Robin Faustini a décroché son troisième titre consécutif de champion de Suisse à l’issue de la course de côte d’Oberhallau. Le pilote argovien s’est une nouvelle fois montré impérial au volant de sa Nova-Emap NP01 et a, comme lors des deux saisons précédentes, assuré son sacre avant même la finale. Dans la catégorie des voitures de tourisme, en revanche, le suspense demeure entier : le titre sera attribué le 20 septembre, à l’occasion de la dernière manche du Championnat suisse de course de côte aux Paccots.
« Jamais deux sans trois » : rarement l’adage aura trouvé une illustration aussi parfaite. Dimanche 30 août, la course de côte d’Oberhallau a livré son premier verdict dans la course au titre de champion de Suisse. Robin Faustini s’est en effet adjugé pour la troisième année consécutive la couronne nationale, et ce pour la troisième fois également sur la tracé d’Oberhallau. Une piste qui semble décidément lui réussir à merveille.
« Oberhallau semble être un terrain propice pour moi », souriait le pilote argovien, qui y avait signé sa toute première victoire en course de côte en 2021. Depuis, son palmarès s’est considérablement étoffé, avec pas moins de 20 succès à son actif. Une domination qui s’est encore vérifiée cette saison : depuis la fin de l’année 2023, seuls deux pilotes sont parvenus à devancer Faustini lors d’une manche du Championnat suisse de course de côte. Victor Darbellay y est parvenu récemment aux Rangiers, à la faveur du forfait technique de Robin Faustini, tandis que Joël Volluz avait pris le dessus en 2024 à La Roche. Cette dernière épreuve coïncidait toutefois avec la course de côte de Hemberg, où Robin Faustini avait choisi de s’aligner dans le Toggenburg, ce qui le privait de toute possibilité de s’imposer à La Roche.
À Oberhallau, Robin Faustini n’a d’ailleurs guère été inquiété. Son principal rival au championnat, Michel Zemp, a été contraint de déclarer forfait après la troisième séance d’essais, à la suite de la fissuration du boîtier d’admission d’air de sa Norma-Helftec. « Je suis parti et, au bout de 200 mètres, il y a eu un violent fracas », racontait le pilote. Marcel Steiner n’a pas davantage été épargné par les ennuis mécaniques. Lors de la première manche, il avait atteint la « Brotlaube », avant de devoir immobiliser sa Nova-Helftec en raison d’un problème de vilebrequin.
Libéré de ses principaux adversaires, Robin Faustini a parfaitement maîtrisé son week-end. Auteur des deux meilleurs chronos, il a remporté l’épreuve avec un temps cumulé de 2’18’’114. L’Allemand Benjamin Noll a pris la deuxième place en 2’26’’462, devant Simon Hugentobler, le père de Robin, qui a hissé son Osella PA30 sur la troisième marche du podium en 2’30’’038. Derrière les trois hommes forts du classement général, l’Allemand Bastian Voss s’est classé quatrième au volant de sa Formule Master, devançant de peu Roland Bossy. Le Suisse, particulièrement performant avec sa Tatuus Formule 3, n’a échoué que de trois centièmes dans la quête du titre de « Best of the Rest ». Il conservait néanmoins une avance de deux secondes sur Jean-Jacques Maître et sa Nova NP01 « Artcar ». En monoplaces, la troisième place est revenue à Ursanne Salomon. Le Jurassien a réalisé une belle performance pour devancer d’environ une seconde l’ancien champion automobile Christian Balmer, également engagé sur une Formule Master.
Roger Schnellmann s’impose dans les voitures de tourisme
Roger Schnellmann a quant à lui remporté la catégorie des voitures de tourisme au volant de sa Mitsubishi Evo VIII. Le pilote schwyzois avait frappé fort dès la première manche, signant un chrono de 1’17’’571, soit le meilleur temps de la catégorie, synonyme de 25 points. Cette édition d’Oberhallau n’a toutefois pas permis de voir tomber un nouveau record de la piste. Il aura manqué un peu moins de trois secondes à Roger Schnellmann et à ses rivaux pour égaler la référence établie par Ronnie Bratschi en 2019. Chez les voitures de course, Robin Faustini est resté à moins de 1,2 seconde du record établi par Eric Berguerand en 2022.
L’Autrichien Thomas Strasser, au volant de sa spectaculaire VW Corrado à la carrosserie particulièrement élargie, s’est classé deuxième des voitures de tourisme. Ludovic Monnier a complété le podium, tout en s’adjugeant la deuxième place parmi les concurrents suisses, avec sa VW Golf et un temps cumulé de 2’41’’732. Hermann Bollhalder a pris la quatrième place avec son Opel Speedster, devant les deux Porsche de Christoph Zwahlen et Jean-Paul Chiquita. Le changement de leader attendu au championnat des voitures de tourisme n’a finalement pas eu lieu. « Speedmaster », qui avait décidé de changer de monture pour Oberhallau en prenant le volant de la Lancia Delta S4 de Bruno Ianniello, a connu un week-end particulièrement mouvementé. Dès la deuxième séance d’essais libres du samedi, la Lancia s’est brutalement immobilisée lors d’une rétrogradation. « Nous avions un problème au niveau de l’arbre à cames », expliquait « Speedmaster ».
Ce n’est qu’au terme d’une nuit de travail acharné de Bruno Ianniello que la spectaculaire S4 rouge a pu reprendre la piste dimanche. Après avoir signé un prometteur 1’23’’0 lors de la première montée et occupé provisoirement la tête de la catégorie Interswiss jusqu’à 3 litres, le Bernois a cependant rétrogradé à la troisième place de son groupe lors de la deuxième manche après un tête-à-queue avant le « virage Tarzan ». Le suspense reste donc entier dans la course au titre des voitures de tourisme, qui connaîtra son dénouement le 20 septembre aux Paccots. Plusieurs pilotes peuvent encore prétendre succéder à Danny Krieg, champion 2025. Outre « Speedmaster », Stephan Burri, vainqueur de la catégorie IS jusqu’à 2 litres devant Manuel Santonastaso mais troisième de l’IS derrière l’intouchable Dominic von Rotz, Ludovic Monnier et le pilote TCR Sergio Kuhn, auteur du maximum de points dans sa catégorie à Oberhallau, demeurent en lice.
Burri et Monnier toujours au coude-à-coude
La lutte pour la Coupe de la Montagne reste elle aussi indécise. Stephan Burri et Ludovic Monnier conservent tous deux le maximum de points après Oberhallau. Si l’égalité devait subsister à l’issue de la finale des Paccots, le titre reviendrait toutefois à Monnier, qui bénéficie de meilleurs résultats au classement général. Le Championnat suisse junior a, en revanche, livré son verdict. Alessandro Grispino s’est assuré le titre au volant de sa Renault Clio. Déjà champion suisse de slalom, le pilote schwyzois a de nouveau inscrit le maximum de points lors de cette huitième manche, s’adjugeant ainsi la couronne nationale devant Ursanne Salomon et Steven Chiquita (BMW E30). À l’issue de la deuxième montée, le soulagement était manifeste sur le visage du nouveau champion. « J’étais quand même assez nerveux », reconnaissait le jeune pilote. « J’avais tout vérifié deux fois avant cette course. Je suis bien sûr particulièrement heureux que cela ait porté ses fruits et que j’aie pu remporter, après le titre de slalom, celui des juniors. »
Marc Roth, la belle histoire du week-end
Parmi les performances à retenir à Oberhallau, celle de Marc Roth mérite également une mention particulière. Âgé de 62 ans, le pilote avait disputé sa dernière saison complète en 2007. Après avoir effectué l’an dernier quelques apparitions au Gurnigel et à Oberhallau au volant de sa Toyota Corolla, il a cette fois décroché la victoire dans la catégorie Interswiss jusqu’à 1,6 litre. Roth a par ailleurs amélioré de deux secondes son temps de référence de l’année précédente. « Je voulais voir si je pouvais passer sous la barre des 30 », expliquait-il. Avec un chrono de 1’28’’7, l’objectif a été atteint avec une confortable marge.
Une troisième manche annulée
Avec environ 15 000 spectateurs présents, Oberhallau peut globalement dresser un bilan très positif de son édition 2026. La journée de dimanche a toutefois été quelque peu ternie par l’annulation de la troisième manche pour l’ensemble des concurrents. « En raison des nombreuses interruptions dimanche matin, nous n’avons pas pu respecter le planning et, par conséquent, l’autorisation officielle d’utilisation du circuit », a expliqué Sascha Schlatter, président du comité d’organisation.
Les vainqueurs des différentes catégories suisses à Oberhallau
- A/ISA/R2/R3 : Alessandro Grispino (Renault Clio)
- N/ISN : Claudio Grispino (Renault Mégane RS)
- SuperSérie Comp. jusqu’à 3000 cm³ : Roland Graf (Toyota GR Yaris)
- SuperSérie Comp. plus de 3000 cm³ : Pierre Mürner (Porsche GT3 992)
- Cat. H voitures de course jusqu’à 1600 cm³ : Markus Brander (March 742)
- Cat. H voitures de tourisme jusqu’à 2000 cm³ : Armin Buschor (BMW 320)
- Véhicules classiques de plus de 2000 cm³ : Jean-Louis Fleury (Opel Ascona B)
- TCR : Sergio Kuhn (Peugeot 308)
- RCC 2 : Jürg Brunner (Renault Clio)
- RCC 3 : Thomas Zürcher (Renault Clio)
- E1 jusqu’à 1400 cm³ : Andreas Helm (VW Polo)
- E1 jusqu’à 1600 cm³ : Hans-Peter Eller (Opel Kadett C)
- E1 jusqu’à 2000 cm³ : Ludovic Monnier (VW Golf Rally)
- E1 jusqu’à 2500 cm³ : Jonas Magnin (Honda Civic)
- E1 jusqu’à 3000 cm³ : Hermann Bollhalder (Opel Speedster)
- E1 jusqu’à 3500 cm³ : Reto Steiner (Ford Escort)
- E1 jusqu’à 4000 cm³ : Roger Schnellmann (Mitsubishi Evo VIII)
- E1 plus de 4000 cm³ : Corsin Rietiker (BMW E36 GTR)
- IS jusqu’à 1400 cm³ : Sabrina Fankhauser (Toyota Yaris)
- IS jusqu’à 1600 cm³ : Marc Roth (Toyota Corolla)
- IS jusqu’à 2000 cm³ : Stephan Burri (VW Scirocco)
- IS jusqu’à 2500 cm³ : Ferdi Waldvogel (BMW M3 E30)
- IS jusqu’à 3000 cm³ : Marco Marte (BMW M3)
- IS jusqu’à 3500 cm³ : Dominic von Rotz (Audi A4 Quattro)
- IS plus de 3500 cm³ : Jean-Paul Chiquita (Porsche GT3 Cup)
- E2-SS jusqu’à 1600 cm³ : Christian Müller (Formule BMW)
- E2-SS jusqu’à 2000 cm³ : Ursanne Salomon (Dallara F3)
- E2-SS jusqu’à 3000 cm³ : Roland Bossy (Tatuus F3-T318)
- E2-SC jusqu’à 1600 cm³ : Antonino Scolari (Nova NP03)
- E2-SC jusqu’à 2000 cm³ : Jean-Jacques Maître (Nova NP01)
- E2-SC jusqu’à 3000 cm³ : Robin Faustini (Nova NP01)
Communiqué et crédits photos : ASS – Eichenberger ; Kaufmann











