Sans image, les spectateurs, les concurrents ou encore les organisateurs n’ont aucun moyen de conserver un souvenir ou promouvoir leur événement. Dominique Schaechtelin, alias Trusk Images, est l’une des références de la photographie dans le monde du sport automobile suisse. Ce véritable globetrotter assiste chaque année à plus de 20 courses automobiles (25 cette année), en parcourant près de 500 kilomètres à pied sur les épreuves. Dominique voyage dans tous les coins du pays avec un seul but : réaliser des clichés spéciaux, qui sortent du lot, pour faire plaisir à tous les concurrents.
Sport-Auto.ch a pu s’entretenir avec Dominique.

Sport-Auto.ch : Peux-tu te présenter brièvement, pour les amis du sport automobile ?
Dominique Schaechtelin : « Je me prénomme Dom, j’ai 47 ans, un fils de 21 ans et un fidèle compagnon à 4 pattes qui me suit partout, Martin. Je fais des photos principalement dans les championnats suisses, que ce soit en rallye, slalom ou course de côte. »
Quand as-tu commencé la photo ?
« J’ai effectué mes premiers shoots vers l’âge de 8 ans, en bidouillant avec le reflex de feu de mon père… Puis à 14 ans, j’ai eu mon premier boîtier, donc on peut dire que j’ai vraiment commencé en 1986. Dès lors, j’ai enquillé péloches sur péloches (il paraît que c’est le premier million de photos qui est compliqué, après ça va tout seul, comme disait l’un de mes profs de cours au CEPV). Cependant, je suis actif dans le monde du sport automobile seulement depuis 2015. A cette époque, je me rendais sur les courses avec mon fils, qui faisait sa formation de mécano, et bien évidemment j’emportais un appareil afin de sortir quelques clichés. C’est d’ailleurs à cette période qu’il y a eu pour moi deux facteurs déclenchants : le premier était une demande d’images de la course des Paccots pour la Revue Automobile de la part de son chef des sports, Gilles Rossel. Ensuite, le très grand (par le talent) Massimo Prati, qui lui, m’a demandé de le seconder pour la course Grône-Loye. »
Quel est ton objectif lors de chaque course ?

« Un 70-200… Trêve de plaisanteries, ramener des jolies images, trouver des spots que je ne connaissais pas, capter des instants. »
Quelle est ta course préférée ?
« Chaque course a ses avantages et ses inconvénients. Il y en a une qui me tient particulièrement à cœur, c’est celle de Châtel-St-Denis – Les Paccots, parce que c’est sur celle-ci que j’ai mis le pied à l’étrier en sport auto, que le parcours est plein de spots sympas, et que je connais bien les organisateurs et les apprécie. »

Penses-tu qu’il est toujours possible de vivre de la photo ?
« Je pense que oui ! Mais pas dans le milieu du sport automobile, qui plus est en restant en Suisse. Si l’on arrive à couvrir nos frais et éventuellement amortir un peu le matériel, c’est déjà bien. C’est avant tout une passion et on ne fait pas ça pour devenir riche. »
Quelle est ta meilleure expérience à ce jour ?

« Il n’y a pas de meilleure expérience, mais il y a une foultitude d’agréables moments et autres petits bonheurs. Parmi ceux-ci, il y a bien évidemment des rencontres et des moments partagés avec les pilotes, les copilotes, de même que tous ceux qui travaillent dans l’ombre. Il y a eu aussi le jour où j’ai reçu ma première accréditation FIA pour couvrir le Monte-Carlo, réalisant un rêve de gosse. »
Quelle est ta pire expérience à ce jour ?
« Comme pour la meilleure, il n’y en a pas de pire, mais des moments moins agréables… Comme lorsqu’un ami pilote part en tonneau à quelques mètres de toi. C’est très rapide, mais ça dure une éternité, jusqu’au moment où la voiture est arrêtée, et que le pilote te fait un pouce levé pour te dire que tout va (presque) bien… C’est plus des montées d’adrénaline. »
Qu’est-ce qu’un photographe redoute le plus ?
Un photographe ne redoute rien… Ce sont les éléments qui redoutent le photographe ! Sans rire, évidemment on redoute les accidents, on est plus proches des voitures que le public, sans toutefois prendre des risques inconsidérés. Nonobstant, un accident est vite arrivé. Et dans une moindre mesure, le bug matériel, par exemple la carte mémoire qui plante (quand elle est pleine évidemment, sinon ce n’est pas drôle !)