Yokohama 160×600
B.R.M 160×600

Les champions du VHC 2021 fêtent leur titre

Voilà déjà quelques mois que le championnat suisse des rallyes 2021 s’est terminé sur les routes valaisannes. Malheureusement, aucune cérémonie de remise des prix n’est venue ponctuer cette belle saison. La victoire au général du classement VHC de l’équipage Trolliet-Moulin méritait bien une fête digne de ce nom. Ils ont donc mis sur pied leur propre soirée pour passionnés, ce vendredi 4 mars 2022. Sport-Auto.ch y était et en a profité pour recueillir les impressions du duo à la Porsche 911.

 

Au terme d’une belle saison 2021 et après huit ans de rallye ensemble, Guy et Sébastien sont parvenus à se hisser sur la plus haute marche du podium du classement VHC. Ce n’est pas moins de 24 équipages qui figurent au classement général du championnat des véhicules historiques. Outre la Porsche 911 Trolliet-Moulin, on retrouve les deux Ford Escort de Claude-Alain Cornuz-Aurélie Jaton et Jean-Romain Cretegny-Eric Von Känel sur le podium final.

 

A l’occasion de leur repas de soutien et de leur propre ‘fête des champions’, Guy et Sébastien ont profité pour remercier leur partenaires, amis, familles et autres connaissances. Leur fidèle Porsche 911 3.2 de 1985 était présente aux côtés de leur toute nouvelle monture, fraichement préparée pour leur saison 2022, une magnifique Porsche 911 sc Gr4 !

 

 

INTERVIEW DES CHAMPIONS VHC

 

Forts de votre grande amitié, vous avez commencé, ensemble, le rallye en 2013. 21 rallyes plus tard, vous êtes sacrés champions suisses en VHC, bravo ! Pensiez-vous un jour accéder à ce titre lorsque vous avez commencé cette discipline ?

Guy : Honnêtement, pas du tout. Nous avons la chance d’avoir une voiture très fiable grâce à sa préparation et d’être réguliers, sans sur-conduire. Pour jouer un championnat, c’est ce qu’il faut.

Sébastien : Vraiment pas… lors de notre premier rallye, je me souviens très bien avoir regardé, rêveur, le podium en me disant que j’adorerais un jour pouvoir secouer le champagne à mon tour.

 

A partir de quel moment vous êtes-vous dit que le titre était à votre portée ?

Guy : Après le rallye du Tessin. Nous avions vraiment la pression de ne pas finir ce rallye. Mais nous avons très bien géré, surtout sur la première spéciale où nous nous sommes mis à l’abri de nos poursuivants. En Valais, jusqu’au dernier départ de la spéciale de Chalais – Nax, nous étions extrêmement concentrés.

Sébastien : Nous sommes arrivés sur le dernier rallye de la saison avec un seul adversaire, nous même ! La pression était là, mais j’étais étonnamment serein, car nous avons beaucoup appris de nos erreurs passées.

 

 

L’une des difficultés du rallye est l’impossibilité de s’entraîner dans des conditions de roulage similaires à celles de la course. Que faites-vous tout au long de l’année en matière de pilotage/copilotage et préparation physique pour être performants pendant les courses ?

Guy : Je vais faire un peu de karting avec mon fils, qui se rapproche de plus en plus, un peu de vélo pour la condition physique et quelques jours de circuit sur l’année, mais rien de plus.

Sébastien : Honnêtement, pas grand-chose à part, depuis quelques années, un peu de VTT.

 

Si l’un de vous deux devait décider de ne plus faire de rallye, l’autre pourrait-il se faire à l’idée de combler cette passion auprès d’un-e autre pilote/copilote ?

Guy : Je vais vous dire non. Nous avons une telle osmose que ça serait difficile de trouver une même complicité avec quelqu’un d’autre. Cependant, on ne sait jamais. Si la passion est plus forte, pourquoi pas…

Sébastien : J’aime à dire que je ne suis pas un copilote mais le copilote de Guy. C’est un concours de circonstances qui m’a propulsé dans le baquet de droite. Je n’avais pas cette vocation. Grâce à Guy, j’ai pu vivre ma passion de la course de l’intérieur, je lui en suis très reconnaissant. Si, personnellement, je ne roulerais jamais avec un autre pilote, je trouverais intéressant que Guy s’essaie avec un copilote expérimenté.

 

 

Bien que vous n’ayez pas remporté le Rallye du Valais cette année (NDLR : une belle troisième place), le fait d’être sacrés champions suisses à son issue a sans doute dû être l’une de vos plus belles expériences vécues en rallye. A l’opposé, quelle a été votre pire expérience ?

Guy : Effectivement, de remporter le titre au Rallye du Valais est quelque chose de spécial. C’est ce rallye qui m’a donné envie de faire ce sport. La pire expérience est notre abandon au Rallye du Mont-Blanc en 2016 alors que le titre nous tendait les bras. Mais au-delà de la déception de ne pas avoir gagné le titre, c’était de ne pas être à l’arrivée de ce rallye, à quelques kilomètres du but, alors que nous étions deuxièmes au scratch, et ça, c’était une sacrée perf.

Sébastien : Gamin, le Rallye du Valais passait devant ma maison… donc oui, il a une saveur particulière. D’ailleurs, mon meilleur souvenir est sûrement la première spéciale des Cols disputée sur ‘mes’ terres au Valais 2019. On a eu un tel feeling dans la voiture, c’était dingue… et une super performance à la clé. Le pire reste ce Mont Blanc 2016 qui fut bien difficile à digérer.

 

Vous courrez sur la même Porsche 911 3,2 de 1985 depuis vos débuts en rallye (NDLR : au départ pour des rallyes de régularité sportive). Allez-vous encore continuer au volant de cette voiture pour 2022 ?

Guy : Cette année, nous allons abandonner notre Porsche 911 3.2 pour une Porsche 911 sc GR4. En Août 2020, j’ai trouvé une coque neuve qui dormait dans un hangar au Tessin. C’est mon beau-père, Jean-Claude Burnier, qui a remonté une nouvelle voiture de A à Z. Elle sera beaucoup plus performante que notre 3.2. Ça sera une vraie voiture de course. Il faudra l’apprivoiser car elle sera très différente à conduire. Je tiens à tirer un coup de chapeau à Jean-Claude pour avoir, à 77 ans, remonté cette voiture comme si c’était une œuvre d’art, avec toute sa passion. Chapeau bas !

Sébastien : La 3.2 fini sa carrière avec nous sur un titre, c’est vraiment top ! Cette saison, on passe à autre chose. C’est incroyable d’avoir assisté à la construction de cette véritable bête de course. J’espère qu’on se montrera à la hauteur du job de Jean-Claude ! J’ai bien hâte !

 

 

En 2019, votre Porsche 911 a quitté son bleu d’origine pour une nouvelle décoration multicolore qui vous rend encore plus reconnaissables. Pouvez-vous nous dire plus sur le choix de cette livrée ?

Guy : C’était un petit clin d’œil à Jean-Claude pour tout ce qu’il fait pour moi. C’était les couleurs de la voiture qu’il a fait courir aux 24 du Mans en 1976, sous les couleurs de Schiller avec au volant Florian Vetsch et Claude Haldi.

Sébastien : Au début, j’avoue avoir été sceptique sur ce design mais, dès que je l’ai vu en vrai, j’ai été amoureux de cette décoration. Le clin d’œil est sympa.

 

Quel est votre programme pour 2022 ? Le fait d’être champions suisses vous ajoute-t-il une pression supplémentaire ?

Guy : Non, vraiment pas. Nous allons d’abord préparer et fiabiliser la voiture avant le premier rallye qui sera le Chablais. Après ça, je penses que ça sera l’Ile d’Elbe et le Valais ou le San Remo. Je suis déçu de ne pas aller au Mont Blanc mais, avec la nouvelle réglementation de la FFSA de faire passer les VHC après les modernes, je ne vais pas y aller.

Sébastien : Ça, il faut demander au boss !

 

 

 

La rédaction de Sport-Auto.ch remercie et félicite Guy Trolliet et, plus encore, notre cher ‘Boss’ Sébastien Moulin qui a su vivre sa passion automobile dans le baquet de droite tout en menant ‘son équipe’ Sport-Auto.ch. BRAVO LES CHAMPIONS !

 

 

 

Interview réalisée par Bob de Grafenried.
Crédits photographiques : Sébastien Moulin et Nuno Ferreira / Sport-Auto.ch

Related posts