LOTUS
ELETRE X
H1000

L’essai Sport-Auto.ch du 29 octobre 2026

Rédaction : Laurent Missbauer
Photographies : Lotus, Laurent Missbauer

L’Eletre est à Lotus ce que la Cayenne est à Porsche, à savoir le premier SUV de la marque et le premier modèle à cinq portes. A l’image de la Cayenne, dont le poids et les dimensions sont à des années-lumière de ceux des premières Porsche 911, l’Eletre n’a que peu d’éléments en commun avec les Lotus Elise et Exige Final Edition essayées il y a cinq ans. Cela sans même parler de la première Lotus Elan qui avait été produite à 14’218 exemplaires de 1962 à 1973 et qui, avec ses 686 kg, illustrait parfaitement la maxime « light is right » de Colin Chapman, le fondateur de Lotus. 

Il est vrai que les temps ont changé en plus de 60 ans. On en veut pour preuve les nouvelles normes de sécurité et les directives de l’UE qui voulait imposer aux constructeurs de passer au tout électrique dès 2035. Celles-ci ont cependant été assouplies il y a douze mois et le tout électrique n’est plus considéré comme la panacée, notamment dans le haut de gamme. Le dernier exemple est celui du premier SUV de Lotus. Alors que l’Eletre S que nous avions essayée en 2024 était 100% électrique, la nouvelle Eletre X, que Lotus nous a permis de découvrir lors de deux jours d’essai qui nous ont emmenés de Zurich à Munich en passant par Andermatt, est une hybride. Mais pas n’importe quelle hybride! Sa motorisation hybride de près de 1000 ch (952 ch très exactement), d’où l’appellation Eletre X H1000, la propulse de 0 à 100 km/h en seulement 3,3 secondes ! C’est un chrono identique à celui de la Ferrari Amalfi que nous venons d’essayer et c’est encore mieux que la Lotus Exige Sport 240 Final Edition (3,4 secondes) ! Quant à l’actuelle Porsche 911 Targa 4S et à la Lotus Eletre S, respectivement chronométrées en 3,7 et 4,5 secondes pour le même exercice, elles sont également battues.

0-100km/h (s) : 3.3

Vmax (km/h) : 230

rapp. poids/puiss. (kg/ch) : 2.74

4×4
4 cyl 2.0 l turbo
+ deux moteurs électriques
952 ch / 935 Nm
2’615 kg

Inutile de préciser que, à peine arrivés à l’hôtel Hyatt de Zurich, devant lequel nous attendaient des Eletre X soigneusement alignées, nous étions impatients de pousser cette nouvelle Lotus dans ses derniers retranchements. Mais où donc essayer un véhicule de près de 1000 ch sans enfreindre la loi sur la circulation routière ? Sur un circuit privé, pardi ! En l’occurrence celui aménagé sur l’aérodrome de Mollis, dans le canton de Glaris, où les responsables de Lotus nous ont permis non seulement d’accélérer à plusieurs reprises de 0 à plus de 185 km/h, mais où ils avaient également préparé un slalom. Ce dernier nous a permis de constater que l’agilité de l’Eletre X, compte tenu de sa taille (5,1 m de long) et de son poids (2615 kg), est bluffante !

Mais que vaut l’Eletre X sur nos routes de montagne, en l’occurrence celles qui nous ont permis de relier Mollis à Andermatt en passant par le col du Klausen ? Là aussi, son agilité nous a agréablement surpris. Menée à un rythme allegro furioso, pour utiliser une métaphore musicale, l’Eletre X a bondi d’une épingle à l’autre avec une belle efficacité ! Son embonpoint s’est certes fait sentir à chaque freinage, notamment en descente, mais les freins Brembo à six pistons n’ont prêté le flanc à aucune critique. 

La polyvalence de l’Eletre X, qui peut tracter jusqu’à 2250 kg, est ainsi bien réelle. Si le mode off-road permet de s’aventurer hors des chemins battus, le mode sport optimise la réponse à l’accélération, la direction et la suspension. Il sert également les assises latérales des sièges avant. Sachez encore que l’Eletre X dispose aussi d’une barre antiroulis active et d’une suspension pneumatique adaptative. « C’est ici que l’ADN de Lotus s’exprime pleinement », nous a confié Malik Mujanovic, Head of Product Marketing de Lotus, qui n’est pas basé à Hethel, le siège historique de la marque où est encore produite l’Emira, ni à Wuhan, en Chine, où sont construites les Eletre et Emeya, mais bien à Göteborg, en Suède, où sont construites les Volvo. Il faut en effet savoir que Lotus appartient au groupe chinois Geely qui possède notamment les marques Volvo, Polestar, Lynk & Co, Zeekr, Proton et Smart. L’Eletre X partage ainsi un certain nombre de pièces avec les modèles les plus puissants de Polestar et Zeekr. Cela à l’image de ce qui se passe au sein du groupe Volkswagen où les Audi Q7, Bentley Bentayga, Lamborghini Urus et Porsche Cayenne sont assemblées sur la même plate-forme que la Volkswagen Touareg.

« L’Eletre X offre les sensations d’une voiture de sport et la liberté propre aux véhicules thermiques », nous a précisé Malik Mujanovic. Mais comment cela fonctionne-t-il? Une batterie de 70 kWh (900 V) alimente deux moteurs électriques, un de 310 kW à l’avant et un autre de 390 kW à l’arrière. Au-dessous de 85 km/h, seuls les moteurs électriques assurent la propulsion. Un moteur thermique turbo de 2 litres entraîne une génératrice de 150 kW, qui produit de l’électricité en continu pour recharger les batteries pendant la conduite. Contrairement à la plupart des systèmes hybrides qui reposent uniquement sur la récupération d’énergie, il fonctionne en tant que « range extender » et permet de maintenir des performances optimales, même sur de longs trajets ou dans des conditions d’utilisation exigeantes.

Nous avons pu nous en convaincre lors du second jour d’essai. Après avoir quitté Andermatt, escaladé le col de l’Oberalp, traversé les cantons des Grisons et de St-Gall, ainsi que la Principauté du Liechtenstein et l’Autriche, la crainte d’une panne sèche, comme nous avions pu la ressentir lors de notre essai de l’Emeya R, ne nous a jamais effleurés. Même en effectuant plusieurs fois des pointes de plus de 200 km/h sur les autoroutes allemandes. Le système X-Hybrid adapte en effet la gestion de l’énergie en fonction de la vitesse, de l’état de charge de la batterie et des sollicitations du conducteur, en jonglant entre conduite 100 % électrique, production d’énergie embarquée et assistance hybride. Grâce à une transmission à rapport unique, aucun changement de vitesse n’est par ailleurs nécessaire. Pour la plupart des trajets quotidiens, il n’est nul besoin de solliciter le moteur thermique, ni de planifier les longs déplacements en fonction des infrastructures de recharge.

En mode 100% électrique, l’autonomie est de 305 km. Celle-ci passe à 1200 km grâce au moteur thermique. Celui-ci sert avant tout à produire de l’électricité mais, au-delà de 85 km/h, il peut également entraîner directement les roues avant — une configuration où le moteur thermique atteint son rendement optimal. Il ne s’agit donc pas d’un simple générateur. Le résultat? « Des performances dignes d’une supercar, une véritable autonomie électrique et jusqu’à 1200 km de liberté. Tout cela réuni dans un seul véhicule », s’enthousiasme Malik Mujanovic. 
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Lorsque nous lui racontons qu’un automobiliste, croisé sur une aire de repos, nous a spontanément adressé la parole pour nous dire qu’il avait confondu notre Lotus Eletre X avec une Lamborghini Urus, Malik Mujanovic nous répond qu’une telle « confusion » se produit constamment.

La Lotus Eletre X s’avère cependant nettement plus abordable que la Lamborghini Urus dont les prix débutent à plus de 239’000 euros. Ceux de la Lotus Eletre X débutent à 119’990 euros pour le modèle H1000 de 952 ch. Un modèle moins puissant, celui de 550 ch, est même proposé à partir de 96’990 euros. Les prix en francs suisses ne sont pour l’instant pas encore connus.

Merci à Lotus Cars pour cette invitation à découvrir la nouvelle Lotus Eletre X de 952 ch à travers la Suisse, la Principauté du Liechtenstein, l’Autriche et l’Allemagne.

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