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ELMS – Forestier Racing by Panis remporte les 4 Heures d’Imola

Sous un soleil écrasant et dans une chaleur étouffante, l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari a accueilli une édition particulièrement mouvementée des 4 Heures d’Imola. Neutralisations à répétition, stratégies audacieuses, contacts et remontées spectaculaires ont rythmé la troisième manche de l’European Le Mans Series 2026. Mais au bout du chaos, une équipe a émergé avec autorité : Forestier Racing by Panis.

Au terme des quatre heures de course, Esteban Masson a offert à l’Oreca-Gibson n°29 une victoire éclatante avec plus de cinquante secondes d’avance sur ses poursuivants, concluant une prestation parfaitement maîtrisée.

Un début de course déjà intense

Lorsque les feux se sont éteints devant les 47 voitures engagées, Louis Rousset a jailli en tête du peloton au premier virage. Derrière lui, Adrien Closmenil plaçait immédiatement l’Oreca n°37 de CLX Motorsport sous pression, tandis que Griffin Peebles maintenait United Autosports dans le trio de tête. Dans les catégories inférieures, Giorgio Roda contrôlait le LMP2 Pro/Am pour Duqueine Team, Paul Lanchère imposait le rythme en LMP3 avec CLX Motorsport et Blake McDonald conservait la tête des LMGT3 au volant de la Corvette TF Sport partie en pole.

Très vite, le ton de la course montait encore d’un cran. En LMGT3, Matt Kurzejewski réalisait un excellent début de relais avec la Porsche Proton Competition n°75, pendant qu’Abdulla Al-Khelaifi remontait également dans la hiérarchie avec la Mercedes-AMG n°62 du Team Qatar by Iron Lynx. Au huitième tour, Adrien Closmenil portait une première attaque décisive sur Louis Rousset dans la Variante Villeneuve pour prendre les commandes de la course. Presque au même moment, la Ligier n°68 de M Racing terminait sa course dans le bac à graviers après une sortie de piste dans le dernier virage. La première Virtual Safety Car était déclenchée.

Les stratégies commencent à bouleverser la hiérarchie

Profitant de cette neutralisation, presque tout le peloton plongeait immédiatement dans la voie des stands. Mais certaines équipes tentaient déjà des paris stratégiques. CLX Motorsport décidait de laisser son Oreca n°37 en piste, tout comme la n°19 de Rossa Racing by Virage. En LMP3, CLX Motorsport et Team Virage osaient une stratégie encore plus agressive en effectuant leurs deux arrêts obligatoires de durée minimale très tôt dans la course. Un choix risqué, mais qui allait peser lourd dans le final.

Après dix minutes derrière la voiture de sécurité, la course reprenait avec Griffin Peebles revenu à la deuxième place devant l’Oreca n°29 de Forestier Racing by Panis. Plus loin, Fabien Michal héritait du commandement en LMP3 pour R-ace GP, tandis qu’en LMGT3 la Mercedes-AMG n°62 prenait le contrôle de la catégorie devant la Porsche n°75 et la Corvette TF Sport. Mais le tournant de ce début d’épreuve survenait peu après : l’Oreca n°37 de CLX Motorsport, pourtant leader, écopait d’un drive-through pour une infraction lors de la procédure de départ. Griffin Peebles récupérait alors la tête de la course.

Imola devient un piège

La suite de l’épreuve se transformait peu à peu en course d’usure. Les sorties de piste se multipliaient au fil des tours, certaines portions du circuit devenant extrêmement piégeuses malgré les conditions sèches. L’Oreca n°28 d’IDEC Sport terminait dans les graviers au virage Villeneuve, provoquant un Full Course Yellow. Puis un accrochage entre la Ferrari n°57 de Kessel Racing et la LMP3 n°4 de DKR Engineering envoyait Takeshi Kimura hors-piste, entraînant une nouvelle Virtual Safety Car.

Dans le même temps, AO by TF voyait sa course basculer : Dane Cameron regagnait péniblement les stands après avoir perdu sa roue avant gauche en piste. À peine relancée, la course connaissait un nouvel incident spectaculaire lorsque l’Aston Martin n°59 de Racing Spirit of Léman ratait son freinage au virage 2 avant de traverser la piste et heurter l’Aston Martin n°63 d’Iron Lynx. Nouvelle neutralisation, nouvelle redistribution des cartes.

Le duel Saucy – Gray fait vibrer Imola

Au milieu de ce chaos stratégique, la lutte pour la victoire absolue se cristallisait entre United Autosports et Forestier Racing by Panis. Grégoire Saucy, au volant de l’Oreca n°22, résistait pendant plusieurs tours à la pression constante d’Oliver Gray dans la n°29. Le Britannique multipliait les tentatives sans parvenir à trouver l’ouverture, tandis que Saucy défendait avec autorité. Tout allait finalement se jouer dans les stands. Au moment de la dernière vague d’arrêts, les mécaniciens de Forestier Racing by Panis réalisaient une intervention parfaite. Grâce à un arrêt plus rapide, Esteban Masson ressortait devant Ben Hanley et récupérait le contrôle de la course.

À partir de cet instant, la démonstration commençait. Tour après tour, Masson augmentait son avance avec une régularité impressionnante. Pendant que ses poursuivants continuaient à gérer trafic, neutralisations et dépassements retardataires, le pilote français s’envolait irrésistiblement vers la victoire. Sous le drapeau à damier, l’écart dépassait les 51 secondes.

Des batailles intenses dans toutes les catégories

Derrière l’intouchable Oreca n°29, United Autosports sauvait une précieuse deuxième place grâce à Ben Hanley, Grégoire Saucy et Griffin Peebles, un résultat qui permet à l’équipage de prendre la tête du championnat avant Spa-Francorchamps. Algarve Pro Racing complétait le podium du classement général avec l’Oreca n°25.

En LMP2 Pro/Am, la fin de course restait haletante. Après une pénalité infligée à Proton Competition alors en tête, Vector Sport récupérait les commandes. Lorenzo Fluxa résistait ensuite jusqu’au bout au retour de Malthe Jakobsen pour offrir à Vector Sport sa toute première victoire de catégorie en ELMS avec seulement quatre secondes d’avance.

En LMP3, CLX Motorsport validait le pari stratégique tenté dès le début de course. Louis Iglesias, impressionnant pour ses débuts dans la discipline après avoir signé la pole la veille, dominait la catégorie aux côtés de Paul Lanchère et Alexander Jacoby avec près de trente secondes d’avance.

La catégorie LMGT3 a, elle aussi, offert un scénario spectaculaire. High Class Racing semblait se diriger vers la victoire après avoir choisi une stratégie audacieuse consistant à ne changer que deux pneus lors du dernier arrêt. Mais les pneumatiques usés ont fini par coûter cher. Charlie Eastwood lançait alors une attaque magistrale avec la Corvette TF Sport n°33. En l’espace d’un seul tour, l’Irlandais dépassait successivement la Mercedes-AMG de Maxime Martin puis la Porsche de tête pour prendre les commandes de la catégorie. TF Sport s’imposait finalement avec moins de deux secondes d’avance sur la Mercedes-AMG n°62, relançant parfaitement sa défense du titre LMGT3 dans un week-end symbolique pour la Corvette américaine, disputé lors des célébrations du 250e anniversaire des États-Unis.

Après une course aussi intense qu’imprévisible, l’ELMS quitte l’Italie avec plusieurs hiérarchies relancées avant le prochain rendez-vous des 4 Heures de Spa-Francorchamps, prévu le 23 août.

Crédits photos : ELMS

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