Après une longue absence sur la scène suisse, Jérémie Toedtli a signé son retour en prenant le départ du Rallye du Tessin puis du Rallye International du Valais. Mais sa reprise a été compromise par une sortie de route au Tessin, transformant le rendez-vous valaisan en épreuve destinée à retrouver confiance et rythme.
Sport-Auto.ch s’est entretenu avec le Neuchâtelois pour dresser le bilan de cette fin de saison et évoquer ses projets à venir.
Sport-Auto.ch : Après 6 ans sans course en Rally2, qu’est-ce qui t’a poussé à revenir ?
Jérémie Toedtli : « Le temps passe vite ! Le rallye est un sport de passion et, une fois qu’on y a goûté, il est difficile de s’en éloigner, même avec les aléas qu’on peut y rencontrer. L’envie de retrouver une Rally2 ne m’a jamais quitté, il me manquait simplement l’élément déclencheur. C’est mon copilote, Alex Chioso, qui l’a apporté en participant au championnat de France Terre avec Pierre Lafay et le Team AMD Motorsport. Il a joué, en quelque sorte, les observateurs pour jauger l’ambiance et le professionnalisme de la structure. Comme son retour a été très positif, nous avons choisi le Rallye du Valais comme objectif. Nous avons aussi rencontré Stefano Mella, qui nous a convaincus de rejoindre SwissRacingLab et de courir sous ses couleurs. »
Qu’est-ce qui a finalement changé dans les Rally2 depuis ta dernière course ?
« Les voitures ont beaucoup progressé : elles sont plus puissantes et plus coupleuses, les châssis ont été revus, ce qui améliore nettement la tenue de route. Le freinage a aussi gagné en efficacité. Ce n’est pas une révolution totale, mais chaque élément s’est bonifié. Après, c’est peut-être aussi que j’ai un peu perdu les sensations… Je pense qu’il faut davantage de kilomètres pour bien comprendre comment exploiter le potentiel de ces autos. À l’époque, je montais dans la Polo et, après deux spéciales, je savais déjà comment la prendre en main. Avec la Skoda Fabia RS, j’ai l’impression qu’il faut plus de temps pour atteindre un pilotage vraiment performant. »
Le Rallye du Tessin marquait ton retour et ne s’est pas terminé comme espéré, que s’est-il passé ?
« Le Rallye du Tessin devait servir de test grandeur nature, en remplacement de simples séances d’essais. C’est l’équipe qui nous a suggéré cette approche, qui semblait pertinente. Malheureusement, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Nous avons été piégés par une énorme coulée d’eau d’une centaine de mètres : la voiture est partie en aquaplaning et nous n’avons jamais réussi à la ralentir avant de toucher un rail. Pour ne rien arranger, un concurrent parti plusieurs positions derrière, malgré nos avertissements, a heurté notre auto à son tour.
Cette expérience nous a appris qu’avec ce type de monture, la présence d’un ouvreur est essentielle pour éviter de tels pièges. Bien sûr, nous aurions pu arriver moins vite ou être plus prudents, mais nous restons des compétiteurs… »
Quel regard portes-tu sur ton rallye du Valais ?
« Nous terminons 7ᵉ au général, mais le classement n’était pas la priorité. L’objectif était surtout de tourner la page après le Tessin, de retrouver la confiance, le plaisir de piloter et de montrer que nous savions à nouveau exploiter la voiture dans toutes les conditions. Sur ces points, c’est une réussite.
Nous avons également pu mesurer la qualité du travail de chacun : Alex aux notes, nos ouvreurs, AMD Motorsport, SwissRacingLab, ainsi que tous les partenaires et supporters présents. Au final, nous avons retrouvé une vraie dynamique et disposons désormais d’une base solide pour envisager une saison complète en 2026. »
Quels sont tes futurs projets / objectifs ?
« Pour 2026, nous envisageons de disputer le championnat suisse avec la même voiture et la même équipe que lors du Rallye du Valais. J’avais déjà prévu en 2020 de réaliser une saison complète en Suisse au volant d’une Rally2, mais la pandémie de Covid-19 avait mis ce projet à l’arrêt. J’espère que nous réussirons à réunir le budget nécessaire pour participer à toutes les manches.
Nous organiserons également un souper de soutien le 14 mars prochain dans la région de Saint-Aubin (NE). Vous pouvez vous inscrire sous ce lien. »



