ASTON MARTIN
DBX S

L’essai Sport-Auto.ch du 12 février 2026

Rédaction : Nicolas Mari
Photographies : Nicolas Mari, Marcus Werner / Aston Martin

A quelques jours du début des Jeux Olympiques d’hiver de Milan – Cortina 2026, nous nous retrouvons au cœur des Dolomites pour essayer ce qui n’est pas moins que le SUV à moteur 100% thermique le plus puissant du marché : l’Aston Martin DBX S. Comment se comporte-t-il sur les routes sinueuses entre les célèbres massifs rocheux italiens ? Eléments de réponse. 

 

Le DBX S adopte une allure imposante et racée, notamment avec sa grande calandre avant semblant vouloir dévorer le bitume, voire “dominer les Dolomites” selon les mots des responsables de la marque. Sa structure alvéolée réduit la masse à l’avant de 3 kg, tout en augmentant le flux d’air pour le refroidissement. A l’arrière, la partie inférieure intègre des sorties d’échappement verticales soulignant l’agressivité du véhicule. Dans ce nouveau DBX S, Aston Martin a cherché à supprimer du poids aux endroits stratégiques : la voiture peut être configurée avec un toit en carbone (3.8 m2), permettant un gain de 18 kg et par conséquent abaissant le centre de gravité de ce grand SUV (1.68 m de hauteur). La marque propose également des jantes en magnésium de 23 pouces, libérant jusqu’à 19 kg de masse non suspendue. Etant donné la nécessité de circuler en pneus hiver, nous disposons sur notre véhicule d’essai de jantes 22 pouces.

0-100km/h (s) : 3.3

Vmax (km/h) : 311

rapp. poids/puiss. (kg/ch) : 7.18

4×4
V8 4.0 l biturbo
727 ch / 900 Nm
2198 kg

L’intérieur du DBX S nous plonge dans un monde de raffinement à l’anglaise, avec cuirs particulièrement qualitatifs et finitions remarquables. L’ergonomie progresse par rapport au DBX 707 que nous avions essayé en 2024. Par exemple, les boutons de sélection de vitesse situés au-dessus de l’écran central ont été remplacés par un petit levier, plus conventionnel, sur la console centrale. Sur celle-ci, des molettes et boutons au toucher agréable permettent de contrôler les fonctions principales du véhicule (climatisation, échappement, hauteur de caisse, désactivation des aides à la conduite, etc) sans devoir perdre de temps à passer par l’écran.

Aston Martin inaugure le nouveau système d’infodivertissement “Apple Carplay Ultra”, qui est capable de prendre en charge l’ensemble de l’affichage numérique du véhicule. Dans notre exemplaire, même l’interface face au conducteur est configurée avec les graphismes Apple. Même si la clarté des informations est adaptée aux trajets du quotidien, on regrette l’absence du régime moteur sur la jauge du compte-tours stylisée. Un autre mode reprenant les compteurs conventionnels d’Aston Martin est toutefois disponible. Par ailleurs, l’absence d’affichage tête haute (même en option) étonne à ce niveau.

Voici venu le moment d’appuyer sur le (vrai) bouton “Engine Start”. Le V8 gronde, mais se montre docile durant la prise en main. La visibilité périphérique est plutôt bonne et permet d’admirer les célèbres sommets rocheux des Dolomites. Mais c’est surtout les prochaines courbes de ces routes étroites qu’on observe et analyse. Le DBX S s’en sort bien, malgré sa largeur de 2.17 m (avec rétroviseurs).

Le cœur de l’Aston Martin DBX S est animé par un V8 4.0 implanté en position centrale avant. L’augmentation de puissance par rapport au DBX 707 s’explique par de nouveaux turbos provenant de la Valhalla. On entend plutôt bien leur souffle lors des accélérations en pleine charge. En revanche, le 0-100 km/h reste à 3.3 sec, comme la version 707. Nous allons le voir : le DBX S est surtout conçu pour montrer ses atouts dans les virages. Ça tombe bien, il y en a plein jusqu’au Passo Sella, notre prochaine étape.

Au fil de la route slalomant près des pistes de ski de Val Gardena, on teste les différents modes de conduite (Individual, GT, Sport, Sport+, Offroad). En Sport+, la sonorité du V8 devient très présente à bord, le système d’échappement modifié amplifiant davantage le caractère du V8. En effet, contrairement à Ferrari par exemple, Aston Martin produit moins de 10’000 voitures par an… et bénéficie donc de normes de bruit moins restrictives sur sa production automobile ! Les modes Sport et Sport+ imposant une pédale d’accélérateur extrêmement sensible, nous privilégions le mode GT dans les environnements urbains, où les relances sont fréquentes.

Le mode Offroad offre quant à lui des capacités de franchissement surprenantes pour un SUV de 727 ch. Les suspensions pneumatiques sont capables d’élever le DBX S de 45 mm. La motricité sur la neige est bonne et les pentes raides (sur neige tassée) sont franchies sans problèmes.

Notre shooting photo improvisé ayant pris plus de temps que prévu, ma prochaine mission est claire : retourner à notre point de départ avant 16 heures. La descente vers Val Gardena s’effectue rapidement. En tant que skieur assidu, je sens que les transferts de masses dans les appuis sont bien maîtrisés. Même si le DBX S est haut sur pattes, on n’a pas la sensation de subir la voiture. Grâce à ses barres antiroulis actives, la voiture ne prend jamais plus de 1.5 degrés de roulis. L’absence de roues arrières directrices est en partie compensée par un différentiel électronique arrière (eDiff), qui gère le couple roue par roue pour “pousser” la voiture vers l’intérieur du virage. Quant à la direction, elle est très directe et donne confiance. De plus, les freins céramiques (420 mm à l’avant et 390 mm à l’arrière) montrent un bon mordant et une bonne progressivité. 

Voilà que la dernière montée approche. No time to die : je bascule en ESC Off afin de ne pas être bridé par l’antipatinage dans les sorties d’épingles. Ludique sans être piégeur, le DBX S avale les courbes sans broncher. Le V8 vrombit, souffle, rugit. Nous l’avions déjà relevé dans le DBX 707 : l’agrément moteur/boîte est excellent. Cette symbiose mécanique provoque des sourires que peu de SUVs arrivent à générer. Les (rares) lignes droites sont expédiées comme dans une machine à remonter le temps, grâce à l’impressionnante allonge du moteur. Verdict : 16h00, notre DBX S est parqué à destination. Mission completed !

L’avis de Sport-Auto.ch

Disponible à partir de CHF 274’300.- en Suisse, l’Aston Martin DBX S se montre comme un SUV performant, bien fini et enthousiasmant à conduire. Engagée en F1 depuis maintenant 6 ans, la marque anglaise se donne de la peine pour offrir des produits aboutis et attachants pour sa clientèle. Est-ce que ce DBX S sera le tout dernier SUV 100% thermique de la marque ? Il est encore trop tôt pour le dire. Quoi qu’il en soit, il s’est montré à l’aise dans les virolets des Dolomites et, par les émotions qu’il procure au volant, il ravive toujours autant la flamme des amateurs de sensations mécaniques authentiques.

nicolas[@]sport-auto.ch

Merci à Aston Martin Europe pour leur invitation à découvrir l’Aston Martin DBX S dans les Dolomites. 

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