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WEC: Neel Jani et Fabio Scherer victorieux à Monza

Troisième épreuve du championnat du monde d’endurance et dernière répétition générale avant les 24 Heures du Mans agendées cette année les 20 et 21 août, les 6 Heures de Monza ont vu ce dimanche 18 juillet la Toyota GR010-Hybrid Hypercar No 7 du trio Conway-Kobayashi-Lopez s’imposer avec seulement 60 secondes d’avance sur l’Alpine A480 de Lapierre-Negrao-Vaxivière. Le troisième rang au classement général est revenu à l’Oreca d’United Sport pilotée par l’Obwaldien Fabio Scherer. Ce dernier, associé au Britannique Phil Hanson et au Portugais Felipe Albuquerque, s’est imposé en LMP2. Quant au Biennois Neel Jani, parfaitement épaulé par le Français Kévin Estre, il a offert à Porsche une nouvelle victoire dans la catégorie LMGTE-Pro. Le Vaudois Sébastien Buemi, vainqueur des deux premières courses de la saison sur la seconde Toyota Hypercar, la No 8, a pour sa part terminé 33e et dernier du classement général. Cela en raison d’un important problème au niveau du système d’arrivée d’essence qui lui a coûté plus de 45 minutes. Comme il s’est classé 4e dans la catégorie Hypercar, Sébastien Buemi conserve néanmoins le commandement au championnat du monde.

Difficile de dire qui de Neel Jani ou de Fabio Scherer était le plus heureux au terme de la course. Les deux pilotes suisses ont en tout cas brillé de mille feux aux 6 Heures de Monza.

Fabio Scherer : « Cette victoire en LMP2, la deuxième de la saison après celle de Spa, nous permet d’envisager les prochaines 24 Heures du Mans avec confiance. Avec ses longues lignes droites entrecoupées de chicanes, le circuit de Monza possède en effet quelques similitudes avec celui du Mans. Nous sommes ainsi très satisfaits d’avoir trouvé de bons réglages pour la course. Grâce à cette victoire à Monza, nous sommes par ailleurs passés en tête au classement réservé aux écuries de la catégorie LMP2. Ce qui me fait très plaisir également, c’est que, après deux mois de pause, j’ai été immédiatement dans le coup. Mon premier relais était excellent et j’ai également été satisfait de mon second relais. Toute l’équipe a réalisé un excellent travail ce week-end. »

La troisième place sur le podium du classement général de Fabio Scherer s’explique bien entendu par les problèmes rencontrés par la Toyota No 8 ainsi que par les deux nouvelles Glickenhaus Hypercar. Ceci dit, la Glickenhaus No 709 du Vaudois d’adoption Romain Dumas, pointé un instant en tête de la course, a fait mieux que de se défendre puisqu’elle termine au 4e rang du classement général, à seulement 28 secondes de l’Oreca de Fabio Scherer.

Outre la Toyota No7 et la Glickenhaus No 709, l’Alpine A480 du Franco-Genevois Nicolas Lapierre a occupé elle aussi la tête de la course. Toyota n’est ainsi pas du tout certain de remporter une quatrième victoire consécutive aux 24 Heures du Mans. D’ailleurs, chez Alpine, qui ne courrait jusqu’ici qu’en LMP2 et qui effectuera son grand retour dans la catégorie reine dans la Sarthe, 43 ans après la victoire obtenue par Jean-Pierre Jaussaud et Didier Pironi, on commence déjà à rêver de victoire, tant la course de Monza a été longtemps indécise.

Longtemps indécise a également été la victoire dans la catégorie LMGTE-Pro aux 6 Heures de Monza. Le duo Neel Jani-Kévin Estre (Porsche 911 RSR) ne s’y est imposé qu’avec une demi-minute d’avance sur la Ferrari 488 GTE-Evo de James Calado-Alessandro Pier Guidi. La victoire a basculé lors des deux dernières minutes de course quand la Ferrari a dû effectuer un ravitaillement éclair qui l’a rejetée à 32 secondes de la Porsche du pilote biennois.

Neel Jani : « Cette victoire, la seconde de la saison après celle de Spa, a été obtenue après une bagarre de tous les instants. Pendant la majeure partie des six heures de course, les deux voitures n’ont en effet jamais été séparées par plus de six secondes! Cela nous rend particulièrement confiants avant les 24 Heures du Mans. Tout le monde a effectué une prestation magistrale, aussi bien dans les boxes que derrière le volant. Kévin, une fois de plus, a été au top du top! »

Kévin Estre : « Cette victoire est d’autant plus belle que nous ne nous y attendions pas. Nous savions certes que notre Porsche 911 RSR était rapide sur un tour et nous l’avons prouvé en obtenant la pole-position. Nous pensions cependant que les Ferrari, à domicile, allaient être plus rapides sur la durée de la course. Mais notre équipe aux boxes a toujours réussi à gagner quelques précieuses secondes à chaque arrêt. Notre stratégie de course a été optimale et Neel était en grande forme. C’était l’une des courses du WEC les plus difficiles de toute ma carrière. »

Si Neel Jani et Fabio Scherer avaient le sourire à l’arrivée, cela n’était pas le cas de Sébastien Buemi.

Sébastien Buemi : « C’était vraiment une course très difficile pour nous et nous avons fait ce que nous avons pu. Nous étions en deuxième position, juste derrière la No 7, lorsque nous avons dû composer avec différents ennuis, notamment au niveau de l’arrivée d’essence. J’espère que tous ces ennuis ne seront plus qu’un mauvais souvenir au Mans. »

Le fait que Sébastien Buemi ait été relégué à la 33e et dernière place a permis à l’Alpine A480 du Franco-Genevois Nicolas Lapierre, de terminer sur la deuxième marche du podium.

Nicolas Lapierre : « Cette course était une bonne préparation sur un circuit semblable à celui des 24 Heures du Mans. Une fois de plus, l’équipe a effectué un travail irréprochable, tant sur le plan technique que sur celui de la stratégie. Cela fait plaisir tant le défi de la catégorie reine est immense avec de nombreux paramètres inédits à gérer. Le fait de réaliser trois premières courses de cette qualité constitue une belle preuve de réussite. L’objectif au Mans sera de mettre nos adversaires sous pression afin d’exploiter la moindre opportunité. Nous sommes prêts à relever ce défi. »

Philippe Sinault, patron de l’écurie Alpine : « Nous sommes extrêmement satisfaits de ce troisième podium consécutif. Depuis le début de l’année, nous confirmons notre position d’outsiders et c’était à nouveau le cas à Monza. Nous avons bien su gérer les faits de course tout en poussant nos adversaires dans leurs retranchements comme certaines de leurs erreurs en attestent. Nous avons cependant été légèrement moins performants qu’à Portimão, probablement en raison de la chaleur. Nous continuons ainsi d’apprendre et de progresser dans tous les domaines, y compris ceux liés à l’autonomie et à la quantité d’énergie allouée. Nos trois pilotes ont notamment réalisé un excellent travail sur ces aspects aujourd’hui. Nous sommes aussi prêts que possible avant d’affronter un monument comme Le Mans. Les prochaines semaines s’annoncent difficiles avec une révision complète de l’A480 et de tous ses éléments. Il y aura énormément de pression mais nous avons hâte d’y être ! »

On mentionnera enfin, en style télégraphique, les résultats des autres pilotes suisses présents à Monza. Le Vaudois Esteban Garcia, associé au Nyonnais d’adoption Loïc Duval et au Français Norman Nato, a terminé 10e du classement général, 7e en LMP2 et 3e en Pro-AM sur l’Oreca du Realteam Racing. Cela juste devant l’Oreca du Richard Mille Racing de Tatiana Calderon et Sophia Flörsch. Quant aux Suisses alémaniques Thomas Flohr et Rahel Frey, tous deux sur une Ferrari 488, ils se sont respectivement classés en 25e et 26e positions (7e et 8e du classement LMGTE-AM).

Classement de la course

Tous les résultats

Crédits des photos: WEC, Fabio Scherer Media, Toyota, Alpine et Porsche

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