Le week-end de Formule E à Shanghai a offert deux scénarios bien différents, mais tout aussi spectaculaires. Entre météo menaçante, stratégies audacieuses et rebondissements dans la lutte pour le titre, Pascal Wehrlein puis Lucas di Grassi se sont imposés au terme de deux manches intenses. Les pilotes suisses ont eux aussi connu des fortunes diverses, avec notamment une belle remontée de Sébastien Buemi lors de la seconde course.
Course 1 : Wehrlein maîtrise la pluie et relance sa course au titre
Sous un ciel de plus en plus sombre, Pascal Wehrlein a parfaitement négocié la première manche du week-end chinois. Parti depuis la pole position, le pilote Porsche a su garder son sang-froid dans une course où la gestion du PIT BOOST et l’arrivée imminente de la pluie ont dicté le rythme.
Dès le départ, Jake Dennis s’est montré très agressif et a brièvement pris la tête face à Wehrlein, alors que les pilotes se battaient déjà pour la position avant l’arrivée des averses. Le Britannique menait encore au sixième tour, mais Porsche a rapidement demandé à son champion du monde de répliquer. Wehrlein a alors repris les commandes avec autorité.
La fenêtre de PIT BOOST a ensuite totalement redistribué les cartes. Wehrlein et António Félix da Costa ont parfaitement synchronisé leur arrêt, ressortant devant Dennis et les autres prétendants. Quelques tours plus tard, la pluie s’est intensifiée, forçant l’entrée en piste de la voiture de sécurité.
Au restart, Wehrlein n’a laissé aucune chance à ses rivaux. Profitant également de l’ATTACK MODE dans des conditions devenues très délicates, l’Allemand s’est envolé vers une dixième victoire en carrière, mettant fin à une série de trois courses sans le moindre point. Da Costa a offert le doublé à Porsche devant Jake Dennis.
Derrière eux, Felipe Drugovich et Nyck de Vries ont animé la course avec de solides remontées, tandis que Jean-Éric Vergne a terminé sixième.
Du côté suisse, Nico Müller a signé une prestation solide en accrochant la dixième place après avoir longtemps roulé dans le groupe de tête. Sébastien Buemi, très compétitif dans les premiers tours, n’a finalement pu faire mieux que dix-septième après une course compliquée stratégiquement. Edoardo Mortara, combatif sous la pluie et aperçu dans la lutte pour le podium après le restart grâce à son ATTACK MODE, a finalement reculé au quinzième rang.
Cette victoire permettait surtout à Wehrlein de revenir à seulement trois points du leader du championnat Mitch Evans, limité à la huitième place.
Course 2 : Di Grassi renverse tout au dernier tour, Buemi dans le top 5
Le lendemain, Shanghai a offert un scénario complètement fou. Sur une piste séchante où les choix de réglages ont fait toute la différence, Lucas di Grassi a réalisé une remontée sensationnelle depuis la dix-huitième place pour offrir à Lola Yamaha ABT une victoire historique.
Avant même le départ, le championnat connaissait un énorme tournant : Mitch Evans, leader du classement, ne pouvait prendre le départ en raison d’un problème technique sur sa Jaguar. Une occasion en or pour Pascal Wehrlein.
Felipe Drugovich conservait d’abord la tête, mais très vite les stratégies ATTACK MODE entraient en jeu. Wehrlein prenait le commandement au septième tour devant son coéquipier Nico Müller, les deux Porsche creusant un écart intéressant sur leurs poursuivants.
Pendant ce temps, Sébastien Buemi réalisait une course très intelligente. Profitant d’une meilleure gestion énergétique, le pilote Envision Racing remontait progressivement vers les avant-postes et dépassait même António Félix da Costa pour s’installer dans le top 4.
Mais la fin de course allait totalement bouleverser la hiérarchie. Les pilotes ayant opté pour des réglages adaptés à une piste séchante devenaient soudainement intouchables. Joel Eriksson surgissait en tête devant Jean-Éric Vergne et Lucas di Grassi, tous auteurs d’impressionnantes remontées.
L’intervention d’un Full Course Yellow à quelques tours de l’arrivée allait offrir l’opportunité parfaite à di Grassi, qui conservait encore un ATTACK MODE disponible. Au restart, le Brésilien profitait de son surplus de puissance pour dépasser Eriksson puis Vergne. Dans un ultime dépassement spectaculaire à l’extérieur du premier virage du dernier tour, le champion 2016-2017 arrachait la victoire.
Vergne terminait deuxième devant Eriksson, qui décrochait son premier podium en Formule E. Wehrlein sauvait une importante quatrième place, suffisante pour prendre la tête du championnat grâce à l’abandon d’Evans avant le départ.
Les Suisses ont cette fois brillé davantage. Sébastien Buemi a conclu une excellente course au cinquième rang après avoir longtemps joué le podium. Nico Müller a confirmé sa régularité avec une belle septième place au sein du duo Porsche. En revanche, Edoardo Mortara n’a jamais trouvé le rythme et a terminé seizième.
À l’issue de ce week-end mouvementé, Pascal Wehrlein repart de Shanghai en leader du championnat du monde, avec neuf points d’avance sur Mitch Evans avant le rendez-vous de Tokyo.
Crédits photos : Porsche


