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Aux côtés de Harald Demuth au Rallye international du Valais

Pour une surprise, c’était une sacrée surprise! Grâce aux efforts conjoints de Frédéric Rey, président de l’Audi Sport Club Suisse, et de Dani Bachmann (photo ci-dessous), un des meilleurs spécialistes européens des anciennes Audi Quattro de course, le pilote allemand Harald Demuth, brillant vainqueur du Rallye du Valais en 1984, a pu à nouveau piloter aux Casernes de Sion une de ces fabuleuses Audi Quattro au volant desquelles il avait brillé aussi bien en championnat du monde (5e au RAC en 1982) qu’en championnat d’Europe (neuf victoires dont celle en Valais en 1984) et en championnat d’Allemagne (deux titres nationaux en 1982 et 1984).

« Je vous parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître », aurait chanté Charles Aznavour. Je vous parle en fait du Rallye du Valais de 1984 où les journalistes avaient été pour le moins dithyrambiques avec Harald Demuth: « Un ouragan nommé Demuth », « Harald Demuth formidable attaquant toute la journée, jusqu’à s’envoler! ».

Ces louanges étaient parfaitement justifiées, jugez-en plutôt: le sympathique pilote allemand, qui a piloté en championnat du monde aussi bien pour Audi que pour Toyota et Subaru, avait en effet réalisé le meilleur temps absolu dans 30 épreuves spéciales sur les trois jours de course! Mieux même, au cours de la 2e étape, disputée entièrement sur asphalte, un terrain qui était loin d’être idéal pour son Audi Quattro à quatre roues motrices, Harald Demuth s’était adjugé 17 des 18 épreuves chronométrées au programme! Cela lui avait permis d’effectuer une formidable remontée, depuis la 15e place, où l’avaient relégué des ennuis d’injection qui lui firent perdre plus de huit minutes aux Casernes de Sion, jusqu’au 2e rang.

Un 2e rang que Harald Demuth transforma à l’arrivée du rallye en un premier rang avec 52 secondes d’avance sur la Renault 5 Turbo du champion de Suisse en titre Eric Ferreux. Dans son livre, intitulé « Rallye du Valais, l’épopée d’un demi-siècle 1960-2009 », notre confrère Michel Busset avait le recul nécessaire pour juger comme il se doit l’exploit du pilote allemand: « La remontée de Harald Demuth et de son Audi Quattro, distancés de plus de sept minutes au soir de la première étape, restera comme l’un des hauts faits de l’histoire du Rallye du Valais. »

Et c’est le principal artisan de ce « haut fait » que l’auteur de cet article a pu accompagner pendant trois tours de l’épreuve spéciale des Casernes de Sion. Cela dans l’habitacle d’une véritable Audi Quattro de course, en l’occurrence la voiture que Michèle Mouton pilota au Rallye de Côte d’Ivoire de 1982. « Il s’agit d’une voiture que Michèle Mouton a encore pilotée récemment », nous a expliqué Dani Bachmann, le propriétaire de cette magnifique Quattro qui a conservé tous les équipements originaux des épreuves africaines de l’époque, à commencer par les pare-buffles et les deux gros feux supplémentaires fixés au bas du pare-brise.

Harald Demuth a beau avoir 69 ans, il fait bondir la Quattro avec beaucoup de dextérité. Un vrai régal. Les virages vous sautent carrément à la figure sur cette petite épreuve spéciale des Casernes de Sion. Le tout dans une magnifique symphonie en cinq cylindres! « Tu ne peux pas t’imaginer à quel point je suis heureux d’être revenu sur le terrain de l’une des courses les plus invraisemblables de ma carrière », nous confie Harald Demuth qui, tout au long de la journée, arborait une magnifique banane. Son sourire s’est encore élargi davantage lorsque nous avons favorablement accédé à sa requête de rencontrer Eric Ferreux, le pilote contre lequel il avait lutté pendant une bonne partie de la 3e et dernière étape du rallye en 1984.

« Si tu veux rencontrer Eric Ferreux, je vais te le chercher dans le parc des voitures du Rallye Emotion Show. Eric y a ressorti son ancienne Renault 21 Turbo groupe N au volant de laquelle il avait terminé 2e en 1988, derrière la Lancia Delta Integrale groupe A de Philippe Roux », dis-je à Harald Demuth.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Après avoir immortalisé leur rencontre avec une petite photo souvenir, on aurait bien de la peine à dire qui d’Eric Ferreux ou de Harald Demuth était le plus heureux des deux en enchaînant les anecdotes relatives à leur fabuleux duel de 1984. Un fabuleux duel que Michel Busset résuma très justement: « Une course, deux vainqueurs ». D’ailleurs, sitôt après l’arrivée, le pilote de Formule 1 Marc Surer, 3e du rallye au volant d’une Renault 5 Turbo dont il partageait l’habitacle avec le regretté Michel Wyder, ne manqua pas de féliciter chaleureusement Harald Demuth !

Crédits des photos et des vidéos: Laurent Missbauer, Dani Bachmann et archives

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