Dans l’atmosphère électrique des Six Heures de Watkins Glen, Cadillac Whelen a vécu un week-end parfait. Déjà la plus rapide aux essais puis auteure de la pole position, la Cadillac V-Series.R n°31 a confirmé sa domination en remportant une victoire pleine de maîtrise au terme d’une course animée, marquée par neuf neutralisations et une intensité constante sur le mythique circuit de l’État de New York.
Au volant dans les derniers relais, Jack Aitken semblait intouchable. Le Britannique comptait plus de sept secondes d’avance lorsque l’ultime drapeau jaune est sorti dans le dernier tour, gelant définitivement la hiérarchie. Après la désillusion de l’an dernier, lorsque l’équipe avait vu la victoire s’envoler dans les derniers instants pour un problème d’essence, ce succès avait un goût de revanche.
Associés à Earl Bamber et Frederik Vesti, Aitken et la Cadillac n°31 ont survolé l’épreuve en menant 143 des 182 tours disputés. Cette victoire permet également à l’équipage de prolonger une impressionnante série de huit podiums consécutifs en catégorie GTP, un record dans l’ère moderne de l’IMSA.
Derrière eux, l’Acura Meyer Shank Racing n°93 de Nick Yelloly, Renger van der Zande et Kaku Ohta a tenté de maintenir la pression jusqu’au bout, sans jamais réussir à réellement menacer la Cadillac. Mais la performance marquante est venue de Laurin Heinrich et de la Porsche 963 n°5 du JDC-Miller MotorSports. Longtemps retardée et même reléguée à un tour, la Porsche a signé une remontée spectaculaire. Dans les treize dernières minutes, Heinrich a dépassé la BMW n°24 de Sheldon van der Linde pour arracher la troisième place du podium.
La course a pourtant été loin d’être tranquille pour les leaders. Dans les rapides Esses, Earl Bamber a frôlé la catastrophe après un léger contact avec une Ferrari GTD à environ 90 minutes de l’arrivée. Plus tôt, l’autre Acura officielle, la n°60, avait déjà été impliquée dans un accrochage confus sous régime de neutralisation avec l’Aston Martin Valkyrie et une Corvette GTD.
Dans ce contexte chaotique, la régularité et l’exécution sans faille de Cadillac ont fait la différence. « La voiture était fantastique aujourd’hui », résumait Aitken après l’arrivée. « Nous avons simplement géré le trafic et pris soin de la voiture jusqu’au bout. »
AO Racing renaît en LMP2
Le retour des LMP2 après trois mois d’absence a offert un véritable thriller. Les champions en titre d’AO Racing ont décroché leur première victoire de la saison avec l’ORECA n°99 de Dane Cameron, PJ Hyett et Jonny Edgar.
À 45 minutes de l’arrivée, Cameron semblait filer vers un succès tranquille avec plus de cinq secondes d’avance. Mais Alex Quinn, au volant de la CrowdStrike Racing n°04, est revenu à grande vitesse dans les derniers tours. Lorsque le drapeau jaune est sorti à deux boucles de la fin, moins d’une seconde séparait les deux voitures.
Cette victoire marque le retour au sommet d’AO Racing, qui n’avait plus gagné depuis Road America l’été précédent. Pour Dane Cameron, il s’agissait déjà de son 20e succès de classe en IMSA. Derrière la n°04, l’ORECA n°18 d’Era Motorsport complétait le podium.
Lexus triomphe en GTD PRO
En GTD PRO, la Lexus RC F GT3 n°14 du Vasser Sullivan Racing a parfaitement joué sa partition pour s’imposer après une course tactique et mouvementée. Jack Hawksworth et Ben Barnicoat ont longtemps évolué aux avant-postes avant de profiter d’une stratégie carburant idéale dans les dernières minutes.
Alors que plusieurs concurrents devaient repasser par les stands pour un ultime ravitaillement, la Lexus est remontée en tête sans avoir à dépasser en piste. Un scénario qui contrastait fortement avec celui de l’an dernier, lorsque la voiture avait manqué de carburant dans le dernier tour alors qu’elle menait l’épreuve.
La BMW n°1 du Paul Miller Racing a terminé deuxième devant la Ford Mustang GT3 n°64 de Ford Multimatic Motorsports.
Manthey s’offre l’Amérique en GTD
Enfin, en GTD, Manthey Racing a confirmé sa montée en puissance en IMSA avec une victoire de prestige pour la Porsche 911 GT3 R n°912 de Ryan Hardwick, Riccardo Pera et Richard Lietz.
Partie loin sur la grille après l’annulation des qualifications, la Porsche bleu ciel a construit sa remontée grâce à une stratégie agressive et parfaitement exécutée. Riccardo Pera a notamment réussi un undercut décisif dans les derniers relais pour placer la voiture en tête.
Le trio s’est finalement imposé devant la Porsche Wright Motorsports n°120 et l’Aston Martin n°068 du team CarBahn. Pour l’Italien Riccardo Pera, il s’agissait du tout premier succès IMSA de sa carrière.
Après six heures d’une course intense, hachée par les neutralisations mais riche en dépassements et en rebondissements, Watkins Glen a une nouvelle fois rappelé pourquoi cette classique américaine reste l’un des rendez-vous incontournables de l’endurance mondiale.
Crédits photos : IMSA





