Le Rallye d’Estonie 2026 restera comme celui de la révélation définitive de Sami Pajari. Déjà considéré comme l’un des plus grands espoirs finlandais, le pilote Toyota a signé à Tartu la première victoire de sa carrière en Championnat du monde des rallyes, au terme d’une démonstration de vitesse et de maîtrise sur les rapides pistes baltes.
À seulement 24 ans, Pajari est devenu le 83e vainqueur différent de l’histoire du WRC, offrant également à la Finlande son 199e succès mondial. Une performance de tout premier ordre qui relance également la lutte pour le championnat.
Pajari frappe fort dès le départ
Dès la première journée, le ton était donné. Sur les spéciales ultra-rapides d’Estonie, Sami Pajari s’est montré tout simplement intouchable. Associé à son copilote Marko Salminen au volant de la Toyota GR Yaris Rally1, le Finlandais a remporté les sept spéciales disputées vendredi, une performance rarissime à ce niveau. Impeccable dans ses trajectoires, agressif mais sans excès, Pajari a progressivement creusé l’écart sur ses poursuivants. Même une petite erreur dans une épingle lors de la cinquième spéciale n’a pas entamé sa domination.
À l’arrivée de la super-spéciale d’Elva, disputée sur asphalte, il comptait déjà 14,7 secondes d’avance. Derrière lui, Oliver Solberg, vainqueur de l’épreuve l’année précédente, occupait la deuxième place malgré un manque de confiance dans sa voiture qu’il ne cessait de souligner. Adrien Fourmaux réalisait quant à lui une prestation solide pour Hyundai et terminait la journée en troisième position devant Thierry Neuville. La journée était en revanche plus compliquée pour plusieurs favoris. Takamoto Katsuta voyait ses espoirs s’envoler après une crevaison qui lui coûtait près d’une minute avant un abandon avant la dernière spéciale du jour. Elfyn Evans, leader du championnat, souffrait comme prévu de sa position d’ouvreur sur des routes encore très meubles et ne pointait qu’au neuvième rang.
Solberg tente la riposte
Samedi, lors de la plus longue étape du rallye avec près de 150 kilomètres chronométrés, Oliver Solberg tenta de relancer le suspense. Le Suédois mit fin à la série de victoires de spéciale de Pajari en signant les meilleurs temps dans deux secteurs consécutifs. À la mi-journée, l’écart était légèrement réduit. Mais Pajari répondit immédiatement. Retrouvant son rythme impressionnant, le Finlandais remporta trois nouvelles spéciales durant l’après-midi et repoussa progressivement Solberg à 25 secondes. La seule véritable alerte survint lorsqu’il heurta une pierre en fin de spéciale et frôla le tête-à-queue. L’incident l’incita à davantage de prudence dans les derniers kilomètres de la journée, permettant notamment à Thierry Neuville de décrocher un meilleur temps.
« Ce n’est jamais facile », confiait Pajari au terme de l’étape. « Nous avons une avance confortable, mais il reste encore beaucoup de kilomètres à parcourir. »
Derrière les deux Toyota de tête, Adrien Fourmaux consolidait sa troisième place malgré plusieurs frayeurs. Le Français heurta un dispositif anti-coupe dans une spéciale, endommageant légèrement sa Hyundai, avant de subir une lente crevaison puis une grosse chaleur dans une autre spéciale. Ces incidents permettaient toutefois à Thierry Neuville de revenir à seulement 1,9 seconde du Français avant l’ultime journée. Plus loin, Sébastien Ogier occupait la cinquième position après une journée discrète mais régulière. Elfyn Evans remontait jusqu’au sixième rang en profitant notamment des problèmes rencontrés par Josh McErlean et Mārtiņš Sesks.
Une dernière journée sous contrôle
Avec seulement deux passages dans la spéciale de Kääriku au programme du dimanche, Pajari abordait l’ultime étape en position idéale. Oliver Solberg tenta bien une dernière offensive en remportant les deux spéciales du jour, mais l’écart à combler était trop important. Le Suédois ne reprit que quelques secondes et dut finalement se contenter de la deuxième place, à 19,5 secondes du vainqueur. Pajari géra parfaitement son avance, évitant toute prise de risque inutile pour franchir la ligne d’arrivée en grand vainqueur. À l’arrivée, l’émotion était palpable chez le Finlandais :
« C’est quelque chose d’incroyable. Je ne réalise peut-être pas encore ce que je viens d’accomplir. Merci à toute l’équipe Toyota pour sa confiance. Je remercie aussi tous ceux qui m’ont soutenu pendant les périodes difficiles. Et je me remercie moi-même de ne jamais avoir abandonné. »
Derrière les deux Toyota, Adrien Fourmaux conserva finalement sa troisième place. Malgré la pression constante de Thierry Neuville, revenu très près samedi soir grâce à des réglages améliorés sur sa Hyundai, le Français résista parfaitement lors de la dernière étape pour décrocher son premier podium depuis plusieurs rallyes. Neuville échoua à seulement quelques secondes du podium après avoir rencontré un problème avec son système de communication juste avant le départ de la première spéciale dominicale. Champion du monde en titre, Sébastien Ogier termina cinquième pour son retour en Estonie, devant son équipier Elfyn Evans. Malgré une position défavorable sur les routes vendredi, le Gallois repart avec un avantage renforcé au championnat. Mārtiņš Sesks fut le meilleur représentant de M-Sport Ford à la septième place devant Esapekka Lappi, de retour en WRC après plusieurs mois d’absence. Jon Armstrong compléta le top 9.
Virves triomphe à domicile en WRC2
Le public estonien eut également de quoi célébrer dans la catégorie WRC2 grâce à Robert Virves. Leader depuis la deuxième spéciale du rallye, le pilote Škoda dut résister jusqu’au bout aux attaques des Finlandais Roope Korhonen et Teemu Suninen. Malgré une avance réduite lors de la première spéciale du dimanche, Virves conserva son sang-froid et s’imposa finalement avec 7,6 secondes d’avance et complétait le top du classement général. Suninen arracha la deuxième place à Korhonen dans la Power Stage pour seulement 1,2 seconde. Grâce à ce succès à domicile, Virves empoche également la prime de 25 000 euros attribuée au meilleur jeune pilote estonien et se replace idéalement dans la lutte pour le titre.
Abramowski débloque son compteur en WRC3
En WRC3, le Polonais Tymok Abramowski a signé la première victoire mondiale de sa carrière. Au volant de sa Ford Fiesta Rally3, l’ancien champion ERC3 a dominé l’épreuve avec autorité pour s’imposer avec près de huit minutes d’avance sur Nicolas Otto. Un succès particulièrement symbolique après sa désillusion de l’année précédente en Estonie, où il avait abandonné alors qu’il menait largement la course.
Classement du Rallye d’Estonie
- S. Pajari M. Salminen Toyota GR Yaris Rally1 2:31:16.5
- O. Solberg E. Edmondson Toyota GR YarisRally1 +19.5
- A. Fourmaux A. Coria Hyundai i20 N Rally1 +53.8
- T. Neuville M. Wydaeghe Hyundai i20 N Rally1 +59.7
- S. Ogier V. Landais Toyota GR Yaris Rally1 +1:32.9
- E. Evans S. Martin Toyota GR Yaris Rally1 +2:01.0
- M. Sesks R. Francis Ford Puma Rally1 +2:35.3
- E. Lappi E. Mälkönen Hyundai i20 N Rally1 +3:02.3
- J. Armstrong S. Byrne Ford Puma Rally1 +3:28.0
- R. Virves J. Viilo Skoda Fabia RS Rally2 +8:33.1
Super Sunday
- O. Solberg M. Salminen Toyota GR Yaris Rally1 22:37.0
- E. Evans S. Martin Toyota GR Yaris Rally1 +3.6
- S. Pajari M. Salminen Toyota GR Yaris Rally1 +5.5
- S. Ogier V. Landais Toyota GR Yaris Rally1 +5.6
- A. Fourmaux A. Coria Hyundai i20 N Rally1 +7.2
Powerstage
- O. Solberg E. Edmondson Toyota GR YarisRally1
- T. Neuville M. Wydaeghe Hyundai i20 N Rally1
- E. Evans S. Martin Toyota GR Yaris Rally1
- S. Ogier V. Landais Toyota GR Yaris Rally1
- T. Katsuta A. Johnston Toyota GR Yaris Rally1
Classement championnat constructeur
- Toyota Gazoo Racing World Rally Team 464
- Hyundai Shell Mobis World Rally Team 308
- Toyota Gazoo Racing World Rally Team 2 157
- M-Sport Ford World Rally Team 116
Classement championnat pilote
- E. Evans 177
- T. Katsuta 152
- S. Pajari 144
- S. Ogier 139
- O. Solberg 130
- T. Neuville 111
- A. Fourmaux 111
- E. Lappi 25
- H. Paddon 21
- Y. Rossel 20
Prochain rendez-vous pour le WRC en Finlande, du 30 juillet au 2 aout, pour l’une des épreuves les plus emblématiques de la saison. Avec cette victoire, Sami Pajari arrivera chez lui en pleine confiance.
Crédits photos : Red Bull Media


















