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24h du Mans 2016 – Mathéo Tuscher : "On a des rêves, mais on les laisses de côté pour ne pas y penser"

24h Mans 2016-1-5A seulement 19 ans, et après quelques saisons en monoplaces, le jeune Vaudois Mathéo Tuscher sera au départ des prochaines 24h du Mans, en tant que plus jeune pilote de l’édition, après un fantastique début de saison qui le voit pointer au deuxième rang du championnat du Monde d’Endurance FIA WEC. Avant le départ, le pilote du Rebellion Racing s’est entretenu avec nous.

Sport-Auto.ch : Mathéo, tu auras 20 ans au mois de décembre. Ça fait quoi d’arriver au Mans à seulement 19 ans ?

Mathéo Tuscher : C’est déjà un grand plaisir de pouvoir prendre part à cette course, tout simplement. Pouvoir être là, avec un team aussi renommé que Rebellion, et être le plus jeune, c’est encore quelque chose en plus à ajouter, c’est même la cerise sur le gâteau. Maintenant, j’ai souvent eu l’habitude d’être le plus jeune dans les catégories précédentes, en Formule Abarth, en Formule 2… en GP3 j’étais quasiment, à chaque course, le plus jeune, donc c’est une habitude. Mais ici, c’est vrai que c’est très spécial. Et on sent un peu la différence.

Sport-Auto.ch :  Seras-tu le plus jeune sur la grille de départ ?

Mathéo Tuscher : Cette année, je suis le plus jeune sur la grille de départ et le plus jeune participant de toute l’histoire, en catégorie en LMP1.

Sport-Auto.ch :  Il n’y a jamais eu plus jeune ?

24h Mans 2016-1-3Mathéo Tuscher : Pas en LMP1, mais en LMP2 oui, il y a eu un participant qui avait 16 ans l’année passée.

Sport-Auto.ch : Est-ce que cela te donne une pression supplémentaire ?

Mathéo Tuscher : Non. Pour moi, c’est juste un petit bonus que je peux ajouter, mais c’est vraiment pas une pression. Je me donne le temps d’apprendre et puis je vais le faire du mieux que je peux et… on verra.

Sport-Auto.ch :  Est-ce que tu irais à dire que c’est une course comme les autres ?

Mathéo Tuscher : C’est jamais une course comme les autres, mais je dirais que mon âge n’ajoute aucune pression supplémentaire, c’est juste un point positif en plus pour moi. Le Mans, c’est une course très spéciale, on en parle beaucoup, tout au long de l’année, on s’y prépare. Et si on est là, si on fait toutes les autres courses, c’est pour être prêts au Mans, marquer le plus de points possible et faire le plus beau résultat ici. Donc, le Rebellion Racing, et ses partenaires, accordent beaucoup d’importance à cette course. Nous allons donner notre meilleur, en tout cas, pour l’instant, tout se déroule parfaitement.

Sport-Auto.ch :  Tu as découvert la piste dimanche dernier, lors de la journée test. Qu’est-ce que tu as ressenti en découvrant cette piste ?

Mathéo Tuscher : C’est une piste magnifique, tout d’abord, c’est incroyable de pouvoir rouler à 340 km/h dans les Hunaudières. J’ai pris beaucoup de plaisir durant les essais là. Et je profite de l’expérience de mes coéquipier, ça sera sixième participation pour Dominik Kraihamer, et la quatrième pour Alexandre Imperatori. Aussi, j’ai beaucoup appris à leurs côtés tout en ayant beaucoup roulé. Et, mercredi soir, j’ai fait mes premiers tours de nuit, ce fut très spécial, c’est une étrange sensation, on se croirait sur la lune. Quand on se retrouve sans aucun autre concurrent devant et derrière, ce sont des moments inoubliables. Et je suis impatient de reprendre le volant de nuit durant la course.

Sport-Auto.ch :  Est-ce que vous savez déjà qui va prendre le départ, dans votre équipage ?

Mathéo Tuscher : Non, on ne l’a pas encore défini. Cela va dépendre encore… Pour l’instant, on se concentre encore sur les qualifications. Ensuite on va tout analyser et prendre la décision.

Sport-Auto.ch :  Vous avez une place assez incroyable au Championnat du Monde, vu les circonstances des premières courses. Est-ce que vous allez en tenir compte, dans la course des 24h du Mans ?

Mathéo Tuscher : Il est vrai que c’est un résultat incroyable, mais on essaie vraiment de garder la tête froide, car l’on sait que c’est temporaire. Tout va évoluer lors des prochaines épreuves du championnat. L ‘évolution peut être bénéfique, car on pourrait gagner une place. Mais il y a de fortes chances que les les LMP1 hybrides soient devant nous. Aussi, nous avons deux objectifs : terminer les 24 heures et de remporter la catégorie des LMP1 privées. La cerise sur le gâteau serait de termienr devant des hybrides, mais l’on sait que, à la régulière, nous n’avons aucune chance. Aussi, il va falloir profiter des faits de course afin de rééditer nos performances des courses de Silverstone et Spa.

Sport-Auto.ch :  Il y a quand même des petits rêves de podium, non ? Cette année, tout semble possible, non ?

Mathéo Tuscher : Oui, on a des rêves, mais vraiment, on les laisse de côté pour ne pas y penser.

Sport-Auto.ch :  Qu’est-ce que tu appréhendes le plus, dans cette course des 24 heures ?

24h Mans 2016-1Mathéo Tuscher : Les conditions météo seront l’un des éléments clés, d’autant que, cette année, elles sont bien particulières. Ainsi, on a connu beaucoup de pluie lors des essais libres. Et, dans des conditions très difficiles, je suis parti en aquaplanning, mais j’ai eu la chance de ne pas toucher le mu. Mais, au moins, j’ai eu l’occasion de prendre mes marques. D’autre part, le trafic, les accidents, et les problèmes mécaniques sont, aussi, à prendre en compte. En tant que ilote, nous devons faire preuve de prudence tout en étant dans le bon rythme, afin de ne pas faire de faute.

Sport-Auto.ch :  La gestion des voitures plus lentes, c’est un problème ?

Mathéo Tuscher : Oui, c’est un problème. Dès que l’on arrive 50km/h plus vite, la différence est très importante, et l’on peut vite être surpris, d’autant que nous sommes, sur plus de la moitié du circuit, à une vitesse supérieure à 300km/h, et que l’on se retrouve, ensuite, dans des zones inférieures à 100. Aussi, il faut s’habituer à ces changements de vitesses et anticiper les dépassements des voitures plus lentes.

Sport-Auto.ch :  Est-ce que c’est la voiture qui dépasse, qui doit modifier sa trajectoire, ou celle qui est dépassée ?

Mathéo Tuscher : La voiture qui se fait dépasser ne doit pas changer sa ligne, aussi c’est celui qui dépasse qui doit modifier sa trajectoire. Maintenant, ça change en permanence et il n’y a pas de vrai règle établie. Dans notre cas, nous sommes presque les pires à dépasser. Nous sommes plus rapides que les GT et LMP2, mais, lorsque les pneus sont usés, ces dernières sont plus rapides dans les courbes, et ils nous collent après que l’on est pris le meilleur au freinage. Quand au hybrides, ils nous dépassent partout, mais, en ligne droite, ils jouent la consommation et en bout de ligne droite nous sommes plus rapides. De plus, il faut faire attention aux pilotes qui n’ont pas énormément d’expérience dans le trafic.

Sport-Auto.ch :  As-tu une idée, du combientième Suisse tu seras, à prendre part aux 24h du Mans ?

Mathéo Tuscher : Aucune idée. Vous avez une idée ?

Sport-Auto.ch :  Moi je le sais, oui.

Mathéo Tuscher : Voilà, bien, alors ça je n’ai pas… je n’ai pas fait le calcul (rires), alors ce serait intéressant de savoir.

Sport-Auto.ch :  Alors, d’après mes calculs et l’aide de Jean-Marie Wyder ( Les Suisses au Mans ), tu es le cent-quarante septième. Et sinon, le fait d’être Suisse, dans une écurie suisse, est-ce important pour toi ?

24h Mans 2016-1-4Mathéo Tuscher : En ce qui me concerne, j’ai souvent été Suisse dans une écurie suisse, ainsi j’ai fait la Formule Abarth avec Jenzer Motorsport. Ensuite, je suis parti en Formule 2, où Jenzer n’était pas présent. Puis je fut de retour au sein de Jenzer, deux ans durant, en GP3. C’est toujours plaisant de courir sous le drapeau de la nation. Et je pense aussi que Rebellion Racing, en tant que team suisse, accorde beaucoup d’importance à ça. Leur objectif est d’avoir un pilote suisse, au moins, par voiture. Cette année, nous sommes deux sur la 13, avec Alexandre. Dominik (Kraihamer, ndlr) est Autrichien, c’est pas très loin de la Suisse non plus.

Sport-Auto.ch :  Et Nicolas (Prost, ndlr) est Franco-Suisse.

Mathéo Tuscher : Et Nicolas est Franco-Suisse, et Nick (Heidfeld, ndlr) est Allemand, par contre Nelson (Piquet junior, ndlr) est un peu plus loin (Brésilien, ndlr)… (rires) C’est vrai que j’accorde beaucoup d’importance, ça fait plaisir aussi d’être près du team en Suisse. Si l’équipe est les voitures sont basés en Angleterre, les deux chefs du Teams sont à Ecublens ce qui me fait entre 20 et 30 minutes de route.

Interview réalisé par Sébastien Moulin et retranscrite par Isabelle Crausaz, crédit photos : Sébastien Moulin

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