RENAULT
TWINGO
E-TECH

L’essai Sport-Auto.ch du 2 avril 2026

Rédaction : Nicolas Mari
Photographies : Nicolas Mari, Renault

Twist, Swing et Tango. En 1993, ces trois mots joyeux se sont rejoints sous la forme d’une automobile qui allait marquer son époque : la Twingo. Avec sa « bouille de grenouille » et son habitabilité révolutionnaire pour l’époque, Renault proposait une voiture à mi-chemin entre un monospace et une citadine. Depuis, le marché automobile a radicalement changé et c’est désormais avec une motorisation électrique que cette fameuse citadine revient sur nos routes, dans sa 4ème génération. Avec cette nouvelle Twingo E-Tech Electric, Renault souhaite désormais « redéfinir les standards du segment A ». Pour cela, une approche essentielle à la voiture, centrée sur les besoins réels de sa clientèle cible, sans imposer de surpoids inutile au véhicule, a été visée. Par cette formule, est-ce que le constructeur français a réussi à rendre cette voiture suffisamment attachante ? Direction Ibiza pour le découvrir. 

Avec la Twingo E-Tech, la marque au losange étend sa gamme de « ressuscitées ». Inaugurée par la Renault 5 E-Tech Electric, cette nouvelle stratégie commerciale fait renaître les modèles iconiques de la marque sous la forme de voitures modernes à motorisation électrique. C’est Luca de Meo (ex directeur Renault de 2020 à 2025) qui a décidé cette approche. Rappelons-le, c’est également lui qui avait relancé la Fiat 500 et la marque Abarth, quand il était directeur de ces marques de 2004 à 2009, avec le succès qu’on a connu. Développée en moins de 2 ans, cette Twingo E-Tech est le résultat d’un cahier des charges résumé en quelques adjectifs : pratique, accessible, émotionnelle et ludique.

Côté look, difficile de ne pas reconnaître les gimmicks stylistiques de son aïeule. La silhouette monovolume est remise au goût du jour, et les phares à l’avant et à l’arrière reprennent le dessin des projecteurs originaux. Les trois prises d’air identitaires trônant sur le capot avant sont reprises, mais de manière fermée et en intégrant le réservoir de lave-glace. Les ingénieurs ont également soigné l’aérodynamique, avec un contour de lunette arrière en proéminence et des ailettes sur les phares arrières qui maintiennent le Cx à 0.656. Avec sa teinte Jaune Mango (de série) et ses jantes de 18 pouces au dessin soigné, notre modèle dégage un capital sympathie évident au premier regard !

0-100km/h (s) : 12.1

Vmax (km/h) : 130

rapp. poids/puiss. (kg/ch) : 14.6

traction
1x moteur électrique
82 ch / 175 Nm
1200 kg

Praticité et accessibilité sont les notions qui dominent à l’intérieur. Malgré les petites dimensions de la voiture (3.79 m de longueur), l’habitacle a été conçu avec une modularité maximale. Le dossier du siège avant gauche rabattable permet par exemple de transporter des objets pouvant atteindre jusqu’à 2 m de long. Quant aux sièges arrière, ils peuvent coulisser sur 17 cm, et de manière individuelle, contrairement aux anciennes générations. Si ceux-ci sont avancés, ils libèrent un volume de coffre arrière de 360 litres : des valeurs qui se approchent des voitures du segment B.

Le tableau de bord semble à première vue assez imposant et haut. Il dispose ici d’inserts en couleur carrosserie, amenant de la gaité à l’ensemble. L’écran conducteur de 7 pouces dispose d’une interface très simpliste et l’écran central de 10.1 pouces intègre un système OpenR Link avec Google intégré. On a même accès à un assistant « Reno » relié à ChatGPT, ainsi qu’à une multitude d’applications intégrées via Google Play. Mais, d’ailleurs, pourquoi utiliser des applications installées directement sur le véhicule ? Outre le fait de bénéficier de la prévision d’autonomie intégrée sur les parcours guidés, Renault nous explique que cela permet de ne pas avoir besoin d’utiliser son smartphone en roulant, et également éviter toute surchauffe de celui-ci.

Dans les rues d’Ibiza, la Twingo est sans surprise agréablement maniable : son rayon de braquage est de 9.87 m. C’est légèrement supérieur à la précédente Twingo GT (8.6 m, grâce à son moteur placé à l’arrière), mais c’est amplement suffisant. Le confort est globalement bon et les gendarmes couchés – omniprésents sur les routes de cette île – sont avalés sans vous martyriser les lombaires.
Ibiza oblige, si vous souhaitez écouter du bon son pour vous imprégner de l’ambiance locale, le système audio Arkamys à 6 haut-parleurs est de série pour ravir vos oreilles. Put your hands up in the air ! Enfin… pas vraiment : la nouvelle Twingo ne dispose plus de toit ouvrant comme son aïeule.

En cohérence avec la philosophie du véhicule, Renault a équipé la Twingo avec une batterie abordable et dimensionnée par rapport aux besoins réels des utilisateurs (27.5 kWh de capacité nette). L’autonomie WLTP annoncée est de 263 km, et nous avons mesuré une consommation réelle de 14.2 kWh/100 km sur nos parcours entresemés de séances photo.

Avec une puissance de 82 ch et un couple de 175 Nm, la Twingo annonce un 0-50 km/h en 3.85 secondes, ce qui est idéal pour s’intégrer sans souci dans le trafic urbain. Il vous faudra par contre 12.1 secondes pour arriver à 100 km/h. De plus, avec sa vitesse maximale de 130km/h, la Twingo 4 est la lanterne rouge par rapport à toute sa lignée. C’est cependant suffisant pour la majorité des autoroutes. Ça tombe bien, à Ibiza il n’y en a… pas.

Nous arrivons maintenant sur les routes côtières d’Ibiza, serpentant entre les criques vidées de leurs touristes de haute saison. Mode sport ? Non, non, bande de foufous ! Ici, rien de tout cela, la Twingo se conduit « au naturel ». Basée sur la plateforme « RGEV small », reconnue pour son agilité, elle reprend le même train avant que sa grande soeur, la Renault 5. Autre technologie typique du segment supérieur accessible ici : les palettes au volant qui permettent de régler le mode de régénération, ce qui est très utile pour les descentes raides.

Grâce à sa légèreté (1200 kg à vide), la Twingo se conduite sans arrières pensées. Dans les montées elle rappelle parfois, d’une certaine manière, des sensations d’autrefois, où la puissance modeste des voitures vous obligeait à optimiser votre élan dans les virages pour éviter les (longues) remises en vitesse. En gros : si vous voulez (vraiment ?) rouler de manière véloce, elle remet au centre le talent du conducteur. Une spécificité devenue presque rare dans la production actuelle, où l’assistance au conducteur est devenue omnicentrale et les véhicules disposent globalement de puissance largement suffisante. La Twingo ne lésine cependant pas sur la sécurité, avec 24 systèmes d’aide à la conduite ADAS disponibles. Le conducteur a toutefois le choix de les désactiver, tout comme l’ESP.

La Renault Twingo E-Tech Techno testée ici est disponible à partir de CHF 20’900.-, et une version à CHF 18’900.- (Evolution, avec jantes 195/60 R16) est également disponible au catalogue. En Suisse, le pack « Advanced Charge » avec chargeur AC 11 kW et charge rapide DC 50 kW est proposé de série sur toutes les versions. Il permet de passer de 15 à 80% de recharge en 28 minutes.

Cette Twingo peut en soi être vue comme une sorte de réponse au surpoids et à la complexité des autres voitures citadines électriques actuelles, dépassant souvent les 1600 kg. Cela passe aussi par des décisions ultra rationnelles au moment de la conception du véhicule, comme le fait de se tourner vers une grande partie de fournisseurs basés en Chine, à commencer par la batterie. Environ 40% de la valeur du véhicule est liée à des composants chinois, selon les responsables que nous avons interrogés. Les raisons ? La maîtrise des coûts et rapidité de conception, rodés avec des méthodes et écosystèmes de fournisseurs actuellement « les meilleurs », pour proposer un prix d’achat compétitif. La voiture est cependant assemblée en Europe, à Novo Mesto en Slovénie.

L’avis de Sport-Auto.ch

La nouvelle Twingo E-Tech est une voiture censée, caractérielle et dont l’approche pragmatique est convaincante. Révolutionnaire ? Pas tout à fait. La Twingo 1 laissait la possibilité « d’inventer la vie qui va avec », quitte à traverser le désert comme à l’occasion du « Twingo Raid », qui a toujours lieu actuellement. Avec un rayon d’action dicté par une autonomie modeste, il sera difficile de rééditer ce genre d’épopée avec la Twingo E‑Tech. Peu importe, elle sera surtout utilisée comme 2ème ou 3ème véhicule du foyer. Grâce à sa formule joviale, elle se montre pertinente pour égayer les trajets citadins ou journaliers, et constitue assurément une proposition intéressante pour qui cherche une citadine spacieuse, vive et taillée pour le quotidien.

nicolas[@]sport-auto.ch

Merci à Renault Suisse pour leur invitation aux essais presse de la nouvelle Twingo E-Tech Electric à Ibiza. 

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