Ferrari a attendu les toutes dernières minutes pour décrocher sa première victoire de la saison en FIA WEC. Au terme d’une manche Lone Star Le Mans particulièrement mouvementée, marquée par la pluie, les neutralisations et plusieurs retournements de situation, la Ferrari 499P n°50 d’AF Corse, confiée à Miguel Molina, Antonio Fuoco et Nicklas Nielsen, a finalement eu raison de la Toyota n°7. Le constructeur italien signe ainsi son premier succès de la saison et relance ses ambitions au championnat. Devant les 69 204 spectateurs réunis au Circuit des Amériques, à Austin, Aston Martin s’est également illustré en LMGT3 avec une victoire à domicile de Heart of Racing, complétée par une troisième place de la seconde Vantage engagée par l’équipe américaine.
Une course lancée sous la pluie
La cinquième manche de la saison débutait dans des conditions pour le moins inhabituelles. Alors que les concurrents se préparaient à prendre le départ, une cellule orageuse traversait l’ouest du Circuit des Amériques et déversait d’importantes quantités d’eau sur une partie du tracé. Sur cette piste partiellement détrempée puis progressivement asséchée, Antonio Giovinazzi prenait immédiatement les commandes au volant de la Ferrari 499P n°51, devant la Cadillac V-Series.R n°38 de Hertz Team Jota, pilotée par Jack Aitken, auteur de la pole position la veille.
Parti cinquième, Miguel Molina réalisait également un excellent début de course avec la Ferrari n°50, notamment en piégeant l’Alpine A424 n°35 de Ferdinand Habsburg dans la montée vers le célèbre virage de Big Red. La situation se compliquait cependant pour la Genesis Magma Racing n°17. Au 11e tour, André Lotterer entrait en collision avec Molina dans le virage 12. L’Allemand partait en tête-à-queue et se retrouvait immédiatement relégué en queue de peloton.
À l’avant, Giovinazzi profitait des différents Full Course Yellow pour se dégager du trafic et porter progressivement son avance à près de cinq secondes sur Aitken. La densité du peloton Hypercar poussait alors plusieurs équipes à modifier leur stratégie, certains concurrents anticipant leur premier arrêt afin de bénéficier d’une piste plus dégagée. Norman Nato avec la Cadillac n°12, Sébastien Buemi avec la Toyota n°7 et Miguel Molina avec la Ferrari n°50 adoptaient ainsi des stratégies différentes en matière de consommation et de pneumatiques. Molina héritait même provisoirement de la tête devant le Suisse.
Antonio Giovinazzi domine avant le premier coup de théâtre
Une fois les différentes stratégies absorbées, la Ferrari n°51 et la Cadillac n°38 reprenaient les commandes. Giovinazzi imposait alors un rythme particulièrement soutenu. Au tiers de la course, le pilote Ferrari comptait jusqu’à vingt secondes d’avance sur la Cadillac de Sébastien Bourdais, tandis que la Toyota n°7 de Kamui Kobayashi occupait la troisième place. Mais cette démonstration allait brutalement prendre fin.
À l’issue de son double relais, Giovinazzi cédait le volant de la Ferrari n°51 à James Calado. La voiture était toutefois victime d’un problème électrique et restait longuement immobilisée dans la voie des stands. Elle ressortait finalement au dixième rang, réduisant à néant l’impressionnante avance construite par Giovinazzi. Et ce n’était que le début d’une course particulièrement imprévisible.
La pluie revient et les stratégies sont bouleversées
À un peu plus de trois heures de l’arrivée, la direction de course déployait une Virtual Safety Car afin de permettre aux commissaires de retirer des débris présents sur la piste. Cette neutralisation avait pour conséquence de regrouper les stratégies des différents concurrents. Ceux qui avaient volontairement décalé leur consommation ou leurs arrêts au début de la course perdaient ainsi une grande partie de l’avantage qu’ils avaient réussi à construire.
Alpine était au contraire l’une des grandes bénéficiaires de cette situation. Les deux A424 se retrouvaient idéalement placées pour viser un premier podium de la saison. Comme si cela ne suffisait pas, la pluie faisait de nouveau son apparition au-dessus du circuit texan. La Cadillac n°38, désormais pilotée par Earl Bamber, conservait la tête et devait contenir les attaques d’Antonio Félix da Costa et de Tom Gamble. Derrière, Nyck de Vries se lançait dans une impressionnante remontée avec la Toyota n°7. Le Néerlandais dépassait successivement l’Aston Martin Valkyrie n°007 puis l’Alpine n°35 avant de s’attaquer à la Cadillac de Bamber.
Au 105e tour, de Vries prenait finalement les commandes grâce à un freinage particulièrement autoritaire à l’approche de Big Red. La Toyota semblait alors intouchable. De Vries établissait le meilleur tour en course en 1’53’’977 et creusait progressivement l’écart.
Toyota semble tenir enfin sa victoire
Dans le dernier tiers de l’épreuve, la Toyota n°7 apparaissait comme la grande favorite à la victoire. Kamui Kobayashi, de retour au volant, disposait d’une courte avance sur l’Alpine n°36 de Victor Martins et Ryo Hirakawa, la Toyota n°8 ayant elle aussi choisi une stratégie de ravitaillement plus courte. Mais le constructeur japonais allait une nouvelle fois voir ses espoirs s’envoler. La Toyota n°8 écopait d’un drive-through pour excès de vitesse dans la voie des stands. Une pénalité qui la privait définitivement de toute possibilité de décrocher sa première victoire de la saison.
Pendant ce temps, la course demeurait extrêmement serrée. L’immobilisation de la Lexus RC F LMGT3 n°78 provoquait une nouvelle intervention de la Safety Car. Tous les écarts étaient alors réduits à néant et les dernières heures se transformaient en véritable sprint. À la relance, un scénario spectaculaire se dessinait : les huit constructeurs engagés en Hypercar occupaient les huit premières positions, avec Toyota, Alpine, Ferrari, Genesis, Cadillac, Aston Martin, BMW et Peugeot. De retour au volant de la Toyota n°7, Nyck de Vries continuait d’impressionner. Il améliorait même son meilleur tour en course, désormais établi en 1’53’’674, et semblait en mesure de contrôler la fin de l’épreuve.
Le coup de théâtre à douze minutes de l’arrivée
Alors que Toyota semblait enfin tenir la victoire tant attendue, le destin en décidait autrement. L’Alpine n°35 de Charles Milesi était parvenu à se rapprocher de la Toyota, mais le Français perdait finalement sa deuxième place au profit de Nicklas Nielsen et de la Ferrari n°50, suite à une petite faute. Puis, à seulement douze minutes du drapeau à damier, le véritable coup de théâtre survenait.
Nyck de Vries était victime d’une panne hydraulique sur la Toyota n°7 ! La voiture japonaise, qui avait dominé la majeure partie de la dernière partie de la course, était contrainte de renoncer à la victoire alors qu’elle semblait promise à Toyota. Nicklas Nielsen n’en demandait pas davantage. Le Danois prenait les commandes et filait vers la victoire au volant de la Ferrari 499P n°50 d’AF Corse. La Ferrari franchissait la ligne avec 4,471 secondes d’avance sur la Cadillac n°38 d’Earl Bamber, Sébastien Bourdais et Jack Aitken.
Après avoir longtemps semblé hors course, Alpine sauvait une magnifique troisième place avec la n°35 de Charles Milesi, Ferdinand Habsburg et Antonio Felix Da Costa. Une pénalité de cinq secondes venait toutefois alourdir leur résultat, sans remettre en cause leur premier podium de la saison. L’autre Alpine A424, la n°36, terminait également dans le top 5, offrant au constructeur français un excellent résultat d’ensemble.
Ferrari relance le championnat
Cette victoire est particulièrement importante pour Ferrari. Il s’agit du premier succès de la marque italienne en FIA WEC depuis les 24 Heures du Mans 2025 et de la première victoire de la 499P n°50 depuis les 1 812 km du Qatar en début de saison dernière. Au championnat des constructeurs Hypercar, Toyota conserve la tête, mais son avance sur BMW se réduit à neuf points. Ferrari réalise quant à elle une excellente opération : désormais à seulement 26 points de Toyota, la Scuderia peut encore légitimement prétendre au titre. Le classement des pilotes reste en revanche inchangé, les équipages de la Toyota n°7 et de la BMW n°20 de René Rast et Robin Frijns n’ayant inscrit aucun point à Austin.
Heart of Racing triomphe à domicile en LMGT3
La catégorie LMGT3 a également offert un superbe spectacle, avec un succès particulièrement symbolique pour Aston Martin. Deux ans après son précédent succès en FIA WEC, déjà obtenu à Austin lors de Lone Star Le Mans, l’équipe américaine Heart of Racing s’est de nouveau imposée à domicile avec son Aston Martin Vantage n°27. Ian James, Zacharie Robichon et Mattia Drudi ont ainsi offert à l’écurie américano-britannique une victoire particulièrement convaincante, tandis que la seconde Aston Martin Vantage de Heart of Racing, la n°23, complétait le podium.
La course avait pourtant commencé par une domination des Ford Mustang de Proton Competition. Les Mustang n°77 et n°88 s’emparaient des deux premières places après avoir détrôné les Aston Martin de la première ligne. Mais leur domination était de courte durée. Eric Powell écopait rapidement d’un drive-through avec la Ford n°77, tandis que la n°88 devait être ramenée au garage après un contact avec la Corvette n°34 de Racing Team Turkey by TF.
Les leaders du championnat connaissaient eux aussi une course difficile. La Corvette n°33 de TF Sport, qui occupait la tête du classement des équipes LMGT3, reculait dans la hiérarchie après une collision avec la Ferrari 296 n°54 de Vista AF Corse. James Cottingham profitait de ces incidents pour placer la Porsche 911 GT3 R LMGT3 n°91 de Manthey DK Engineering en tête. La Porsche devait toutefois faire face à la pression de la Mercedes-AMG n°61 d’Iron Lynx. Rui Andrade écopait cependant d’une pénalité pour avoir été jugé responsable d’un contact avec la McLaren n°10 de Garage 59. Les différentes stratégies de ravitaillement et de gestion du temps de conduite des pilotes Bronze permettaient alors aux Aston Martin de revenir progressivement aux avant-postes.
Mattia Drudi conclut le travail de Heart of Racing
Zacharie Robichon installait la Vantage n°27 en position idéale, tandis qu’Eduardo Barrichello faisait remonter la seconde Aston Martin jusqu’à la troisième place. L’intervention de la Safety Car regroupait toutefois l’ensemble du peloton. À la relance, Ayhancan Güven prenait momentanément l’avantage sur Robichon avec la Porsche n°91, avant de devoir céder face à la Mercedes n°61 de Maxime Martin. La Porsche recevait en outre une pénalité de cinq secondes pour avoir gagné un avantage en sortant des limites de la piste.
Dans l’avant-dernière heure, Heart of Racing réalisait alors une opération parfaite dans les stands. Mattia Drudi reprenait la piste en tête de la catégorie au volant de l’Aston Martin n°27. Une nouvelle pénalité, cette fois infligée à la Mercedes n°61 alors deuxième, permettait à Drudi de consolider sa position. L’Italien devait néanmoins rester vigilant, la Safety Car imposant un rythme réduit à l’approche de la dernière heure. À la relance, Drudi ne tremblait pas. Le pilote Aston Martin gérait parfaitement les derniers tours pour s’envoler vers une victoire qui ne souffrait aucune contestation. La Vantage n°27 s’imposait avec 5,007 secondes d’avance sur la Porsche n°91 d’Ayhancan Güven et Martin Berry. Eduardo Barrichello résistait ensuite au retour de la Ferrari n°21 d’Alessio Rovera pour offrir à Aston Martin Heart of Racing un magnifique double podium.
La suite au Japon
Malgré son résultat vierge à Austin, TF Sport conserve la tête du classement des équipes LMGT3 avec sa Corvette n°33. Mais la situation se resserre considérablement : seulement 22 points séparent désormais la Corvette de la Ferrari n°21. En Hypercar comme en LMGT3, le championnat reste donc particulièrement ouvert. La prochaine étape du FIA WEC conduira les concurrents au Japon, pour les 6 Heures de Fuji, sixième manche de la saison. L’épreuve se déroulera du 25 au 27 septembre et constituera une nouvelle étape déterminante dans la course aux titres mondiaux.
- Classement du championnat pilote
- Classement championnat constructeur
- Classement championnat pilote GT3
- Classement Team GT3
Crédits photos : FIA WEC – DPPI
















