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« Grand Chelem » pour Fricker à 7 Laghi

La quatrième manche du Championnat suisse de karting autobau, disputée sur le circuit italien de 7 Laghi, a consacré quatre grands protagonistes : Dilan Roman Fricker, Kilian Boss ainsi que Joy et Dan Allemann, tous auteurs de prestations de tout premier ordre.

Sous une chaleur accablante, les concurrents ont dû puiser dans leurs réserves tout au long du week-end. En catégorie OK Junior, Dilan Roman Fricker a une nouvelle fois confirmé l’étendue de son talent. Déjà très convaincant lors de la précédente épreuve à Levier, le jeune Bernois de onze ans, originaire de Büren zum Hof près de Fraubrunnen, a cette fois-ci survolé les débats.

Le pilote de l’équipe Swiss Hutless Racing s’est adjugé la pole position, empochant au passage les deux points bonus, avant de remporter avec autorité les deux manches qualificatives devant Cyrill Sarkar (MH Racing). En finale, Fricker a immédiatement pris les commandes de la course pour ne plus les quitter. Auteur également du meilleur tour en course, synonyme de trois points supplémentaires, il est devenu le seul pilote du week-end à réaliser le « Grand Chelem » en récoltant le maximum de points disponibles.

Interrogé sur cette remarquable série de performances, le jeune pilote est resté fidèle à sa modestie : « Je ne fais rien de différent de ce que je faisais auparavant. Tout s’imbrique parfaitement et j’aborde les courses avec un esprit totalement libéré. Cela m’aide certainement. »

Derrière Fricker, Cyrill Sarkar a confirmé sa régularité en terminant deuxième des trois courses, tandis qu’Aaron Buhofer (Spirit) s’est à chaque fois hissé sur la troisième marche du podium. Leader du championnat avant cette manche, Alejandro Campos n’a en revanche jamais trouvé le bon rythme sur le tracé italien. Avec deux quatrièmes places et une cinquième position en finale, le pilote surnommé « Le petit rebelle » a reconnu avoir souffert d’un problème de pneumatiques. Au classement général, Fricker revient désormais à un seul point de son rival, laissant présager une lutte passionnante lors des deux dernières épreuves de la saison, à Crémone le 23 août puis à Wohlen le 6 octobre.

En X30 Challenge Switzerland, Dan Allemann est lui aussi passé tout près d’un week-end parfait. Le pilote Spirit de 14 ans a vu son rêve de « Grand Chelem » s’envoler dès les qualifications, où il a échoué à seulement 27 millièmes de seconde de la pole position décrochée par Alexis Genolet (LKM). Le Genevois est ensuite resté le plus proche poursuivant d’Allemann durant les trois courses, sans toutefois parvenir à réellement inquiéter le leader du championnat. « Mes départs n’étaient pas suffisamment bons », a reconnu Genolet avec lucidité.

Toujours troisième derrière les deux hommes, Michael Müller (Virtus Motorsport) n’a pas davantage été en mesure de suivre leur cadence. Son retard au championnat passe ainsi de 21 à 43 points. « Je ne sais pas exactement pourquoi, mais je perdais systématiquement du temps dans le troisième secteur », a expliqué le pilote expérimenté. Derrière lui, Gauthier Sanjuan, coéquipier d’Allemann, a décroché à trois reprises la quatrième place, devançant en finale Nicola Mateo Frigg (MH Racing), lequel s’est montré déçu de son niveau de performance.

La famille Allemann a également brillé en catégorie Super Minis grâce à Joy Allemann. Comme son frère, la jeune pilote de onze ans, fille du patron de l’équipe Spirit Ken Allemann, est passée tout près d’un « Grand Chelem ». Deuxième des qualifications à seulement 51 millièmes de Ben Iten, elle a ensuite imposé son rythme dans les deux manches qualificatives avant de s’adjuger avec autorité la finale.

Ce succès revêtait une saveur toute particulière pour la jeune pilote : « Je m’étais fixé comme objectif de remporter une finale cette saison. À Franciacorta, lors de l’ouverture du championnat, je n’étais pas encore prête. Depuis, j’ai énormément progressé. »

Au championnat, Joy Allemann réduit son retard sur Ben Iten de 39 à 27 points, maintenant le suspense intact avant les deux dernières manches. Kimi Prost, également pilote Spirit et petit-fils du quadruple champion du monde de Formule 1 Alain Prost, avait signé le troisième temps des qualifications, mais il a finalement cédé la dernière place sur le podium à David Lewis (Swiss Hutless Racing) dans les derniers mètres de la finale.

La catégorie KZ2 promet elle aussi une fin de saison particulièrement disputée. À 7 Laghi, Kilian Boss (Swizz Evenzz) a néanmoins réalisé une excellente opération en portant son avance au championnat de onze à vingt-cinq points face à Paolo Castagnetti (Gerber Corse).

Le week-end n’avait pourtant pas débuté idéalement pour le Bernois. Deuxième de la première manche derrière Castagnetti après avoir perdu la tête au départ, Boss s’est vu infliger une pénalité de cinq secondes qui l’a rétrogradé au quatrième rang, derrière Remo Largo (Swiss Hutless Racing) et le pilote privé Kai Perner. Il a toutefois parfaitement réagi lors de la seconde manche en s’imposant devant Bastien Liénard et Perner, s’offrant ainsi la pole position pour la finale.

La course décisive a une nouvelle fois démontré sa détermination. Malgré un accrochage dans le premier virage qui l’a contraint à repartir à l’attaque, Boss est rapidement revenu aux avant-postes avant de prendre définitivement les commandes de l’épreuve pour s’imposer avec autorité.

À l’inverse, Paolo Castagnetti a vécu un week-end frustrant. Lors de la deuxième manche qualificative, le Tessinois a été percuté dans le premier virage alors qu’il occupait la tête de la course. Relégué au septième rang malgré sa remontée, il ne cachait pas sa colère : « J’étais clairement en tête lorsqu’on m’a tout simplement sorti de la piste. Mon adversaire n’a même pas été pénalisé. Mon kart n’était pas endommagé, mais il m’était ensuite impossible de remonter davantage. »

Deuxième de la finale derrière Boss, Castagnetti a devancé Kai Perner, lequel avait pourtant pris la tête au départ avant de devoir céder face à ses deux rivaux. « Le support du radiateur s’était cassé », expliquait le Bernois à l’arrivée.

Enfin, la remontée la plus spectaculaire de la journée est à mettre au crédit d’Émilien Köstner (D.E.L. Motorsport). Le Vaudois s’est illustré par un dépassement particulièrement audacieux dans le virage suivant la ligne droite principale, débordant simultanément deux concurrents pour s’emparer de la quatrième place, au prix d’une manœuvre qui a sans doute fait retenir son souffle à son père présent au bord de la piste.

Crédits photos : Eichenberger – ASS

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