AUDI
SQ5
SPORTBACK

L’essai Sport-Auto.ch du 7 mai 2026

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

L’Audi Q5 est presque à Audi ce que la Golf est à Volkswagen ; une recette dont le succès s’avère continu depuis le lancement de la première génération en 2008, avec plus d’un million de ventes rien que sur ses huit premières années de carrière. Coiffant toujours la gamme, le SQ5 est à nouveau équipé d’un moteur V6 essence, alors que la précédente génération avait beaucoup fait parler en se parant d’un V6 diesel. Cela sera-t-il suffisant pour nous convaincre ? Eléments de réponse sans plus tarder.

Extérieurement, l’Audi SQ5 mêle élégance et sportivité contenue. Les moulures des vitres reçoivent une finition « chromé mat argent », tout comme les contours de la calandre singleframe et des prises d’air (majorées sur cette version S). Si le dessin des différents éléments est plaisant, le rendu respire le plastique, à l’image de la grille arrière entièrement pleine et des larges moulures constituant la calandre avant, en grande partie pleine également. Si le traditionnel sigle propre aux modèles S a disparu de cette dernière, les sorties d’échappement sont toujours présentes. Et contrairement à celles du SQ5 de génération précédente (80A), elles ne sont pas factices ! Elles sont entourées par un discret diffuseur qui cache un crochet d’attelage escamotable (1’440 CHF). Ainsi parée, l’Audi SQ5 peut tracter jusqu’à 2’400 kg. Avec son hayon très plongeant, la version Sportback affiche un profil aérodynamique qui allège visuellement l’ensemble. Cela se paie néanmoins au niveau du volume du coffre, qui passe de 520 litres sur la version normale à 470 litres sur la version Sportback.

0-100km/h (s) : 4.5

Vmax (km/h) : 250

rapp. poids/puiss. (kg/ch) : 5.76

4×4
V6 3.0 l turbo
367 ch / 550 Nm
2’115 kg

La présentation intérieure est globalement réussie, avec des matériaux de bonne qualité. A l’avant, les sièges Sport S en cuir (1’490 CHF) confèrent un maintien convenable et offrent de bons réglages. Les sièges arrière coulissants, déjà présents sur les générations précédentes, contribuent à la polyvalence du modèle. Le tableau se ternit rapidement dès la mise en marche ; notre exemplaire d’essai présente des bruits de mobilier sur les bosses, bruits que je n’ai jamais rencontrés même sur des véhicules moins onéreux… Ces bruits ne proviennent pas des assemblages (pourtant imparfaits par endroits), mais des portes qui bougent et dont les joints ont visiblement un défaut, à moins que ce ne soit une question de réglage !

Comme déjà évoqué lors de mon essai de l’A5 Avant e-hybrid, le manque de flexibilité du Virtual Cockpit est à mon sens un net recul en arrière par rapport aux versions précédentes. En outre, cet affichage n’est pas un modèle de design et de lisibilité. Les boutons du volant, présentés sous forme de pavés à plusieurs zones de contact, constituent un autre défaut ergonomique. Il arrive qu’en appuyant sur une certaine zone, ce soit une autre zone qui ait détecté l’appui. Le problème a été reproduit à mainte reprises sur les boutons à gauche et à droite du volant, démontrant un problème de conception. Il m’est donc arriver, par exemple, de couper le son au lieu d’activer le volant chauffant. D’ailleurs, concernant ce dernier, aucun voyant n’est présent sur les écrans pour signaler son activation, et Audi a fait le choix discutable de l’activer à chaque démarrage même lorsque la température extérieure dépasse les 10 degrés ! J’ai bien cherché à désactiver ce préréglage, sans succès.

Au centre, le large écran du MMI orienté en direction du conducteur est lisible et réactif, mais là encore on repère quelques incohérences. Il est par exemple impossible de modifier les réglages de tonalité en roulant lorsqu’on écoute la source Bluetooth, alors qu’il est possible de le faire lorsqu’on écoute la radio. Le passager bénéficie de son propre écran MMI (1’040 CHF) mais attention, même lorsqu’il est éteint ce dernier peut occasionner des reflets du soleil indésirables.

Sous le capot, le V6 3.0 L turbo déjà aperçu dans l’A6 Avant 3.0 TFSI développe 367 ch et 550 Nm de couple aux quatre roues. Afin de réduire les émissions de CO2, un nouvel alternateur de chaîne cinématique (TSG) génère un couple supplémentaire pouvant atteindre 230 Nm et une puissance de 24 ch. Couplée à une batterie de 1,7 kWh, cette technologie mild-hybrid (MHEV 48V) s’avère efficace, en particulier en ville où le moteur électrique suffit à mettre en mouvement les 2’115 kg du SQ5 sur de courtes distances. Ainsi, la consommation reste contenue même lorsque les arrêts au feux rouges s’enchaînent.

Le gain est moins perceptible en dehors des localités, où le SQ5 ne s’avère pas particulièrement sobre. Comptez un peu moins de 8 l/100 km sur l’autoroute et 9 l/100 km sur un parcours mixte en roulant de manière économique (Audi annonce 8,6 l/100 km selon la norme WLTP). La très faible puissance du moteur électrique nécessite en effet d’avoir le pied ultra léger pour maintenir le moteur essence éteint sur des portions de quelques dizaines, voire centaines de mètres en légère descente. En fonction de l’utilisation qui est faite du véhicule, il n’est donc pas certain que le jeu en vaille la chandelle, la technologie MHEV se traduisant par une prise de poids de plusieurs dizaines de kilogrammes.

En mode Sport, l’Audi SQ5 affiche un comportement souverain, basé sur l’efficacité légendaire des modèles quattro. La boîte à double embrayage S-Tronic à 7 rapports demeure raisonnablement rapide et l’ensemble brille par une bonne homogénéité, mais les sensations de conduite demeurent globalement assez filtrées. Le bloc 6 cylindres, au timbre sonore plutôt réussi (mais discret), est un bon allié en toute circonstance, suffisamment coupleux à bas régime tout en montrant de bonnes dispositions dans la partie supérieure du compte-tours. Sensiblement raffermies, les suspensions limitent le roulis dans les courbes. Outre un premier réglage plus permissif (ESP Sport), l’ESP demeure totalement désactivable au besoin.

Les suspensions pneumatiques à air (1’730 CHF) permettent d’augmenter la garde au sol de 45 mm afin de faciliter son évolution hors des sentiers battus. Attention néanmoins : avec ses pneus à faible épaisseur de flanc et l’absence de rapports démultipliés, le SQ5 n’est pas un véhicule de franchissement. Disponible en complément du mode Offroad, le mode Offroad Plus désactive l’ESP et active le mode manuel pour le changement des rapports. C’est d’ailleurs le seul mode de conduite où la boîte S-Tronic, même lorsqu’elle est commutée en mode manuel, ne passe pas automatiquement le rapport supérieur lorsque l’on atteint le rupteur.

Disponible à partir de 105’300 CHF, l’Audi SQ5 Sportback est chère en comparaison avec son penchant hybride rechargeable de même puissance disponible dès 81’900 CHF (lire ici notre essai de l’Audi A5 Avant e-hybrid doté de cette double motorisation, certes un peu moins performante). En face, la concurrence se fait de plus en plus rare parmi les SUV dotés d’un moteur 6 cylindres essence. On trouve par exemple la BMW X3 M50i xDrive (398 ch, dès 104’500 CHF) ou l’Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio (520 ch, dès 108’990 CHF). L’Italienne bénéficie d’un rapport prix/prestations plus intéressant ainsi que d’un caractère réellement sportif.

L’avis de Sport-Auto.ch

Alors que le SQ5 de génération précédente était muni d’un V6 diesel, le SQ5 de troisième génération est à nouveau équipé d’un V6 essence appréciable pour son agrément. A défaut de procurer de vraies émotions de conduite, l’ensemble se veut performant, homogène et doté d’une réelle polyvalence d’usage. Une polyvalence qui se paie cependant cher (128’865 CHF pour notre modèle d’essai avec options !), ce qui rend les défauts ergonomiques évoqués peu acceptables. Gageons que cela sera corrigé dans l’hypothétique Audi RS Q5 qui devrait reprendre la motorisation hybride rechargeable de la RS5 Avant.

bob[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Retour du V6 essence
  • Timbre sonore
  • MHEV efficace en ville
  • Polyvalence
  • Sièges arrière coulissants
Contre...
  • Virtual Cockpit peu flexible
  • Boutons du volant peu pratiques
  • Manque de caractère
  • Prix
  • Toujours plus grand (4,72 m vs 4,66 m)

Merci à Audi Suisse pour le prêt de cette Audi SQ5 (GU). 

Tous nos essais de A à Z :