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FIA WEC – Sébastien Buemi renoue avec la victoire sur les terres de Toyota

Toyota a renoué avec la victoire sur ses terres. Au terme d’une course particulièrement mouvementée, la Toyota n°8 de Brendon Hartley, Sébastien Buemi et Ryō Hirakawa s’est imposée aux 6 Heures de Fuji, sixième manche du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA (FIA WEC). Partie seulement du huitième rang, la GR010 HYBRID a construit son succès au fil des heures et offre au constructeur japonais sa deuxième victoire de la saison, après celle décrochée à Imola. Une victoire d’autant plus symbolique qu’elle intervient à domicile, où Toyota n’avait plus gagné depuis 2023.

Devant 72 326 spectateurs réunis autour du Fuji Speedway, Toyota a ainsi renoué avec une tradition victorieuse sur le circuit japonais. La n°8 rejoint les glorieuses Toyota TS030, TS040, TS050 et GR010 au palmarès de l’épreuve, tandis que son équipage prend une nouvelle dimension au championnat. Brendon Hartley, Sébastien Buemi et Ryō Hirakawa deviennent en effet le seul trio à compter plusieurs victoires cette saison et s’emparent de la tête du classement des Pilotes.

Pourtant, rien ne laissait présager un tel scénario au départ. Les deux Alpine A424, la n°36 et la n°35, s’élançaient de la première ligne et prenaient immédiatement les commandes devant la Genesis GMR-001 n°19. Jules Gounon conservait ainsi la première place devant Ferdinand Habsburg et Daniel Juncadella après le premier virage, puis à l’issue de la première neutralisation sous Safety Car. Alpine semblait alors parfaitement maîtriser son sujet. Dans les premières heures, les A424 se montraient particulièrement performantes, tandis que plusieurs de leurs rivales connaissaient déjà des difficultés. La Toyota n°7 de Nyck de Vries devait notamment rejoindre les stands dès le 13e tour après une crevaison à l’avant gauche, la reléguant en fond de classement et l’obligeant à revoir sa stratégie. De son côté, la Cadillac V-Series.R n°38 Hertz Team JOTA partait en tête-à-queue au virage 15 après un contact avec la Mercedes-AMG Iron Lynx n°79.

À l’inverse, Aston Martin plaçait rapidement ses deux Valkyrie dans le top cinq. La BMW n°20 du Team WRT réalisait également une belle remontée, René Rast gagnant pas moins de huit positions en l’espace de la première heure après être parti dernier. Aston Martin allait ensuite profiter d’une stratégie décalée : la Valkyrie n°007 ne changeait pas ses pneumatiques lors de son premier arrêt et parvenait à s’intercaler entre les deux Alpine de tête. La situation évoluait encore après une nouvelle intervention du Safety Car provoquée par la sortie de piste de l’Aston Martin n°23 de Heart of Racing. Alpine conservait néanmoins l’avantage, Ferdinand Habsburg reprenant la deuxième place à Harry Tincknell pour replacer la n°35 dans le sillage de sa voiture sœur, la n°36.

À l’approche du premier tiers de la course, Alpine continuait de dominer. Victor Martins portait l’A424 n°36 en tête et comptait quatre secondes d’avance sur Habsburg, tandis que l’Autrichien conservait lui-même une marge sur Tincknell. Derrière les deux Alpine, la bataille était beaucoup plus serrée, avec notamment une lutte à trois entre la Toyota n°8, l’Aston Martin n°009 et la Cadillac n°38 pour la quatrième place. Les conditions allaient toutefois progressivement bouleverser la hiérarchie. La piste étant déclarée humide par la direction de course, Victor Martins rencontrait des difficultés pour maintenir ses pneumatiques à température et finissait par céder la tête à Ferdinand Habsburg. Le pilote Alpine réalisait alors un impressionnant triple relais au volant de la n°35 et abordait la seconde moitié de l’épreuve avec cinq secondes d’avance.

Cette avance allait cependant disparaître lors de son passage aux stands. Un changement de pneumatiques particulièrement lent faisait reculer l’Alpine n°35 au troisième rang, derrière la Toyota n°8 et l’Aston Martin n°007, qui avaient anticipé leur arrêt. La marque britannique ne pouvait toutefois pas conserver longtemps l’avantage : Tom Gamble écopait d’un drive-through qui permettait à Alpine de reprendre les commandes. Alors que Jules Gounon et Charles Milesi pouvaient encore croire à une fin de course relativement sereine, un nouvel incident venait redistribuer les cartes. La Ferrari 499P AF Corse n°50, pilotée par Miguel Molina, tombait en panne dans le troisième secteur. Son évacuation nécessitait une nouvelle intervention du Safety Car et resserrait une nouvelle fois les écarts entre les protagonistes. À chaque relance, Victor Martins confirmait la compétitivité de l’Alpine n°36, particulièrement à l’aise dans le trafic. Mais la quatrième intervention du Safety Car, dans la dernière heure, allait encore changer le visage de la course. Cette fois, la neutralisation faisait suite à une impressionnante collision entre l’Aston Martin n°27 de Heart of Racing et la McLaren 720S n°58 de Garage 59, pilotée par Finn Gehrsitz.

La dernière salve d’arrêts allait finalement offrir à Toyota une opportunité inattendue. Alpine perdait les deux premières places au profit de la Toyota n°8 et de la BMW M Hybrid V8 n°15 du Team WRT, ces derniers tentaient un coup de poker en misant sur une longue neutralisation. Et comme si le scénario n’était pas encore suffisamment imprévisible, la pluie faisait son retour dans la dernière demi-heure sur les contreforts du Mont Fuji. C’est alors que Victor Martins lançait une ultime offensive. Le Français remontait progressivement dans le classement, dépassant successivement Marco Sørensen sur l’Aston Martin n°009, Charles Milesi puis Dries Vanthoor au volant de la BMW n°15. L’Alpine n°36 revenait ainsi dans les échappements de la Toyota n°8, désormais pilotée par Ryō Hirakawa. Le Japonais allait toutefois tenir bon. Parfaitement soutenu par la stratégie de Toyota et par une lecture particulièrement efficace de l’évolution des conditions de piste, Hirakawa résistait jusqu’au drapeau à damier. L’Alpine franchissait finalement la ligne à seulement 591 millièmes de seconde de la Toyota, au terme d’un duel particulièrement intense dans les derniers kilomètres.

Toyota pouvait alors laisser éclater sa joie. Après être parti du huitième rang, l’équipage composé de Brendon Hartley, Sébastien Buemi et Ryō Hirakawa s’offrait une deuxième victoire en 2026 et permettait au constructeur japonais de renouer avec le succès à Fuji pour la première fois depuis 2023. Pour Buemi, cette victoire vient également confirmer la remarquable régularité de l’équipage n°8 depuis le début de la saison. Alpine devait pour sa part se contenter des deuxième et quatrième places, avec la n°36 et la n°35, tout en améliorant son meilleur résultat collectif obtenu trois semaines plus tôt à Lone Star Le Mans. BMW et Raffaele Marciello retrouvaient également le podium grâce à la n°15 du Team WRT, après une manche américaine en demi-teinte.

Sébastien Buemi : « C’est l’une de nos plus belles victoires depuis longtemps. Je suis vraiment fier de celle-ci, d’autant plus qu’elle était totalement inattendue à l’approche de la fin de la course. L’équipe a pris une excellente décision lors du dernier arrêt aux stands, ce qui nous a permis de passer devant tout le monde. C’était un choix stratégique exceptionnel. Et bien sûr, Ryō a ensuite réussi à garder tous ses adversaires derrière lui sans commettre la moindre erreur dans des conditions difficiles. Dans l’ensemble, c’est une victoire fantastique. »

Au championnat des Constructeurs Hypercar, cette victoire permet à Toyota de consolider sa position de leader. La marque japonaise compte désormais 23 points d’avance sur BMW. Chez les Pilotes, le trio Hartley-Hirakawa-Buemi prend également les commandes du classement, avec un avantage symbolique supplémentaire : il est désormais le seul équipage à avoir remporté plusieurs courses cette saison.

Augusto Farfus offre la victoire à BMW Team WRT au finish à Fuji

BMW Team WRT a remporté au finish une sixième manche particulièrement mouvementée du FIA WEC dans la catégorie LMGT3. Partie seulement de la 14e place, la BMW M4 GT3 n°32 de Darren Leung, Sean Gelael et Augusto Farfus s’est imposée au terme de 6 Heures de Fuji marquées par de nombreux incidents et une lutte indécise jusqu’aux derniers tours. Grâce à deux dépassements spectaculaires dans les dernières minutes, Augusto Farfus a offert à l’équipage germano-belge sa deuxième victoire de la saison, après celle décrochée par la BMW n°69 du Team WRT aux 6 Heures d’Imola. Ce succès permet également à Leung, Gelael et Farfus de devenir le sixième équipage différent à s’imposer cette saison en LMGT3, en autant de manches disputées. Une statistique qui illustre parfaitement la grande homogénéité de la catégorie, encore une fois particulièrement disputée sur le Fuji Speedway.

La course connaissait un premier bouleversement dès le départ avec un spectaculaire carambolage au premier virage. La Ford Mustang n°88 de Proton Competition et la Mercedes-AMG n°61 étaient notamment contraintes à l’abandon, tandis que la Porsche 911 GT3 R n°92 de Manthey The Bend, elle aussi impliquée, devait regagner les stands pour de longues réparations. Un nouveau coup dur pour la Porsche, qui espérait décrocher un quatrième podium cette saison.

Dans ce chaos initial, la McLaren 720S n°58 de Finn Gehrsitz réalisait l’opération parfaite. Quatrième sur la grille, le jeune pilote allemand profitait des incidents pour prendre immédiatement les commandes et imposait un rythme impressionnant. À l’issue de la première heure, Gehrsitz comptait ainsi près de 50 secondes d’avance sur les pilotes Bronze. Mais cette domination allait finalement être réduite à néant. L’Aston Martin n°23 de Gray Newell s’accrochait avec la Peugeot 9X8 n°94 de Loïc Duval et se retrouvait immobilisée à la sortie du virage 100R. L’incident provoquait l’intervention de la Virtual Safety Car et permettait à plusieurs concurrents de revenir dans la lutte pour la victoire. James Cottingham était l’un des grands bénéficiaires de cette neutralisation. Le Britannique plaçait la Porsche n°91 de Manthey DK Engineering en deuxième position et se retrouvait immédiatement dans les échappements de la McLaren de tête. Dès la relance, Cottingham passait à l’attaque et s’emparait de la première place aux dépens d’Alexander West.

La hiérarchie allait toutefois continuer à évoluer au gré des stratégies. Jonny Edgar, leader du classement Pilotes LMGT3, prenait à son tour le meilleur sur la Porsche n°92 et plaçait la Corvette Z06 GT3.R n°33 de TF Sport au sommet du classement. La BMW n°32 remontait alors jusqu’à la troisième place provisoire. Ces trois voitures bénéficiaient toutefois d’une stratégie différente de celle de leurs adversaires. Les arrêts aux stands provoquaient donc de nombreux changements de leader, la BMW n°32, la Ford Mustang n°77, la McLaren n°10 et la Lexus RC F n°78 d’Akkodis ASP se succédant temporairement à la première place. La troisième intervention du Safety Car, provoquée par l’immobilisation de la Ferrari n°50, allait une nouvelle fois rebattre les cartes. En réduisant à néant les écarts, la neutralisation permettait au peloton LMGT3 de se retrouver dans une fenêtre stratégique comparable à l’approche des dernières heures.

À l’entame de la cinquième heure, un trio entièrement britannique occupait les premières positions, avec Daniel Harper sur la BMW n°69, Thomas Fleming au volant de la McLaren n°10 et Ben Tuck sur la Ford n°77. Fleming, qui avait décroché la pole position aux 6 Heures d’Imola, parvenait à piéger Harper au freinage du premier virage et prenait momentanément les commandes. Mais la course allait de nouveau basculer pour McLaren. Le clan de Woking connaissait d’abord l’accident de Finn Gehrsitz, avant de voir Fleming perdre du terrain lors des arrêts aux stands. Les deux Corvette de TF Sport, les n°34 et n°33, confiées respectivement à Charlie Eastwood et Nicky Catsburg, en profitaient pour s’installer aux avant-postes.

C’est alors qu’Augusto Farfus entrait véritablement en scène. Le Brésilien, au volant de la BMW n°32, lançait une impressionnante offensive dans les dernières minutes de l’épreuve. Il dépassait successivement les deux Corvette au terme de manœuvres particulièrement autoritaires, chacune réalisée dans le dernier secteur du circuit. Ces deux dépassements décisifs permettaient à Farfus de propulser la BMW M4 GT3 n°32 en tête à quelques minutes du drapeau à damier. Malgré la pression de ses poursuivants, le pilote brésilien conservait suffisamment d’avance pour offrir à BMW Team WRT une victoire particulièrement spectaculaire. L’Aston Martin n°27 terminait finalement deuxième, à seulement 1,062 seconde de la BMW, tandis que la Corvette Racing Team Turkey by TF n°34 complétait le podium. La Corvette n°33 de TF Sport, cinquième à Fuji, conserve néanmoins la tête du championnat des Équipes LMGT3, mais voit son avantage se réduire à 24 points sur l’Aston Martin n°27. La n°33 conserve également une position dominante au classement des Pilotes, avec un trio occupant les trois premières places. Jonny Edgar mène avec 86 points, devant son équipier Nicky Catsburg, crédité de 82 points, tandis que Ben Keating compte 64 unités.

À Fuji, BMW Team WRT aura donc dû attendre les toutes dernières minutes pour concrétiser une course construite progressivement. Partie loin sur la grille, la BMW n°32 a profité des multiples rebondissements, des neutralisations et d’une stratégie parfaitement exécutée avant qu’Augusto Farfus ne fasse la différence au meilleur moment. Une victoire au finish qui offre à Darren Leung, Sean Gelael et au pilote brésilien leur premier succès commun de la saison et confirme une nouvelle fois l’extrême compétitivité de la catégorie LMGT3.

Le FIA WEC va maintenant mettre le cap sur l’Europe pour son avant-dernière manche. La septième épreuve de la saison se disputera en Espagne, sur le circuit de Barcelone, à l’occasion des 6 Heures de Barcelone, du vendredi 16 au dimanche 18 octobre.

Crédits photos : FIA WEC – DPPI ; citation : Toyota Racing

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