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WEC: Buemi (6e) injustement pénalisé à Monza?

Cinquième manche du WEC, les 6 Heures de Monza ont vu dimanche la Toyota GR010 no 7 s’imposer avec 16’’ et 1’18’’ d’avance sur la Ferrari 499P no 50 et la Peugeot 9X8 no 93. Le premier Suisse a été Sébastien Buemi, 6e sur la seconde Toyota. Il aurait pu faire beaucoup mieux s’il n’avait pas écopé de trois pénalité, dont l’une de 60’’ pour le sanctionner de son accrochage avec l’Aston Martin du gentleman driver japonais Satoshi Hoshino. Ce dernier, âgé de 62 ans, s’était déjà accroché en 2019, lors des 24 Heures du Mans, avec le Schwytzois Marcel Fässler, trois fois vainqueur au Mans. Sérieusement blessé, Marcel Fässler avait été injustement accusé par la direction de course d’avoir provoqué cet accrochage alors que c’était Satoshi Hoshino qui en portait toute la responsabilité, lui qui avait déjà effectué trois tête-à-queue dans la première heure de course! A Monza, une première prise de vue de l’accrochage laissait penser que Sébastien Buemi était fautif. Une seconde prise de vue permettait cependant de voir que l’Aston Martin du sexagénaire japonais se déporte quelque peu sur la gauche, touche l’arrière de la Toyota du pilote suisse qui venait de la dépasser correctement, et effectue ensuite une spectaculaire embardée. Quant au Bernois Nico Müller (Peugeot 9X8 no 94) et au Biennois Neel Jani (Porsche 963 no 99), les deux autres Suisses présents dans la catégorie-reine, ils n’ont pas connu eux non plus la réussite escomptée. Le premier nommé n’a terminé que 19e après des problèmes de boîte qui lui ont coûté huit tours et le second a dû abandonner sur ennuis mécaniques au 133e tour, non sans avoir occupé un instant la tête de la course. En LMP2, les Suisses Louis Delétraz, Fabio Scherer et Mathias Beche ont terminé respectivement 3e, 5e et 7e.

Pénalisée tout d’abord de 10 secondes pour un accrochage survenu au premier tour, puis de 60 secondes pour l’accident avec le gentleman driver Satoshi Hoshino évoqué plus haut (voir à 2’22’’ la seconde prise de vue de cet accrochage sur cette vidéo, la Toyota no 8 de Sébastien Buemi franchissait la ligne d’arrivée à la 4e place. Une pénalité supplémentaire de 50 secondes, infligée bien après la fin de la course «pour avoir brièvement dépassé de façon involontaire la puissance allouée», rejetait finalement le pilote vaudois à la 6e place du classement général, loin du podium sur lequel les pilotes de la Peugeot 9X8 montaient pour la première fois, une année exactement après leurs débuts ici-même à Monza.

Si Sébastien Buemi n’était pas très heureux de son week-end, il en allait bien différemment chez Porsche. Chacune des quatre 963 engagées, les deux officielles de Penske et les deux privées confiées à Jota et à Proton Competition, ont en effet occupé à un moment donné la tête de la course à la faveur des arrêts aux stands.

Et si les trois premières 963 ont dû respectivement se contenter des 4e, 7e et 9e rangs, Urs Kuratle, le responsable du programme d’usine LMDh chez Porsche, tenait à féliciter «toute l’équipe de Proton Competition» dans laquelle le Biennois Neel Jani effectuait son grand retour dans la catégorie-reine du championnat du monde d’endurance WEC (lire ici notre article sur les 75 ans de Porsche fêtés au Musée suisse des transports à Lucerne avec Neel Jani: https://sport-auto.ch/75-ans-de-porsche-au-musee-des-transports-de-lucerne/ ). La 963 de Proton Competition a certes été la seule des quatre Porsche LMDh engagées à n’avoir pas vu l’arrivée en raison d’ennuis mécaniques, mais elle s’est quand même retrouvée en tête alors que ses trois pilotes Gianmaria Bruni, Harry Thincknell et Neel Jani ne l’avaient encore jamais conduite avant Monza!

Neel Jani : « C’est à Monza que mes coéquipiers et moi avons vu pour la toute première fois notre 963. Nous avons adopté pendant les essais libres les réglages standards de l’usine et avons essayé de partir comme ça pour la course qui ne devait être qu’un essai grandeur nature. Or, après trois heures de course, nous étions deuxièmes au classement général et avons même pris le commandement un cours un instant. Nous avons également réussi à tourner sur le même rythme que la Toyota de tête, ce qui est vraiment très positif pour un début. Il est ainsi regrettable qu’un ennui technique, que nous n’avons pas encore pu diagnostiquer avec précision, nous ait contraint à l’abandon. Sans cela, nous aurions pu terminer cinquièmes ou sixièmes, ce qui aurait été formidable pour une toute première tentative. »

La prochaine manche du championnat du monde d’endurance se déroulera au Japon, du 8 au 10 septembre, à l’occasion des 6 Heures de Fuji.

Résultats

Crédits des photos: Porsche et Peugeot

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