voyager dans de bonnes conditions, la hauteur au toit étant importante. Le volant est bien proportionné et esthétique, seul le design des diverses commandes habituelles ne me donne pas une impression de qualité. Face à moi je découvre l’instrumentation, découpée en 3 parties. En son centre se situe un écran affichant un grand compte-tour et les autres infos de conduite. La partie de gauche affiche la température du liquide de refroidissement, celle de droite la jauge à carburant. Le tout est très lisible et bien positionné, contrairement à la génération précédente. J’ai juste eu de la peine à m’habituer aux commandes peu intuitives de l’ordinateur de bord.

Le coffre propose un important volume de 478 litres, qui vous permettra de partir à 4 personnes avec des bagages. Contrairement à la plupart de ses concurrents qui prévoient soit une plage arrière qui se lève avec le hayon, ou un rideau à tirer vers soi, Honda a installé une toile à tirer d’un côté à l’autre, qui ne convainc guère tant sur son maniement que par son aspect visuel.

La position du sélecteur de la boite manuelle est agréable. Le pommeau tombe bien sous la main, le coude posé sur l’accoudoir. Dommage de ne pas pouvoir fermer complètement les rangements qui s’y trouvent. Comme c’est de plus en plus souvent le cas, le levier de frein à main est remplacé ici par un interrupteur. Les personnes dictant ce choix n’ont certainement jamais roulé sur des routes de col enneigées… Concernant le Multimédia, l’écran tactile de 7 pouces permet de contrôler et régler les diverses fonctions dont les applications Apple Car Play et Android Auto. Pour recharger les modèles pourvus de cette technologie, une base de recharge sans fil se trouve devant le levier.

Prenons maintenant la route. Le premier trajet, à allure modérée, permet de mettre en température la mécanique et de se familiariser gentiment avec la belle, enfin, la Civic. Le confort est bon, aidé en cela par des amortisseurs pilotés. Le freinage fait preuve d’un excellent mordant. Le moteur est plein dès les plus bas régimes, et la sélection de boîte est rapide et précise. Pour le moment c’est un sans-faute en termes d’agrément.

Et maintenant, voyons ce qu’a réellement dans le ventre notre japonaise. Toutes proportions gardées, ça marche fort. Le moteur prend les tours sans rechigner. Il faut par contre couper les gaz quasiment une seconde avant de débrayer lors des changements de rapport, afin d’éviter que les tours continuent à monter. La sonorité est bien présente sans être envahissante. L’étagement de la boîte permet d’exploiter au mieux ce potentiel sur les sinueux. Les sorties d’épingles, sur des routes pourtant grasses, permet de constater l’incroyable motricité. Seul l’amortissement aurait mérité un tarage un peu plus sportif, peu de différence ayant été constatée en activant la position sport des amortisseurs. Les freins quant a eu ont montré une excellente endurance malgré des dimensions modestes. La direction assistée électrique adaptative offre un bon feeling et s’avère très agréable pour les manœuvres.

Pour les trajets autoroutiers et sur les routes principales, j’ai apprécié les aides à la conduite qui sont ici nombreuses, avec notamment le régulateur de vitesse adaptatif, l’assistant de maintien sur la voie, le freinage automatique d’urgence, la reconnaissance des panneaux, etc. A noter que tous ces équipements sont de série sur ce modèle Sport Plus, tout comme le toit ouvrant en verre, le système d’amortissement actif, le chargeur de portable sans fil, les sièges chauffants, le déverrouillage et démarrage sans clé, et j’en passe.

La consommation moyenne lors de cet essai, principalement effectué sur petites routes, s’est montée à 8.4l/100km. Et pour le trajet de Martigny à Crissier, en grande partie sur autoroute, il m’a fallu compter sur un honnête 5.6l/100km. Des valeurs plus que raisonnables au vu de l’agrément de conduite et des performances de cette Civic Sport.

L’avis de Sport-Auto.ch

Proposée à partir de CHF 33’200.- dans cette version Sport Plus suréquipée, cette Honda Civic 1.5L Sport porte plutôt bien son nom et montre que, même de nos jours, sportivité ne rime pas forcément avec puissance décuplée. Bien sûr, la Civic Type R (dès CHF 39’900.-) offre des performances bien supérieures, mais au prix d’une consommation qui l’est aussi ainsi que d’une plastique moins passe-partout qu’il faut pouvoir assumer au quotidien. 

La Civic Sport Plus dispose en outre de tous les équipements nécessaires, et ce sans devoir cocher une liste d’options longue comme le bras. Une boîte automatique CVT est également proposée en option (CHF 2’300.-), mais pas sûr que le plaisir de conduite soit autant de la partie !

michael[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Agrément moteur-boîte
  • Châssis
  • Equipement pléthorique
  • Habitabilité
  • Consommation
Contre...
  • Look « spécial »
  • Certaines finitions
  • Humidité dans les clignotants

Technique / Tarifs

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Remerciements

Merci à Honda Suisse pour le prêt de cette Honda Civic 1.5 VTEC Sport Plus.

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