ROADTRIP
3’000 KM EN SEAT
LEON ST e-HYBRID

Le reportage Sport-Auto.ch du 31 mars 2026

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Bob de Graffenried

 

Le printemps a commencé, et avec lui l’envie de planifier de nouvelles escapades balnéaires. C’est dans ce contexte que nous vous emmenons aujourd’hui pour un voyage de 18 jours et plus de 3’000 km entre la Suisse et le nord-ouest de la France. La voiture qui nous a été mise à disposition par Seat Suisse pour cette mission particulière est la Seat Leon ST e-Hybrid de 204 chevaux dont vous pouvez lire notre essai détaillé ici. Perçue comme un non-sens pour certains automobilistes, l’hybride rechargeable va-t-elle réussir à tirer son épingle du jeu même lorsqu’elle ne sera pas rechargée ? Ou au contraire, sa batterie va-t-elle être un poids mort qui augmente la consommation de carburant ? Réponse sans plus tarder.

Retour en juillet 2025. J’ai pris soin de charger complètement la batterie de 25,8 kWh de la Seat à l’aide du chargeur domestique, car ce sera peut-être ma seule chance de pouvoir tester son autonomie en mode électrique. Je devrai en effet restituer le véhicule dès que nous serons rentrés, dans un peu plus de deux semaines. Le coffre de 470 litres (150 litres de moins que dans les modèles thermiques) est archi plein, mais l’essentiel est sauf : les ados ont réussi à embarquer leur bodyboard, gage de plaisir dans les vagues de l’Atlantique. Grâce au hayon manuel, nous ne craignons pas d’abîmer un quelconque mécanisme motorisé en poussant ce dernier contre notre chargement… 

Notre première étape va nous mener jusqu’au circuit du Mans afin d’assister à la célèbre course du Mans Classic, laquelle se déroulera par une météo très variable. Le départ se fait donc en mode électrique. Après avoir passé la frontière à Vallorbe, nous traversons le Jura français jusqu’à notre première pause, au marché de Poligny. Ce n’est qu’à Montrond que la Seat a vidé toute la batterie, à 123 km de notre domicile. Malgré la présence de quatre personnes et des bagages, la consommation est restée correcte avec 16,6 kWh/100 km sur cette portion vallonée comprenant 38 km d’autoroute.

Le soleil est de retour pour notre deuxième étape qui nous mène du Mans jusqu’à Roscoff (370 km). Sur un tronçon de 194 km d’autoroute à une vitesse moyenne de 100 km/h, la consommation est de 7.1 l/100 km ; une valeur sans doute légèrement supérieure à celle d’un break essence affichant les mêmes performances. Mais l’hybride rechargeable ne va pas tarder à se rattraper, en ne consommant que 5,9 l/100 km sur les 90 km de l’étape suivante reliant Roscoff à Saint-Guirec, alors que la vitesse moyenne n’a été que de 36 km/h ! Dans ce contexte où une transition se fait régulièrement entre propulsion électrique et thermique, on pourrait craindre que des saccades surviennent, mais ce n’est pas le cas. Il faut toutefois être attentif à cela avant l’achat car certains modèles à double motorisation peuvent faire ressentir des soubresauts (cela est donc également valable pour les « full hybrides »).

Après deux nuits passées à Saint-Guirec sur la côte de granit rose, nous allons faire escales à Ploubazlanec puis à Saint-Malo en longeant la côte entre Sables d’Or les Pins et Fort la Latte. Là encore, et bien que nous cumulions les arrêts et n’adoptions pas toujours une conduite écologique, la consommation s’avère plus que raisonnable pour une voiture de 204 ch chargée à bloc : 5,7 l/100 km à 48 km/h de moyenne ! Même un diesel ne ferait pas forcément mieux, avec le désavantage d’émettre bien plus de CO2 en ville et de ne pas pouvoir être rechargé pour rouler sans émissions sur plus de 100 km.  

Après avoir profité de la fête et des feux d’artifice du 14 juillet depuis les remparts de Saint-Malo, nous reprenons la route en direction du Mont-Saint-Michel. Arrivé dans notre hôtel, je m’aperçois que j’ai oublié le chargeur de mon appareil photo à Saint-Malo… Je suis dès lors contraint d’y retourner, mais cette fois seul et par l’itinéraire le plus rapide. Le GPS embarqué s’avère précis et fournit de bonnes informations sur les routes barrées ou à trafic dense… ce qui s’avère très utile pour rallier le centre de Saint-Malo en plein été.

C’est sur cet aller-retour que la Seat Leon ST e-Hybrid aura été la plus sobre avec une consommation de 5,4 l/100 km malgré une prépondérance de semi-autoroute à 110 km/h. Et pour cause, la voiture se trouvait délestée de plus de 200 kg, ma femme, mes enfants et les bagages étant à l’hôtel !

Notre prochain hébergement se situe à Omonville-la-Rogue, près de Cherbourg, en Normandie. De là, nous profitons à nouveau d’un dépaysement total en faisant du char à voile sur la plage de Sciotot, en nous rendant aux dunes de Biville par une route non goudronnée ou encore en nous baladant le long du littoral près des phares de la Hague et de Gatteville.

Notre dernière escale sur la côte atlantique se situe à Saint-Aubin-sur-Mer, non loin des plages du débarquement. C’est lors de cette étape que nous avons l’occasion d’effectuer l’unique recharge de la batterie durant le voyage, ayant trouvé une borne de recharge par hasard sur le parking du musée du Dead Man’s Corner. Cette fois, la distance parcourue en mode électrique sera inférieure avec 104 km pour une consommation de 19,4 kWh/100 km.

Les vacances touchent à leur fin, la traversée « retour » est lancée… Après une étape intermédiaire à Fontainebleau, nous enchaînons avec 326 km d’autoroute pour une consommation de 7.0 l/100 km à 111 km/h de moyenne (en ayant roulé à 130 km/h partout où cela était possible). On note au passage que si le réservoir de cette version hybride plug-in est plus petit (40 litres au lieu de 45 litres), sa consommation raisonnable nous tout de même permis de parcourir généralement plus de 500 km avec un plein sans puiser dans la réserve.

Conclusion

Une fois notre domicile regagné, la consommation moyenne est de 6.0 l/100 km sur une distance de 3’096 km. En soustrayant les 227 km parcourus en mode électrique, la consommation d’essence est de 6.5 l/100 km pour les 2’868 km parcourus sans l’avoir rechargée. Pas mal pour un break essence de 204 ch avec des conditions d’essai qui n’étaient pas les plus favorables !

Même lorsqu’elle n’est pas branchée, la batterie fait plus que de compenser son poids, l’énergie emmagasinée lors des décélérations étant restituée pour rouler en électrique, faisant ainsi baisser la consommation. Evidemment, choisir une voiture hybride rechargeable sans avoir l’intention de la recharger n’aurait pas de sens. Dans ce cas, mieux vaut opter pour un modèle « full hybride » doté d’une batterie beaucoup plus petite. Cette expérience démontre néanmoins que partir en vacances avec une voiture hybride plug-in ne se soldera pas par une consommation démesurée, bien au contraire !

En dehors de son efficience, la Seat Leon ST e-Hybrid s’est avérée être la voiture idéale pour ce genre de voyage. Spacieuse, pratique (avec son coffre manuel), confortable sans être pataude, elle a également l’avantage de ne pas être ostentatoire, ce qui nous a permis de nous parquer n’importe où sans appréhension. Rendez-vous dans notre essai complet pour davantage de photos et détails sur ses équipements et son tarif.

Note aux détracteurs : la consommation a été vérifiée à la pompe lors de chaque plein, la Seat étant disposée de trois mémoires de trajet, dont une « depuis le ravitaillement ». Comme sur la plupart des véhicules du groupe VW, la consommation réelle est conforme à celle affichée par l’ordinateur de bord.

Remerciements

Merci à Seat Suisse pour le prêt de cette Seat Leon ST FR e-Hybrid.

Tous nos essais de A à Z :