SKODA
PEAQ

Le reportage Sport-Auto.ch du 22 septembre 2026

Rédaction : Laurent Missbauer
Photographies : Skoda, Laurent Missbauer

Dévoilée en première mondiale le 23 juin, lors d’une présentation statique au sommet du Salève, au-dessus de Genève, la Skoda Peaq a confirmé sur la route tout le bien qu’on avait déjà pu penser d’elle. C’est en tout cas le principal enseignement de la présentation dynamique qui a nous a permis de conduire la Peaq 90X Sportline (299 ch – CHF 67’850.-) depuis Munich, en Allemagne, jusqu’à la station autrichienne de Seefeld. 

Le trajet de retour, sur le même itinéraire, a quant à lui été effectué à bord d’une Epiq 55 First Edition (210ch – CHF 37’800.-). Petite sœur de la Peaq, dont elle partage les mêmes codes stylistiques, la Skoda Epiq ne manque pas d’atouts sur le segment des électriques compactes où figurent déjà ses cousines Cupra Raval et Volkswagen ID Polo. 

 

Toute une série de Skoda Peaq nous attendent à l’aéroport de Munich. Nous choisissons la version la plus puissante, à savoir une 90X quatre roues motrices de 299 ch en finition Sportline et donc avec des sièges de type baquet. Ceux-ci se sont avérés très confortables tout en assurant un très bon maintien latéral. Devant les lignes anguleuses de la carrosserie, fidèles au nouveau style appelé Modern Solid, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à l’incroyable montée en gamme effectuée ces dernières années par Skoda. 

0-100km/h (s) : 6.7

Vmax (km/h) : 180

rapp. poids/puiss. (kg/ch) : 7.96

4×4
2x moteurs électriques
299 ch / 484 Nm
2382 kg

Les anciennes Skoda à moteur arrière, fussent-elles des versions RS qui ont remporté jadis de nombreux rallyes, semblent en effet très éloignées des modèles actuels. Les lignes de la nouvelle Skoda Peaq nous font plutôt penser à celles des Cadillac Vistiq, Lyriq et surtout Optiq. Cette dernière, avec ses 281ch et sa longueur de 4,822m, possède d’ailleurs une puissance et une longueur similaires à celles de « notre » Peaq 90X Sportline (299ch et 4,874m de long). Et il ne s’agit pas des seules similitudes puisque tant la Skoda Peaq que le Skoda Epiq partagent avec les trois Cadillac précédemment évoquées une terminaison phonétique identique ! Qui a copié qui ? On l’ignore ! Ce qui est certain, c’est que notre voyage de Munich à Seefeld s’est déroulé dans un silence absolu. Le confort à bord et la tenue de route ne prêtent le flanc à aucune critique. Le pare-brise, très vaste, offre une excellente visibilité vers l’extérieur et trois boutons physiques permettent de régler le chauffage ainsi que la ventilation au-dessous de l’écran central.  

Avec une autonomie de 647 km, une valeur supérieure aux 582 km de la Skoda Enyaq, les quelque 200 km, qui séparaient l’aéroport de Munich de notre hôtel situé au pied du massif autrichien de Hohe Munde, n’ont constitué qu’une simple formalité. Il faudra vérifier, lors d’un essai de plus longue durée, s’il est possible d’atteindre la consommation mixte WLTP de 15,7 kWh/100 km qui a été annoncée par Skoda. Une pause photo sur les rives du Tegernsee, un des plus beaux lacs de Bavière, a permis de vérifier la polyvalence de la Skoda Peaq 90X quatre roues motrices. Ces dernières ne devraient pas seulement s’avérer très utiles pour franchir des cols enneigés, mais également pour tracter en toute sécurité une remorque avec un imposant yacht… comme celui affrété par Skoda pour cette pause photo !  

Une fois arrivé à notre hôtel, nous avons tout loisir de nous entretenir avec le designer français Romain Bucaille qui, au sein du studio de design de Skoda dirigé par Oliver Stefani, est en charge du design extérieur. Il a détaillé, en exclusivité pour Sport-Auto.ch, plusieurs éléments stylistiques de la nouvelle image de marque du constructeur tchèque. 

Romain Bucaille nous a tout d’abord invités à nous placer devant la Skoda Peaq et à prêter attention aux deux lignes qui courent depuis le parebrise jusqu’à la partie frontale où elles occasionnent deux échancrures centrales entre lesquelles on peut lire SKODA en lettres capitales. « Cela contribue à fournir une force visuelle qui fait référence au style Modern Solid et qui conduit le regard sur le logo », nous explique le designer français. Les cinq lettres capitales SKODA constituent en fait le nouveau logo, en lieu et place du précédent logo avec la flèche ailée. « Celle-ci n’a cependant pas complètement disparu puisqu’elle se retrouve au centre des roues », nous précise Romain Bucaille en nous demandant de nous placer à côté de la voiture. 

Là, il attire notre attention sur la symétrie des lignes qu’il a dessinées. Léchancrure sous le rétroviseur fait ainsi écho à l’échancrure au-dessus de la poignée de la porte arrière. « Cette dernière échancrure permet de donner du muscle aux ailes arrière et d’assurer non seulement une posture bien ancrée au sol mais également de faire à nouveau référence à la solidité énoncée dans le nom même du style Modern Solid », nous explique Romain Bucaille avant de se baisser à la hauteur de la roue arrière droite de la Skoda Peak.

Une fois accroupi, Romain Bucaille nous montre, sur la partie inférieure de la carrosserie, l’épaisse ligne noire latérale qui s’interrompt aux deux-tiers de la portière arrière. « Si cette ligne allait jusqu’au passage de roue, cela serait redondant », estime-t-il. « En l’interrompant de manière oblique, j’ai voulu donner davantage de dynamisme. Un dynamisme que l’on retrouve dans l’aile de requin du montant D. Cette interruption de la ligne au bas des portières s’avère ainsi parfaitement cohérente. » Elle est en effet oblique, tout comme l’est également l’aile de requin.

La présence de cette aile de requin donne par ailleurs l’impression de se trouver devant un break plutôt que devant un SUV, nous avait confié Oliver Stefani au sommet du Salève. Cet exercice de style contribue de ce fait à alléger l’allure générale d’un véhicule dont le poids avoisine tout de même 2,5tonnes. Or, la légèreté a été une des clés du succès des Skoda 130 RS en compétition dans les années 70 et 80. Une légèreté que l’on retrouve également au début de l’histoire de la marque. On y découvre que Laurin & Klement, l’ancêtre de Skoda fondé en 1895, fabriquait également des bicyclettes et des motos. 

Romain Bucaille s’est d’ailleurs replongé dans la riche histoire du constructeur tchèque et a réinterprété la moto Slavia B en utilisant les codes du style Modern Solid. « Je voulais faire quelque chose dunique tout en évoquant les racines du constructeur. Je travaille tous les jours sur des voitures et, comme jaime aussi les motos, en créer une était vraiment un changement rafraîchissant », explique Romain Bucaille. 

Dans son carnet de croquis, une interprétation moderne de la Laurin & Klement Slavia B de 1899 a ainsi progressivement pris forme. Malgré la vision électrique futuriste de Romain Bucaille, le concept conserve la forme caractéristique du cadre des premières motos. 

« Alors que la moto de 1899 comportait un moteur niché à lintérieur du cadre, j’ai laissé cet espace vide. Quant à la selle, elle a été conçue de façon à donner limpression de flotter, déconnectée du corps de la moto », souligne le designer français. Tout cela a contribué à ce que son design soit particulièrement réussi. Un design réussi que l’on a retrouvé sur l’Epiq 55 First Edition, noire avec d’originales touches de rouge, qui nous a ramenés depuis Seefeld jusqu’à l’aéroport de Munich !

Merci à Skoda Suisse pour cette invitation à découvrir les nouvelles Peaq et Epiq en Allemagne et en Autriche. Merci également à Romain Bucaille d’avoir détaillé, en exclusivité pour Sport-Auto.ch, les différents éléments stylistiques de la nouvelle image de marque de Skoda

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