Vide
Vide

Rallye International du Valais 2026 – Le résumé de la course

 

LES FORCES EN PRESENCE

Après une édition 2025 record, le nombre d’engagés sur cette édition retrouve une plus grande normalité avec, cette fois, 104 équipages engagés dans les différentes catégories. Désormais, on retrouve seulement deux listes distinctes : vitesse (Modernes et VHC) et régularité (VHRS, VMRS et ENRS).

 

En Moderne, ce sont 65 équipages engagés parmi lesquels 25 Rally2. En tête du Championnat suisse des rallyes, Nicolas Lathion et Morgane Apothéloz (57 points avant le RIV) s’élancent avec le numéro 1 sur les portières. Mike Coppens et Christophe Roux (32 points avant le RIV) font leur retour à la compétition après leur deuxième place au Rallye du Chablais. Vice-champions 2025, Yoan Loeffler et Aurélien Chiapello sont également présents sur une Skoda Fabia RS Rally2.

 

Toujours en lice pour le titre, Thibault Maret et Louis Louka (29 points avant le RIV) continuent leur aventure. Les habitués comme Mella, Erard, Cheseaux, Vuistiner et Scheidegger sont toujours présents. Jérémy Michellod fera sa deuxième expérience à bord d’une Rally2, tout comme Didier Bertholet. Quant à François Forclaz, habitué des baquets de droite, il prend cette fois la place du pilote avec Gilbert Balet à ses côtés.

 

Troisièmes l’an dernier, Jonathan Michellod et Stéphane Fellay reprennent du service et visent à nouveau le podium. Après son impressionnante ‘cabriole’ de 2024 et surtout son titre conquis cette même année, Michaël Burri revient sur les routes valaisannes mais avec Maxime Andernack (vainqueur du Rallye du Chablais aux côtés de Grégoire Munster) puisque Gaëtan Aubry est engagé aux côtés de Joël Rappaz (Skoda Fabia RS Rally2).

 

Yohan Surroca, accompagné de Loïc Dumont, fait son retour en Valais après avoir déjà marqué les esprits en 2025 avec sa Hyundai i20 N Rally2. Quant à Pascal Perroud et Charlène Greppin, présents sur la liste des engagés, ils sont finalement absents au départ.

 

Quatre voitures de la catégorie Rally3 (4 roues motrices) sont engagées avec Craviolini, Boissenin, Sermier et Baptiste Rey qui fait sa première expérience sur cette monture aux côtés de son père, Daniel. A noter encore le retour à bord d’une Clio R3 d’Olivier Gillet et Patrick Spart.

 

Mireille Vidueira est également présente avec son Alpine A110 RGT et Julien Rubin-Delanchy aux notes. En Rally4, on retrouve Zurkinden, Devanthéry, Papilloud et Esteves (en tête de la Coupe Suisse avant le RIV) pour n’en citer que quelques-uns. On retrouve également quelques voitures des catégories inférieures avec des R2 et autres Rally5.

 

LE JEUDI POUR LES PREPARATIFS ET VENDREDI POUR DEBUTER

Comme toujours, le rallye débute par les contrôles administratifs et techniques. Les voitures sont ‘auscultées’ avant de rejoindre, pour une partie d’entre elles, la spéciale d’essais, le Shakedown. Cette année, contrairement à l’édition 2025, point de spéciale nocturne pour lancer les hostilités.

 

C’est donc vendredi matin que les concurrents s’élancent de Martigny pour rejoindre la première épreuve chronométrée qui a lieu à Anzère (Fortunau-La Tzoumaz) avant de poursuivre sur Nax Région (Chalais-Vercorin-Nax) pour finir la matinée à Hérémence (Euseigne-Mâche).

 

Dès l’entame, Maret-Louka se montrent les plus rapides devant leurs ‘potes’ Burri-Andernack et Surroca-Dumont. Ces trois équipages vont se disputer les places d’honneur tout au long de la journée. Dans l’ES2, c’est Surroca qui devance Burri et Coppens. Burri signe à son tour le scratch dans Hérémence et devance Surroca et Coppens. En rentrant à Martigny pour l’assistance de la mi-journée, quatre équipages sont regroupés en 4.7 secondes : 1er Surroca, 2e Burri, 3e Maret et 4e Coppens.

 

Alors qu’ils pourraient se contenter d’assurer, Nicolas Lathion et Morgane Apothéloz attaquent, signent de bons chronos et se placent au 5e rang provisoire, devant Michellod-Fellay et Loeffler-Chiapello. Toujours aussi impressionnant, Aurélien Devanthéry, qui reforme un duo avec Michaël Volluz, emmène provisoirement sa ‘modeste’ Peugeot 208 Rally4 au 14e rang.

 

VENDREDI APRES-MIDI TRES DISPUTE

L’après-midi, on prend les mêmes et on recommence. Surroca réalise le meilleur temps dans Anzère avant que Maret ne signe le scratch dans les deux spéciales suivantes pour coiffer Surroca sur le fil. Ce dernier pointe à seulement 1.6 secondes de Maret après 89.48 kilomètres disputés face au chrono. Mieux encore, Burri qui occupe la troisième marche du podium provisoire, pointe à seulement 3.4 secondes de la tête. Un mouchoir de poche !

 

Quatrièmes, Coppens-Roux terminent la journée à 11.3 secondes et Lathion-Apothéloz à 25.1 secondes. Les neuf premiers classés sont regroupés en seulement 46.2 secondes. Quant à Devanthéry, toujours le plus rapide en deux roues motrices, il pointe provisoirement au 15e rang du général. La première voiture ‘propulsion’ est l’Alpine A110 RGT de Mireille Vidueira et Julien Rubin-Delanchy.

 

Malheureusement, au terme de cette première journée de compétition, on compte déjà quelques abandons, parmi lesquels la paire Olivier Gillet – Patrick Spart qui doit jeter l’éponge sur l’ES4, moteur cassé sur leur Renault Clio R3.

 

LES COLS COMME JUGE DE PAIX

Fidèle à sa réputation, la spéciale des Cols, de retour dans une configuration plus ‘traditionnelle’ avec deux portions terre, marque cette édition 2026. Connue comme LA spéciale du rallye qui fait bien souvent la différence, et parfois quelques victimes, la première épreuve de samedi aura une nouvelle fois laissé des traces.

 

S’élançant en premier depuis Charrat, Thibault Maret parcourt toute la montée, puis les deux sections terre avant de retrouver l’asphalte, direction le Col des Planches. C’est à ce moment-là qu’il commet une petite faute dans un gauche qui l’oblige à corriger sa trajectoire, avant de se faire ‘jeter’ à l’extérieur, tapant l’accotement qui l’envoie dans une impressionnante série de tonneaux. Heureusement, l’équipage s’en sort sans trop de mal mais il n’en va pas de même pour la voiture qui est détruite. L’espoir d’une première victoire au RIV s’envole en même temps que la Citroën C3 Rally2 prenait les airs.

 

Deuxième sur la route en ce samedi, Yohan Surroca ne se laisse pas distraire et signe le meilleur chrono sur les 30.9 kilomètres. Grand amateur du Rallye International du Valais et habitué, le prince Albert von Thurn und Taxis, avec Jara Hain, signe le 2e chrono devant une autre habitué, Mike Coppens, et Nicolas Lathion.

 

Quant à Michaël Burri, il commet une erreur au départ des Cols (tout droit). Alors provisoirement 3e, il est envahi d’émotion, et de ses vieux démons et souvenirs d’une certaines sortie de route de 2024, au moment où il voit son ami Thibault Maret sur le bord de la route. Il perd ses sensations et de précieuses secondes (27.6 sur Surroca) sur cette seule spéciale.

 

Yoan Loeffler crève dans la première section en montée et doit s’arrêter pour changer de roue, perdant du même coup toute chance de bien figurer au classement final. Quant à Mireille Vidueira, elle se fait piéger dans une section givrée, sort de la route, sans dégâts sur son Alpine mais sans possibilité de revenir sur la spéciale, motricité en berne.

 

SURROCA S’ENVOLE

Dans les deux spéciales suivantes, Yoan Surroca enfonce le clou et prend ses distances avec ses poursuivants en signant encore deux scratchs. Avant de disputer la Super Spéciale du Châble, devant un public venu nombreux, il dispose de 21 secondes d’avance sur Coppens et 38 secondes sur Burri. Ce dernier se loupe sur le parcours de cette épreuve spectacle et lâche plus de 15 secondes sur le kilomètre du Châble. Il faut dire que le parcours était particulièrement difficile à appréhender pour bien des concurrents, faute de signalisation claire.

 

De retour à Martigny pour l’assistance de la mi-journée, le podium provisoire est (déjà) celui qui se retrouvera à l’arrivée. Surroca devance Coppens de 20’’ et von Thurn und Taxis de 39’’.

 

LE CHAMPION VACILLE

Pour la dernière boucle, Surroca remet ça et remporte à nouveau la spéciale des Cols. Cette fois, il devance Coppens et Koltun. Dans la montée entre Les Vallettes et Champex-Lac, c’est Koltun qui signe le scratch. Surroca, Coppens, Burri et Mella sont les Suisses les plus véloces.

 

Alors que tout le monde pensait qu’il ne leur restait plus qu’à rejoindre l’arrivée pour atteindre le titre de Champion suisse des rallyes 2026, Nicolas Lathion et Morgane Apothéloz commettent une faute dans le premier virage de la spéciale de Catogne 2. Dans l’épingle gauche située à proximité des Gorges du Durnand, ils mettent leur rallye en péril sur une erreur. Ils partent en survirage, tente un rattrapage sous la forme d’un 360° mais chutent du muret à l’intérieur de la courbe, endommageant ainsi leur suspension et deux roues.

 

Ils continuent néanmoins leur chemin, avant de s’arrêter quelques mètres plus loin, pensant avoir tout perdu dans l’opération. Heureusement, après une évaluation rapide des dégâts, ils parviennent à changer les deux roues endommagées et ainsi rejoindre l’arrivée de la spéciale. Ils chutent au classement pour se retrouver au 12e rang mais, surtout, à la 9e place du classement suisse.

 

A ce moment précis, les calculatrices chauffent du côté de MyExpo pour savoir qui de Coppens ou de Lathion serait champion dans cette situation. Il reste une spéciale à disputer et, bien sûr, les deux équipages doivent encore rejoindre le podium final pour marquer les points nécessaires pour être titrés. Dans un ultime effort, avec une voiture ‘diminuée’, la paire Lathion-Apothéloz parvient à rejoindre l’arrivée, signant au passage un impressionnant 8e temps dans l’ES13, et ainsi conquérir leur premier titre de Champions suisses des rallyes. Quel scenario ! Quelles émotions ! Nul doute que l’entourage des deux valaisans aura souffert en cette après-midi du 31 octobre 2026 dont ils se souviendront longtemps.

 

UNE VICTOIRE CONSTRUITE ET BIEN MERITEE

L’an dernier, nous avions souligné la performance de Yohan Surroca pour sa première sortie en Rally2. Depuis, il a continué de rouler en Rally4 en Italie et au Rallye du Chablais avant de reprendre le volant de la Hyundai i20 N Rally2 au Rallye de la Montagne Noire et au Rallye Mont-Blanc Morzine.

 

Sur ce RIV, les spécialistes de la discipline l’avaient sans doute placé dans les prétendants à une Top 5 alors que le grand public ne connaissait pas encore le jeune Valaisan. Mais dès l’entame, Surroca et son copilote Dumont se montrent particulièrement à l’aise. Ils occupent un temps la tête du rallye durant la première journée mais c’est le samedi qu’ils assoient leur domination pour aller conquérir leur première victoire.

 

A 24 ans, Yohan Surroca devient ainsi le plus jeune Suisse vainqueur du Rallye International du Valais, devant un certain Jean-Marie Carron (le Finlandais Esapekka Lappi l’a remporté à 22 ans). Gageons que cette victoire lui permette de trouver le budget nécessaire à ses ambitions internationales.

 

ET LES AUTRES ?

A chacune de ses sorties, Aurélien Devanthéry impressionne au volant de sa Peugeot 208 Rally4. Ce RIV ne fait pas exception puisqu’il parvient à rejoindre l’arrivée à une belle 17e place, remportant logiquement le classement RC4, le Michelin Trophy Alps 2RM et la Coupe Suisse. A Sport-Auto.ch, on se languit de le voir évoluer un jour sur une Rally2.

 

Mathieu Zurkinden (208 Rally4) et Alain Rey (Clio Rally4) complètent le podium RC4 qui est le même que celui de la Coupe Suisse. C’est toutefois Michaël Esteves et Ismaël Berdayes qui réalisent la bonne opération en remportant la Coupe Suisse 2026, fruit de leur régularité tout au long de la saison.

 

Mathieu Sermier – Yvan Thurre sont les plus rapides en Rally3 avec leur Renault Clio et devancent Craviolini-Micheloud et Rey-Rey. Le jeune Français Grégory Scotto la Chianca et Florian Chardon remportent eux le classement RC5 devant Léger-Udry et Ferrez-Barone.

 

LA PERFORMANCE DU RALLYE

Comme il est courant dans les matchs de football d’élire l’homme du match ou la meilleure performance d’un joueur, nous nous essayons à l’exercice difficile de la nomination de ‘La performance du rallye’. Bien sûr, comme en football, on est rarement d’accord et chacun y va de son commentaire vis-à-vis de celui ou ceux qui jouent le rôle ‘d’électeur’ et des joueurs élus. Ce qui est mis en évidence ici comme ‘La performance du rallye’ est juste une manière de reconnaître le travail remarquable d’un pilote, d’un copilote, d’un équipage, d’un commissaire, d’un organisateur ou tout simplement d’un passionné de rallye au sens large du terme…

 

Sportivement, nous aurions dû logiquement récompenser la victoire et la performance remarquable d’Yohan Surroca et son copilote Loïc Dumont. Mais comme nous avions déjà attribué cette ‘reconnaissance’ à Surroca l’an dernier, nous avons décidé de relever une autre performance réalisée ce week-end.

 

Deux ans après son impressionnante sortie en terres valaisannes, Michaël Burri revenait au RIV pour jouer la victoire mais aussi et surtout, pour vaincre le sort. On connaît son attachement particulier à l’épreuve valaisanne qu’il rêve évidemment de remporter depuis de nombreuses saisons mais la performance mentale qu’il a réalisé ce week-end mérite le respect.

 

Certes, il échoue au pied du podium mais réussir à vaincre ses peurs légitimes est sans doute la plus grande des victoires qu’il aurait pu remporter. Il le dit lui-même, il reviendra encore plus fort en Valais pour continuer de jouer la victoire et on lui souhaite d’y parvenir un jour.

 

Classement général final

 

NB : Nous reviendrons sur le rallye des VHC et régularité dans un article dédié

Crédits photographiques : Nuno Ferreira / Sport-Auto.ch

À propos de l'auteur

Related posts