Vide
Vide

24H du Mans – Toyota retrouve son trône, Buemi troisième

Une fin de course en parfaite maîtrise des Japonais leur offre leur première victoire depuis 4 ans, et la première avec leur toute nouvelle TR010. La n°7 victorieuse de Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck Vries a été intraitable sur la fin de course où seul un évènement propre au sport-auto comme il y a exactement dix ans semblait pouvoir l’arrêter. Un duel à une dizaine de secondes avec la BMW n°20 a toutefois tenu le suspens jusqu’au bout de 24 heures de compétition serrée aux avant-postes. Buemi dans la n°8 franchit la ligne d’arrivée troisième seulement, alors que sa voiture était en tête à quelques heures de l’arrivée. La Cadillac n°12 de Louis Delétraz finit au pied du podium, après avoir montré un rythme impressionnant sur la première moitié de course.

 

Le règne Ferrari prend fin, après un triplé signé avec chacunes des Hypercar engagées par la marque italienne, la couronne retourne chez le géant japonais dans cette édition 2026. Il n’a pourtant pas toujours été évident de l’issue de la course. Parties seulement aux 14 et 15e positions samedi à 16h, elles semblaient bien loin des BMW et Cadillac en tête de peloton.

 

Partie en pole, la BMW n°15 de Marciello, alors entre les mains de Kevin Magnussen, n’a pas su résister à l’assaut de la voiture sœur ainsi que la Cadillac n°12 avant la courbe Dunlop (Goodyear). Rast creuse l’écart en tête tandis que Toyota dépose la première pierre de leur victoire : Ils arrêtent les deux voitures bien avant la concurrence. Ce choix stratégique surprenant leur permet de se décaler et de remonter dans le classement tout en évitant les batailles en piste qui coûtent un précieux temps. Buemi au volant de la n°8 ira même prendre provisoirement la tête de la course. Antonio Fuoco, en essayant de dépasser une LMP2, part en tête-à-queue avec sa Ferrari n°50. La Toyota n°7 en fait également les frais avec une crevaison lente causée par les débris sur la piste, ce qui force la direction de course à annoncer le premier Full Course Yellow. Les Ferrari s’illustrant plus pour leurs erreurs que leurs performances en ce début de course, Alessandro Pier Guidi entre lui aussi en collision avec une LMP2, ce qui lui vaut une pénalité de drive-through. La. Toyota n°8, avantagée par les évènements de course, mène à la fin des 4 premières heures.

 

Alors que la Cadillac n°38, entre les mains expertes de Sébastien Bourdais, réduisait l’écart avec la Toyota en tête, la BMW n°15 vient percuter une LMP2 au début du tour. Une crevaison et un retour au stand au ralenti la fait ressortir en dernière position de la catégorie, en quelques heures elle est passé d’un extrême à l’autre du tableau. La tombée de la nuit et les températures semblant convenir parfaitement aux Cadillacs, la n°38 prend les rênes de la course tandis que la n°12 recolle à la Toyota n°8. La BMW n°20 est également dans le match et les trois constructeurs offrent un beau spectacle pendant la soirée. Un accrochage en LMGT3 entre la Ford n°88 et la Ferrari n°54 contraint la voiture du Suisse Thomas Flohr à l’abandon, et la Safety Car est déployée.

 

 

Buemi prend de l’avance en tête après le passage de minuit avant de passer le volant à Hartley, qui réduira cet avantage à néant en ratant un freinage. Un beau duel roue dans roue dans la nuit du Mans sur plusieurs tours entre la Toyota n°8 et la Cadillac n°12 pour la première place s’ensuit alors. Alors que les quatre voitures de tête, les n°8,12,38 et 20 s’alternent aux premières places pendant plusieurs heures en fonction des arrêts aux stands, la n°7, relativement discrète jusque là, réduit son écart. Peu de faits de course pendant la nuit, à part la Genesis n°19 qui a été obligée de s’immobiliser sur le bas-côté de la ligne droite des Hunaudières, la voiture a pu repartir après un reset complet et l’apparition d’un FCY, pour le plus grand bonheur de l’écurie rookie.

 

Le FCY a cependant fait des dégâts plus haut dans le classement, la Toyota n°8 ainsi que la Cadillac n°101, qui roulait aux autour de la 5-6e place se voient pénalisées d’un drive-through. Les Cadillac semblent alors intouchables en occupant les deux premières places, avantage à la n°38. Cependant le bonheur fut de courte durée pour le constructeur américain. Sébastien Bourdais, qui venait de débuter son relais, retourne aux stands à bord de la n°38 et les mécaniciens rentrent la voiture. Le souci étant inconnu sur le moment, les minutes s’éternisent et la Cadillac dégringole au classement. Bourdais, carrément sorti de la voiture est dépité, l’origine de son malheur s’avèrera être la direction assistée. La voiture abandonnera à 8h00. Delétraz, en tête, mène de quelques dizaines de secondes sur la BMW et la Toyota quand il cèdera le volant au Français Norman Nato. Les Ferrari, profitant d’un troisième drive-through pour la n°101, peuvent espérer un podium en tirant profit de faits de course.

 

À 8h30 la course tourne au cauchemar pour Cadillac. Alors que la Genesis n’ayant eu aucun souci jusque là se voit contrainte d’abandonner pour une rupture de suspension dans les Esses, le FCY est à nouveau déployé. Delétraz se rend coupable et est pénalisé pour un excès de vitesse dans la slow zone et est en plus contraint à un ravitaillement d’urgence (sous Full Course Yellow, les seuls ravitaillements autorisés étant le minimum d’essence nécessaire, ce qui force la voiture à s’arrêter à nouveau lorsque le drapeau vert est agité). Cadillac ne sont pas les seuls à faire face à des problèmes, la n°8 est immobilisée une minute aux stands pour réparer un frein. En LMGT3, la Porsche n°91 subit une violente sortie de piste, la direction a lâché en plein virage, ce qui a fait sortir la Safety Car pendant plus d’une heure. À la relance la BMW est en tête, talonné par la Cadillac mais le vrai danger est derrière : Les Toyota reviennent fort, très fort même alors que la température grimpe dans la Sarthe.

 

Ce qui semblait inévitable arriva, Hartley puis De Vries dépassent Nato dans la Cadillac. Les Toyota se profilent pour un doublé à quelques heures de la fin, avec pour l’instant avantage à la 7 mais De Vries pousse très fort dans la voiture sœur. Brendon Hartley, dans un relais qui ne marquera pas les esprits, voit la n°7 prendre l’avantage sur lui et c’est Sébastien Buemi qui se prépare dans le garage pour prendre le volant. Le Suisse se plaignant de ses freins dès le début de son relais, il verra Frijns à bord de la BMW lui passer devant sans grande difficulté. Le néerlandais tentera tout ce qui est en sa possession pour réduire la dizaine de secondes qui le séparait de Kobayashi, mais le japonais ne lui laissa rien et s’envola vers une victoire bien méritée pour Toyota. Delétraz finit derrière Buemi au pied du podium à l’issue d’une course avec beaucoup de positif à garder, et avec une compétitivité incontestable.

 

Toyota quitte la Sarthe avec 36 points d’avance sur BMW au championnat, tandis que la numéro 7 prend les commandes du championnat pilotes avec 4 petits points d’avance sur la 20.

En LMP2 les Suisses étaient également bien présents, Müller dans la 343 d’Inter Europol finit derrière la voiture sœur en deuxième position après s’être battu aux avant-postes sur la majorité de la course. L’écurie polonaise signe un magnifique doublé en étant encore cette année extrêmement présent dans un plateau aux bases égales. La bataille pour la première place en LMP2 aurait été bien moins intéressante sans la présence de la Duqueine n°30 dans laquelle roulait notamment une certaine Doriane Pin, mais qui a été contrainte à l’abandon pour un soucis mécanique à quelques heures de l’arrivée. L’écurie suisse CLX Motorsport a également fait une superbe course en finissant 5e, le plus jeune line-up de pilotes de l’histoire du Mans n’a pas à rougir de son résultat.

 

En LMGT3 la course a été plus difficile pour les Helvètes, avec comme finishers uniquement les voitures de Kessel Racing aux 9 et 10e places. C’est la Corvette 33 qui l’emporte à la fin d’une course disputée avec les Aston Martin.

Crédits Photos : Vitor Almeida

 

 

À propos de l'auteur

Related posts