ABARTH
695 biposto

L’essai Sport-Auto.ch du 14 mars 2016

Rédaction : Sébastien Moulin
Photographies : Guillaume Siegel, Bob de Graffenried
Vidéo : Bob de Graffenried, Audrey & Sébastien Moulin

C’est au Salon de Genève de 1964 qu’Abarth présente pour la première fois une version modifiée de la Fiat 500. Baptisée Fiat Abarth 695, il s’agissait d’une version sportive de celle qu’on surnommait « pot de yaourt » en raison de ses dimensions compactes destinées à concurrencer la Vespa. Un demi-siècle plus tard la marque au scorpion revient avec un modèle totalement radical, l’Abarth 695 Biposto. Une version extrême qui abandonne sa vocation citadine pour se muer en véritable bête de course homologuée pour la route ! Premier indice, comme son nom l’indique, la Biposto est une stricte deux places, mais ce n’est pas tout : moteur gonflé, demi arceau de sécurité, baquets spécifiques, harnais 4 points et… la fameuse boîte de vitesses à crabots avec sa tringlerie apparente ! Mais pour en profiter, il faudra faire quelques sacrifices…

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

traction
4 cyl. 1.4L turbo
190ch / 270Nm
997kg

On a beau être averti, lorsque l’on découvre la bête pour la première fois, c’est un choc ! Mise à part sa superbe couleur gris mat, unique teinte proposée, tout surprend dans la 695 Biposto. Si l’enveloppe s’apparente encore à la coquette Fiat 500, tout le reste respire la voiture de course, la vraie ! La carrosserie bodybuildée, les vitres latérales en polycarbonate avec trappes coulissantes, l’extracteur arrière et le mini aileron contribue à rendre cette Abarth super provocante. Les magnifiques jantes OZ 18 pouces associées aux puissants freins Brembo à étriers rouges l’installent définitivement dans le clan des super sportives.

Un simple coup d’œil à l’intérieur provoque une décharge d’adrénaline.  Chaque élément semble dérivé directement de la compétition, comme le système d’acquisition de données couplé au compte-tour central numérique, ou encore l’imposant levier de l’audacieuse boîte à crabots, qui fait partie du pack optionnel « Innesti Frontali » (CHF 12’500.-). Difficile de croire que cet engin est homologué pour la route, et pourtant…  Par contre, dans cet univers sportif, vous ne trouverez ni climatisation, ni autoradio, considérés comme sources de poids inutile. Un régime minceur qui, associé à une utilisation prolifique du carbone, permet à la Biposto de se maintenir en dessous de la tonne (997kg). Sous le capot, Abarth a installé un moteur 4 cylindre de 1.4 litre développant 190ch à 5’500trs/min. Notre Italienne bénéficie ainsi d’un excellent rapport poids/puissance de 5.25kg/ch qui lui permet  d’atteindre les 100 km/h en moins de 6 secondes.

Je l’avoue, à l’heure de réceptionner ma voiture d’essai, j’avais encore quelques doutes sur ma capacité à utiliser une boîte à crabots. Dans le cas de notre Biposto, il s’agit d’une boite dépourvue de synchros, si bien que les pignons s’engrènent sans progression. Si le craquement retentissant effraye un peu au début, on y prend vite goût. Un pilote aguerri peut même se permettre de passer les rapports « à la volée », sans débrayer. Personnellement je n’apprécie que modestement cette sensation de malmener la mécanique si bien que j’opte rapidement pour le double débrayage qui permet de faciliter l’enclenchement du rapport inférieur. Pour la montée des rapports, le fait d’embrayer ne rallonge que de quelques millisecondes les changements qui se font dans tous les cas bien plus rapidement qu’avec une boîte traditionnelle. Étonnamment, c’est finalement la longue course de la pédale d’embrayage qui me demandera le plus de temps d’adaptation.

Vous l’avez compris, nous sommes en présence d’une voiture de compétition dont l’apprentissage peut prendre un certain temps avant d’en tirer toute la quintessence. Mais cette bombinette est homologué pour la route alors profitons-en. Evidemment l’itinéraire « B » sera privilégié : celui qui vous tient éloigné des autoroutes et autres grandes routes nationales rectilignes tout en vous offrant un maximum de courbes et virages. En ce qui me concerne, cet itinéraire passera par le col de Mosses à l’aller et le Col du Pillon au retour…

Mais avant d’attaquer les premiers tournants, je prends le temps de soigner ma position de conduite. L’exercice sera vite avorté, car les seuls réglages possibles sont la position avant-arrière du siège et l’inclinaison du dossier. Il en résulte une position de conduite un peu haute, et peu d’espace au niveau des jambes. Mes longues jambes auraient apprécié un réglage du volant en profondeur.  Les sièges baquets Sabelt avec coques en carbone sont de toute beauté, mais mériteraient un peu plus de maintien latéral. Quant aux harnais, la police cantonale vaudoise me confirme que même s’ils sont montés d’origine par le constructeur, leur utilisation est interdite sur route ouverte. Il faudra donc se résigner à utiliser les traditionnelles ceintures 3 points qui sont également présentes.

Moteur ! L’échappement à valve Akrapovic, présent de série, ne donne pas dans la discrétion ! Dès les premiers hectomètres, les sensations sont fortes, viriles ! Il faut un minimum de poigne pour maitriser la bête. Creux jusque vers les 3’000trs/min, la puissance arrive ensuite brutalement provoquant une légère remontée de couple qui impose une ferme présence au volant, d’autant plus que la direction est légèrement floue en son point milieu. Les virages et épingles s’enchaînent avec une impressionnante motricité qui me ferait presque douter de la monte hivernale de mes pneumatiques ; avec des gommes semi-slick, cette 695 Bisposto doit offrir les sensations extrêmes ! Efficacité maximum et confort acceptable même si à faible vitesse on ressent la moindre aspérité de la route, mais il est possible de modifier la dureté des suspensions Extreme Shox ainsi que la garde au sol.

Une fois le col des Mosses franchi, la descente sur L’Etivaz est piégeuse.  Exposé au nord, la route est souvent humide et grasse… mais même dans ces conditions l’Abarth 695 Biposto se montre à son avantage. Grace au différentiel à glissement limité (qui fait partie du pack optionnel « Innesti Frontali »), la puissance passe bien à la route et le sous-virage est inexistant lors des relances. Seuls les plus audacieux regretteront peut-être que l’ESP ne soit pas déconnectable, mais une fois le mode sport activé, il n’intervient jamais trop tôt du moins sur route ouverte.

L’avis de Sport-Auto.ch

Lors d’un récent essai, mon collègue Laurent avait très justement qualifié l’Abarth 595C Turismo de « petite bombinette aux rondeurs coquettement féminines ». Avec la 695 biposto, Abarth nous emmène dans un tout autre monde, bien plus brutal et sauvage. Avec cette « mini-supercar », le préparateur italien pousse à l’extrême le concept de la voiture de compétition homologuée pour la route. Irraisonnable, mais tellement bon ! Reste le sujet qui fâche : le prix. Car une fois équipée des options dignes de son rang, le prix de base de CHF 49’500.- s’envole pour atteindre CHF 79’600.- pour le modèle mis à notre disposition pour cet essai. Sans doute la plus coûteuse des 500, mais aussi la plus radicale, car à ce prix vous bénéficiez d’une voiture hors norme, issue directement de la compétition, et utilisable au quotidien.

sebastien[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Mini supercar
  • Look
  • Performances
  • Boîte à crabots
  • Sonorité
Contre...
  • Position de conduite haute
  • Longueur boîte
  • Prix exorbitant

Technique / Tarifs

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Remerciements

Merci à FCA (Fiat Chrysler Automobiles Switzerland SA) pour le prêt de cette Abarth 695 Biposto.

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