BUGATTI
CHIRON
PUR SPORT

Le reportage Sport-Auto.ch du 10 juillet 2020

Rédaction : Laurent Missbauer
Photographies : Bob de Graffenried

Après avoir établi l’an passé un nouveau record de vitesse avec la Chiron Super Sport 300+, une édition limitée à 30 exemplaires qui a enregistré une vitesse de pointe de 490,484 km/h, soit plus de 300 miles par heure (d’où son nom 300+), Bugatti propose désormais la Chiron Pur Sport, une version réservée à 60 exemplaires qui est avant tout axée sur l’agilité. Sport-Auto.ch a été convié à la découvrir chez Bugatti Genève.

La Chiron Pur Sport aurait dû être dévoilée en première mondiale lors du Salon de Genève en mars dernier. Celui-ci ayant été annulé en raison des mesures prises par la Confédération afin de lutter contre la propagation du coronavirus, Bugatti l’a successivement présentée dans différentes villes européennes dont notamment Paris, Londres et justement Genève !

Il est très exactement 10h35 lorsque Frédéric Manfrini et Olivier Evain, respectivement directeur de Bugatti Genève et directeur marketing, retirent l’élégante housse noire qui recouvrait jusqu’ici la nouvelle Chiron Pur Sport.

Celle-ci attire désormais toute la lumière des projecteurs et les flashes des photographes crépitent dans le showroom de Bugatti Genève inauguré il y a trois ans.

Par rapport à la Chiron « normale », si tant est qu’une Bugatti puisse être qualifiée ainsi, la Chiron Pur Sport pèse 50kg de moins. Cela ne constitue pas une diminution de poids exceptionnelle pour une voiture affichant un peu plus de 1’900kg sur la balance mais elle mérite tout de même d’être relevée. Il en va de même pour ses différents raffinements aérodynamiques, à commencer par un immense aileron arrière de 1,90m. Cet aileron étant désormais fixe et non plus amovible comme cela est le cas sur la Chiron « normale », quelques précieux kilos ont pu être gagnés en supprimant les composants hydrauliques qui permettaient son déploiement automatique. L’imposant aileron fixe, de même que les nouveaux pneus haute performance Sport Cup 2 R de Michelin, des 285/30 R20 à l’avant et des 355/25 R21 à l’arrière, assurent une adhérence extrême. « Cela même à une vitesse très élevée dans les courbes », nous assure Frédéric Manfrini (ci-dessous au volant de l’hypercar française).

« Avec la nouvelle Chiron Pur Sport, Bugatti vise une clientèle hypersportive qui attache une grande importance non seulement à des valeurs d’accélération sensationnelles mais également à une certaine agilité et à une conduite particulièrement dynamique dans les virages. La Chiron Pur Sport a ainsi été conçue pour offrir encore davantage de plaisir dans les parcours sinueux », nous détaille Frédéric Manfrini. Et ce plaisir est facturé un demi-million d’euros de moins que la Chiron Super Sport 300+, à savoir 3 millions d’euros au lieu de 3,5 millions d’euros. La Chiron « normale » est quant à elle affichée à 2,5 millions d’euros.

Afin que la Chiron Pur Sport accélère plus rapidement que la Chiron « normale » sans augmenter sa puissance phénoménale de 1’500 chevaux, Bugatti a développé une nouvelle transmission avec des rapports très rapprochés. Les ingénieurs de la marque ont par ailleurs augmenté le régime maximal du moteur W16 de 8 litres de 200 tours, de sorte qu’il atteint désormais 6’900 tours/min. Si les gains de temps dans les exercices du 0 à 100 km/h et du 0 à 200 km/h sont moindres par rapport à la Chiron « normale » (2,3 secondes contre 2,4 et 5,9 secondes au lieu de 6,1), le 0 à 300 km/h est en revanche effectué en 12,4 secondes au lieu de 13,1.

C’est toutefois au niveau de l’élasticité que les progrès sont les plus nets. Les reprises sur le 6ème rapport de 60 à 100 km/h et de 60 à 120 km/h sont beaucoup plus rapides, à savoir 3,4 secondes (au lieu de 5,7) et 4,4 secondes (au lieu de 7,4). « Globalement, les valeurs d’élasticité sont supérieures de 40% par rapport à celles de la Chiron. C’est exceptionnel », s’enthousiasme Olivier Evain (en photo ci-dessus). Le revers de la médaille est que la vitesse de pointe n’est plus de 420 km/h mais de 350 km/h, une vitesse limitée électroniquement.

Mais à qui donc s’adresse la Chiron Pur Sport ? « A des clients qui sont déjà propriétaires d’une Veyron ou d’une Chiron mais également à des clients qui n’ont pas encore de Bugatti. Ils possèdent en général déjà plusieurs supercars et désirent une voiture qui soit plus facilement utilisable au quotidien que par exemple une Porsche 918 Spyder ou une Ferrari LaFerrari », répond Frédéric Manfrini qui sait de quoi il parle. La Porsche 918 Spyder que nous avons vue dans les locaux du Groupe Chevalley à proximité de Bugatti Genève appartient en effet à un client Bugatti ! Et la concession genevoise de la marque chère à Ettore Bugatti compte parmi ses clients plusieurs collectionneurs de Bugatti. Nous y avons d’ailleurs vu une très rare Bugatti EB 112 à quatre portes de 1993. « Il n’existe que trois exemplaires de ce prototype et celui que vous avez vu chez nous est le seul à bénéficier d’une immatriculation », relève Frédéric Manfrini.

Pour en revenir à la Chiron Pur Sport, on relèvera que celle qui nous a été présentée à Genève disposait de nouvelles jantes en magnésium, plus légères de quatre kilos. Ces jantes se distinguent par la présence d’ailettes aérodynamiques du plus bel effet. Il s’agit cependant d’une option facturée à quelque 50’000 euros. La Pur Sport se différencie des autres Chiron également par ses lignes. A l’avant, les entrées d’air sont plus importantes et le spoiler plus long. La Chiron Pur Sport propose par ailleurs une nouvelle peinture en option avec la partie inférieure de la carrosserie revêtue de carbone. A l’arrière, en plus de l’aileron fixe déjà évoqué, le diffuseur est de plus grande dimension.

A l’intérieur, les spécialistes de Bugatti ont opté pour l’Alcantara, cela afin notamment d’économiser du poids. Quant aux coutures bleues qui ornent l’Alcantara, elles offrent des touches de couleur bienvenues.

Un des plus grands changements de la Chiron Pur Sport réside cependant dans son châssis. On note ainsi un carrossage négatif de 2,5 degrés pour une nette augmentation de la performance. Afin d’intégrer les réglages négatifs du carrossage, les ingénieurs de Bugatti ont développé de nouvelles rotules de suspension. Quant au nouveau mode de conduite ESC Sport+, il permettrait « de dépasser les attentes des conducteurs les plus chevronnés », selon Jachin Schwalbe, en charge du développement de la Pur Sport. Ce mode autorise par exemple un angle de dérive beaucoup plus important que sur la Chiron.

Enfin, la boîte DSG à double embrayage s’adapte aussi bien à une conduite très sportive qu’à une conduite plus tranquille, par exemple en ville. D’ailleurs, un des conducteurs de Bugatti qui avait effectué le plus de kilomètres au quotidien au volant d’une Veyron, était une conductrice ! En l’occurrence Ursula Piëch, l’épouse de Ferdinand Piëch, l’ancien grand patron d’Audi et de VW qui, après avoir intégré les marques Bentley et Lamborghini au groupe Volkswagen, avait également acheté Bugatti en 1998.

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