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Cédric Borboën dresse le bilan du Rallye International du Valais

La 61ème édition du Rallye International a bouclé le championnat suisse des rallyes 2021. Après cette course, une inhabituelle pluie de critiques a visé l’organisation. Sport-Auto.ch est parti à la rencontre du président de l’organisation, Cédric Borboën afin de dresser un bilan sur cette édition et d’avoir son ressenti.

Sport-Auto.ch : Avec désormais un peu de recul, comment juges-tu cette édition ?

Cédric Borboën : « Avec le recul, je mesure le courage et le gros travail accompli par toutes mes différentes équipes pour réussir à faire un tel événement compte tenu de toutes les complications du moment. Mais cette édition a vraiment été très compliquée à organiser et cela surtout en raison du manque de bénévoles à disposition (-40% par rapport aux éditions passées) à cause des restrictions COVID, pass sanitaire et test payant.

Malgré cela, je suis très fier de toutes et tous ainsi de ce que nous avons été, malgré tout, capable de réaliser pour cette édition, même si tout n’a pas fonctionné comme nous l’aurions souhaité ou comme cela devrait fonctionner.

Je profite de cet interview pour remercier tout particulièrement l’ensemble des commissaires, des responsables, des bénévoles et de toutes les personnes qui nous ont permis de réaliser la 61e édition et ce dans des conditions qui n’était vraiment pas simple.

Au niveau sportif, nous avons eu une très belle compétition. En moderne avec notamment une grande bataille pour le titre de Champion Suisse et de la première place à notre Rallye. En VHC ce fut un peu plus compliqué avec beaucoup de désistement en dernière minute notamment d’équipages étrangers du championnat européen.

Là aussi un grand merci à tous les équipages (pilotes, copilotes, mécanicien-ne-s, staff) de notre 61e édition, pour leur participation et leur compréhension de la situation et surtout pour leur patience parfois. Comme je l’ai dit tout n’a pas fonctionné comme cela aurait dû et nous en avons toutes et tous subi malheureusement les conséquences. »

Etes-vous satisfaits des chiffres de cette 61ème édition ? Comment se porte l’événement financièrement ?

« Satisfait, non absolument pas et bien au contraire. Pas uniquement au niveau des chiffres mais à tous niveaux.

Déjà pour réussir à réaliser le rallye cette année, nous avons dû réduire la voilure sur énormément de points hormis la sécurité bien sûr. Et bien évidemment les réductions que nous avons dû opérer avec les moyens à disposition pour que la 61e édition puisse avoir lieu, n’a pas plu ou n’a pas été comprise par certain-e-s.

Au niveau financier, c’est encore un peu tôt pour donner un bilan définitif, mais je serais très heureux si nous sommes à l’équilibre. »

Au terme de la course, une pluie de reproches sont tombées sur les réseaux, comment l’avez-vous vécu ?

« Même si cela ne fait jamais plaisir, très sincèrement je ne l’ai pas mal vécu et ceci pour une raison simple : la majorité des critiques sont faites de l’extérieur sans même connaître l’intérieur, les tenants et aboutissants, les complications, les obligations, les restrictions, le manque de finance (dû à la situation COVID) pour l’organisation d’un événement de cette ampleur. »

On peut craindre le manque de personnel sur les prochaines épreuves, qu’allez-vous mettre en place pour retrouver et remotiver tous les bénévoles qui œuvrent lors de la course ?

« Oui cela c’est une certitude et c’est un point très très inquiétant pour tous les organisateurs de rallyes en suisse.

Nous manquons cruellement de renouveau et nous ne sommes pas beaucoup aidé dans ce sens-là.

Avec l’ensemble des organisateurs de rallye Suisse, comme chaque année, nous nous sommes réunis, et c’est un point qui est très sensible et dont nous travaillons pour trouver des solutions. Quelques-unes sont en cours de développement. »

Est-ce que vous ainsi que votre organisation avez toujours pour but de faire partie du championnat d’Europe Historique ?

« Il est encore trop tôt pour le dire, surtout que la décision « finale » ne nous appartient pas. Tout ce que je peux dire c’est que nous ne sommes absolument pas satisfaits de la participation étrangère et que nous avons eus des problèmes, pendant le rallye, dans la collaboration avec les responsables du championnat. »

Quelles sont les choses que vous souhaiteriez mettre en place pour 2022 ?

« Nous sommes encore sur la finalisation et bilan de l’édition 2021.

C’est encore trop tôt pour nous de parler de 2022, mis à part la faite que nous allons revenir à 2 jours (vendredi et samedi) au lieu des 2,5 jours (jeudi, vendredi et samedi) mis en place depuis la 61e édition. Au niveau du tracé, le vendredi sera concentré sur la région de Martigny alors que le samedi sera lui disputé sur la région de Sion. »

Est-ce que le Rallye International du Valais est en danger ?

« Les rallyes en général en Suisse sont en danger, à moyen terme, car malheureusement, nous sommes à contre-courant de l’écologie. Il devient de plus en plus difficile de trouver les sous pour financer nos rallyes. Il faut également dire que 2 ans de COVID n’ont pas arrangé la situation. Chaque année, je mets de ma poche pour équilibrer les comptes mais cela ne sera pas éternel. »

Crédit photo : Baptiste Aebi – Trusk Imags

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