ALFA ROMEO
JUNIOR
IBRIDA Q4

L’essai Sport-Auto.ch du 21 mai 2026

Rédaction : Nicolas Mari
Photographies : Nicolas Mari

Q4 : bien que ce sigle invoque désormais un modèle à part entière chez Audi, celui-ci provient à l’origine de la marque Alfa Romeo. De la 155 Q4 (1994) à la 159 Q4 (2005), ou encore plus récemment sur la Giulia Q4 (2016), il distingue les versions à transmission intégrale de la marque italienne. Ce sigle est même apparu chez Maserati, dans la Ghibli S Q4 et Quattroporte S Q4 par exemple. Le voilà maintenant attribué à l’Alfa Romeo Junior Ibrida, le petit SUV urbain hybride né avec la mission originelle d’apporter de nouveaux clients à la marque milanaise. Est-ce que ce lettrage participe à améliorer suffisamment la polyvalence de ce Junior ? Eléments de réponses dans cet essai printanier.

La Junior a le mérite d’offrir un style bien à elle et identitaire. Même de loin, on ne peut pas la confondre par rapport à un autre petit SUV. Le mérite est entre autres à faire valoir à la forme de l’arrière : la Coda Tronca est reconnaissable et offre une personnalité propre au véhicule. Quant à la face avant, elle a dû s’adapter aux nouvelles normes interdisant désormais les plaques placées à droite par rapport centre du véhicule, ce qui était un des grands signes distinctifs d’Alfa Romeo. Malgré la perte de cet élément identitaire et largement reconnaissable, la Junior garde sa calandre en triangle et propose un design suffisamment marquant. En revanche, aucune différence visuelle n’est à signaler par rapport à la version Ibrida à deux roues motrices, si ce n’est la présence d’un seul pot d’échappement au lieu de deux.

0-100km/h (s) : 9.1

Vmax (km/h) : 200

rapp. poids/puiss. (kg/ch) : 10.4

4×4
3 cyl. 1.2 l turbo
145 ch / 230 Nm
1’520 kg

La couleur Blu Navigli (CHF 1000.-) de notre modèle d’essai donne un bel effet à l’ensemble. Il faut dire que, depuis toujours, Alfa Romeo maîtrise les teintes tri-couches à effet premium. On apprécie également la finition des plastiques extérieurs brillants, au lieu de brut mat comme ce qui se fait couramment. L’unique exception se trouve vers les poignées de portes à l’arrière, où un effet 3D dans le plastique fait apparaître le Biscione d’Alfa Romeo. A signaler également que les phares proposent une excellente visibilité la nuit, digne du segment supérieur.

A l’intérieur, on retrouve certains matériaux durs, notamment dans les contreportes et à l’arrière, comme déjà mentionné dans nos essais précédents des versions Ibrida et Veloce. Les sièges de la Q4 disposent d’une finition rouge dégradé au centre, égayant un intérieur uniquement disponible en configuration noire. Côté infodivertissement, on retrouve les interfaces identiques à l’Abarth 600e par exemple, à la différence qu’ici l’écran central est orienté vers le conducteur, comme le veut la tradition dans les Alfa Romeo.

Quelques détails agréables à l’œil, comme les symboles du Biscione brodés sur les appuis-têtes ou encore les logos des aérateurs éclairés, flattent le regard. De plus, toutes les Junior Q4 sont équipées de sièges avant chauffants et… massants (compris dans le Pack Premium, de série). Un petit détail, mais qui est appréciable dans ce petit SUV taillé pour les trajets quotidiens. Le hayon électrique mains libres et la caméra de recul à 180° sont également de série. Cette dernière permet de compenser le manque de visibilité arrière pour les manœuvres. Le toit panoramique (CHF 1600.-) de notre modèle d’essai permet de rouler cheveux en vent et apporte une luminosité supplémentaire à l’habitacle. Les places arrières sont suffisamment spacieuses, mais demanderont aux passagers de bien baisser la tête pour s’y introduire, de façon similaire à un SUV coupé / fastback.

En ville, la Junior Ibrida Q4 est à l’aise et, comme son préfixe l’indique, sa motorisation hybride donne fréquemment la possibilité de rouler en propulsion 100% électrique. Elle reprend le même moteur 3 cylindres 1.2 l que la version Ibrida, avec un moteur de 21 kW intégré à la boîte de vitesses à double embrayage (eDCT6), ainsi qu’un autre moteur de 21 kW posé sur l’essieu arrière. Cela a une incidence sur la capacité du coffre, qui passe de 415 à 340 litres. Un système “Power Looping Technology” a été conçu pour s’assurer que la transmission Q4 fonctionne même lorsque la batterie est faible. Autre particularité : il n’y a pas de connexion physique entre les deux essieux, et donc l’augmentation de poids par rapport à la version Ibrida est plutôt faible. Nous avons mesuré un poids de 1’520 kg à vide (soit 140 kg de plus).

Sur autoroute, on ressent particulièrement peu de bruits d’air et, entre Berne et Zürich, trajets dans les centres-villes inclus, nous avons mesuré une consommation d’à peine 5,5 l/100 km : une bonne valeur pour un SUV à transmission intégrale. Le réservoir de 44 litres permettra donc une grande autonomie (plus de 670 km), et sa vitesse maximale de 200 km/h vous permettra de parcourir de longues distances rapidement si vous allez en Allemagne.

On reste cependant quand même plutôt déçus par le caractère du moteur, au bruit et vibrations pas à la hauteur de la meccanica delle emozioni, slogan d’Alfa Romeo. Mais voyons à présent comment ce petit SUV se comporte dans les courbes. Changer de mode de conduite (Advanced Efficiency, Natural, Dynamic, Q4) s’effectue non pas par une molette comme les Giulia ou Stelvio, mais par deux flèches cliquables qui demandent un certain temps de latence.

En Dynamic, la direction se raffermit et offre une meilleure sensation de contrôle. La Q4 inaugure une suspension arrière indépendante MultiLink, qui améliore la tenue de cap du véhicule dans les appuis. L’empattement court de 2,56 m aide à négocier les virages serrés et l’amortissement est bien calibré, la voiture n’étant jamais ferme pour les passagers. Mais, globalement et sans surprise, la Junior Q4 offre un comportement routier beaucoup moins précis que la Junior Veloce avec son différentiel autobloquant et ses 280 ch sur les roues avant.

Les accélérations sont suffisantes et le boost de la partie électrique est vif. Il intervient surtout à mi-régime. Le couple du moteur (230 Nm) n’est pas à aller chercher au sommet du compte-tours. Entre une pédale d’accélérateur appuyée à moitié et un kickdown, le couple et la poussée sont similaires. En revanche, en mode manuel la boite automatique à 6 rapports est plutôt lente, et les rétrogradages ne sont pas vifs. De plus, dans les descentes, le frein moteur est insuffisant et demande de solliciter trop souvent la pédale de gauche.

En revanche, la Junior Q4 accepte volontiers de s’aventurer hors des routes goudronnées. Le mode Q4 verrouille la transmission intégrale jusqu’à 30 km/h et permet de se hisser sans trop de difficultés sur des parcours vallonnés.
Malheureusement, pour le côté fun, on repassera : le contrôle de traction se réenclenche automatiquement à partir de 50 km/h et, de toute manière, hors conditions hivernales – que nous n’avons malheureusement pas pu expérimenter dans cet essai – la puissance de 145 ch ne serait pas assez élevée pour entretenir des éventuelles dérives.

L’Alfa Romeo Junior Q4 s’échange à partir de CHF 37’990.-, et notre version avec seulement deux cases d’options cochées (peinture et toit panoramique) s’affiche à CHF 40’590.- (déductible d’un Alfa Romeo Bonus de CHF 2500.-). Au delà de la Jeep Avenger 4xe (CHF 38’990.- à équipement équivalent) partageant sa base technique, on peut mentionner comme concurrentes la Toyota Yaris Cross Premium (130 ch, CHF 36’390.-) ou encore Suzuki Vitara AllGrip (129 ch, CHF 33’990.-).

L’avis de Sport-Auto.ch

L’Alfa Romeo Junior Q4 coche beaucoup de cases sur le papier : transmission intégrale, motorisation hybride sobre, taille adéquate pour les trajets quotidiens, équipement premium. Elle se positionne idéalement entre la sportivité de la version Veloce et la polyvalence de la version Ibrida. Un bon daily ? Pour qui cherche une petite voiture avec son propre style et permettant de faire de longs trajets sans consommer beaucoup, oui. De plus, le système Q4 vous donnera un petit coup de pouce (ou de boost) pour ne pas craindre les aléas des quatre saisons dans nos contrées alpines. On regrette cependant un manque d’âme mécanique et des sensations au volant assez filtrées… 

nicolas[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Style distinctif
  • Polyvalence
  • Direction précise
  • Haute vitesse de pointe pour son segment
  • Equipement de base complet
Contre...
  • Performances d’accélération
  • Boite automatique peu réactive
  • Privilégie la sécurité au plaisir de conduite pur
  • Visibilité arrière 

Merci à Alfa Romeo Suisse pour le prêt de cette Alfa Romeo Junior Ibrida Q4.

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