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Interview Guillaume Girolamo et Benjamin Bétrisey – Deuxième partie

 

Après la première partie de l’interview de Guillaume Girolamo et Benjamin Bétrisey, voici la suite de notre longue entrevue réalisée à l’issue de leur belle saison 2022. Dans cet ‘épisode’, ils reviennent sur leur passé, leurs expériences communes ou encore sur leurs rapports à leurs familles respectives.

 

 

RETOUR SUR LE PASSE

Comment vous êtes-vous connus et comment avez-vous décidé de rouler ensemble ?

Guillaume Girolamo – Je laisse répondre Benjamin, il ne va pas se rappeler… (rire)

 

Benjamin Bétrisey – Si si, je peux même te dire où j’étais quand tu m’as écrit. On se connaissait déjà un peu, de vue, parce que nos pères respectifs ont roulé ensemble à l’époque et ils sont toujours amis. On se connaissait sans vraiment se connaître. J’ai fait deux saisons comme ouvreur au Rallye du Valais et j’étais intéressé à débuter donc je cherchais un pilote pour commencer. Je pense que c’est Patrick (NDLR : Luisier) qui a dû le dire à Guillaume.

 

GG – Je penses que je t’ai lancé une première ‘accroche’ lors d’une soirée au RIV. Après, j’ai dû te rappeler et puis ça s’est fait… On m’avait conseillé de prendre quelqu’un avec de l’expérience et puis je me suis dit que non, je voulais quelqu’un qui commençait, comme ça on partait de zéro.

 

Benjamin, tu as donc débuté en rallye en 2019, ton pilote avait alors 8 rallyes à son actif (NDLR : avec Jérémy Michellod, le frère de Jonathan). Est-ce que ton inexpérience à ce moment-là t’a mis une pression particulière ?

BB – La veille de partir au Pays du Gier, on est parti en France faire des essais et le lendemain, on partait en course. Je n’avais jamais pris de notes de ma vie ! Avant de monter dans le baquet pour la séance d’essai, je n’avais encore jamais pris une note. On a fait des entraînements de prises de notes mais seulement après ça. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre donc je n’avais pas de pression particulière. Quand tu es devant le fait accompli, tu te poses moins de questions et t’y vas. La première spéciale, c’était une misère mais à la fin du rallye, j’étais déjà là, pas trop mal.

 

GG – C’est vrai que pour quelqu’un qui se lance comme ça, ça a bien fonctionnée depuis le début. Le copilote doit donner les notes mais après il y a toute la question du timing, les pointages, les carnets… Il avait fait le cours de copilotes qui aident bien.

 

 

Tu as également roulé avec Mireille Vidueira, fin 2021, au Rally di Castiglione Torinese. Qu’as-tu retiré de cette expérience ?

BB – Oui, c’était compliqué parce que, contrairement à Guillaume, Mireille note avec les angles de volant et elle n’utilise pas les mêmes termes que nous sur les transitions. Il y a énormément de détails chez elle. Après, on était là-bas pour découvrir une voiture (NDLR : une Fiesta Rally3). Moi, je n’avais jamais roulé dans une voiture aussi performante. Mireille roulait avec la Mistubishi mais c’est une voiture conçue différemment. C’était beaucoup de plaisir. On ne s’est pas pris la tête. Après, le boulot reste le même… suivre un roadbook et dire des notes. Il faut juste parler plus vite (rire). On s’est accordés lors du shakedown. C’était dur mais pas insurmontable.

 

Vous venez tous les deux de familles bien connues dans le milieu du rallye (Jean-Laurent Girolamo et Fabrice Bétrisey). Vous êtes tombés dedans en étant petit ou la passion du rallye vous est-elle venue avec le temps ?

BB – Moi je fais du rallye pour les sensations. Je ne suis pas le gars qui va suivre tous les rallyes. J’y vais pour prendre du plaisir. Rouler à 160 km/h sur une route de montagne, c’est incroyable ! Franchement, le seul rallye que mon père m’emmenait voir, c’était le Valais et on n’allait pas forcément au bord des spéciales. On allait à l’assistance ou alors aux Casernes. Après, j’ai commencé comme ouvreur avec Patrick (Luisier). Ça m’a donné envie de débuter en course. Je savais que mon père l’avait fait… j’étais plus au courant de ses accidents que de ses résultats (rire).

 

GG – Moi, c’est complètement différent. J’ai toujours baigné là-dedans depuis tout petit. Je ne me souviens pas quand mon père roulait mais je pense que je n’ai jamais loupé un Valais. Il y a même eu un ou des vendredis où j’ai fait semblant d’être malade à l’école pour aller voir les spéciales. J’allais aussi, de temps en temps, au Jura et au Tessin.

En fait, j’ai un vague souvenir à l’assistance où je mangeais des pâtes. (rire) Sinon, je me rappelle quand même avoir été rechercher la Subaru de mon père, dans les abricotiers, après leur sortie au RIV. Il y avait de la neige et j’y suis allé avec mon père et mon grand-père, avec la remorque du garage.

Après, le rallye c’est ma passion. Je suis quasiment tous les rallyes, notamment en WRC. Mon père m’a initié mais il ne suit pas autant que moi.

 

 

 

Est-ce qu’on vous parle souvent du fait que vous êtes les ‘fils de’ en rallye ?

GG – Quand j’ai débuté, à chaque interview, j’étais le ‘fils de Jean-Laurent’. Même Brice (Zufferey) a fait quelques interviews de Sacha (Althaus) et moi en tant que ‘fils de’.

Je pense que c’est une pression que tu as au début mais maintenant je n’y pense pas vraiment. On me le rappelle de temps en temps mais j’ai ma ‘propre image’.

 

BB – Je n’ai pas l’impression que mon père soit si connu dans le monde du rallye. Souvent, les gens le connaissent plus pour ce qu’il faisait avec Brice (Zufferey), dans les structures et dans l’organisation. On me disait plutôt… ‘ah, mais t’es le fils du gars qui est à la sortie des spéciales ?’

 

 

Retrouvez la dernière partie de notre entrevue dans les jours à venir.

 

Crédits photographiques : Nuno Ferreira / Sport-Auto.ch

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