Le team WRT frappe fort devant son public ce week-end à Spa-Francorchamps. Le team germano-belge franchit l’arrivée aux deux premières places à l’issue d’une course riche en rebondissements. Ils ne sont cependant pas les seuls à marquer l’histoire : Peugeot a inscrit pour la première fois le meilleur temps des qualifications, à l’issue d’une séance difficile pour les favoris. En LMGT3, la McLaren n°10 prend sa revanche après une amère première manche du championnat en battant sur le fil la Ferrari n°21.
Une image rare s’est dessinée vendredi en qualifications : parmi les cinq voitures favorites (Ferrari et Toyota), une seule est parvenue à se hisser dans le top 10. Ce sont donc des voitures plus inhabituelles qui se sont élancées aux avant-postes, emmenées par la 9X8 de Jakobsen, Pourchaire et Duval. Les excellentes performances des Alpine, troisième et quatrième, ainsi que celles des Aston Martin, sixième et septième, sont également à souligner.
Ces résultats, relativement extraordinaires, ont naturellement relancé les débats autour de la BOP (Balance of Performance), dont les paramètres ne sont plus rendus publics depuis peu. Bien que ces informations restent confidentielles, il est difficile de ne pas faire le lien entre ce bouleversement de la hiérarchie et les ajustements effectués ce week-end. Une chose est toutefois certaine : la bataille en piste est bien réelle et, malgré une hiérarchie plus imprévisible que jamais, le spectacle est assuré.
Samedi, la course n’a pas été de tout repos, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Le V8 de la Cadillac n°12 la propulse à la première place aux dépens du bon envol de Loïc Duval dans la Peugeot tandis que, derrière, le Danois Kevin Magnussen bondit de la 10e à la 5e position. La première rencontre des pelotons Hypercars et GT ne se fait pas sans dégâts : la Cadillac n°38 est contrainte à l’abandon suite à un contact avec une Porsche, puis le mur.
La première salve d’arrêts au stand voit la hiérarchie chamboulée. La BMW n°20, avec désormais René Rast à son volant, mène la course, poursuivie par la Toyota n°8 de Brendon Hartley, les deux écuries ayant opté pour une stratégie aux relais plus courts. L’Alpine n°35 prend alors le dessus pour la dernière marche du podium sur Louis Delétraz à bord de la Cadillac n°12. L’Helvète, peu aidé par une pénalité de cinq secondes pour sortie de piste, se voit alors lentement dégringoler dans le classement.
Vient ensuite le tournant de la course : sans échappatoire, le poleman Malthe Jakobsen percute l’Iron Lynx n°79 en perdition, le contraignant à l’abandon. La sortie de la safety car fait cependant les affaires de la BMW n°20 et de la Toyota n°8, passée entre les mains expertes de Buemi. Les deux voitures profitent alors d’un arrêt effectué dans une fenêtre idéale, ce qui leur permet de se maintenir en tête de la course. La pression de Vanthoor et Fuoco sur le Vaudois lui fait perdre un temps précieux et l’oblige à modifier sa stratégie avec un arrêt supplémentaire aux stands, au bénéfice de la BMW devant lui.
À une heure de l’arrivée, un nouvel événement marquant vient troubler la course. La BMW M4 n°32 (LMGT3), en bataille avec une Porsche, percute au premier virage la Ferrari championne du monde, l’obligeant à abandonner. La safety car est à nouveau de sortie et ne rentrera que pour une courte durée : l’Aston Martin n°009 d’Alex Riberas fait une impressionnante sortie de piste, heureusement sans gravité pour le pilote. La course est alors réduite à un sprint de 25 minutes. Frijns, dans la BMW en tête, creuse l’écart sur Magnussen dans la voiture sœur remontée à la deuxième place. Derrière eux, la bataille fait rage pour la troisième place : la Ferrari n°50 ainsi que l’Aston Martin n°007 — oui, l’Aston Martin — sont en embuscade.
Magnussen, fort de son expérience, parvient à conserver sa position devant un Antonio Fuoco qui aura tout tenté, mais qui semblait manquer de vitesse de pointe, cruciale à Spa. La BMW n°20 franchit alors la ligne devant la n°15, la Ferrari n°50 venant compléter le podium. Derrière, Aston Martin signe son meilleur résultat en course avec une magnifique 4e place tandis que la Toyota n°7 franchit la ligne en 5e position. La Toyota de Buemi, après s’être battue aux avant-postes, finit seulement à la 10e place.
Le prochain rendez-vous du WEC sera désormais les légendaires 24 Heures du Mans. À un mois de l’épreuve mancelle, une chose semble certaine : avec une hiérarchie plus ouverte que jamais, le spectacle devrait être au rendez-vous les 13 et 14 juin prochains.
Crédits photos : Firmin Thurre, Jean-Luc Patars, Sport-Auto.ch



