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Asian Le Mans Series – Cetilar Racing frappe fort sous la mousson malaisienne

La saison 2025/2026 de l’Asian Le Mans Series s’est ouverte à Sepang dans des conditions aussi piégeuses que spectaculaires. Entre averses tropicales, neutralisations à répétition et stratégies bouleversées, les deux courses malaisiennes ont offert un scénario haletant, marqué par la domination de Cetilar Racing, auteur d’un week-end parfait en LMP2.

Course 1 – La maîtrise dans le chaos

Dès le départ de la première manche, la météo impose son rythme. La pluie s’invite dès la première heure, plongeant les équipes dans un casse-tête stratégique permanent. Quatre Safety Cars et deux Full Course Yellow resserrent constamment les écarts, au point que les trois catégories se jouent la victoire à quelques secondes près.

En LMP2, le début de course est animé par l’Oreca n°43 d’Inter Europol Competition, devant United Autosports et Algarve Pro Racing. À mi-course, United Autosports place ses deux voitures en tête, avec Ben Hanley devant Grégoire Saucy, tandis que Louis Delétraz commence à mettre la pression au volant de la n°4 CrowdStrike Racing by APR. Le Suisse passe Saucy, puis hérite brièvement de la tête lorsque Hanley s’arrête aux stands.

Mais en embuscade, la n°47 de Cetilar Racing remonte méthodiquement le peloton. Après un relais solide de Charles Milesi, Antonio Fuoco prend les commandes. Une pénalité de cinq secondes pour infraction sous FCY menace cependant la victoire. Fuoco hausse alors le ton, creuse l’écart, effectue un dernier ravitaillement, purge sa pénalité et ressort en tête. Malgré la pression intense de Tom Dillmann (Algarve Pro Racing), l’Italien résiste jusqu’au drapeau à damier. Cetilar s’impose, devant Algarve Pro Racing et CrowdStrike Racing by APR.

La course LMP3 bascule dès le deuxième virage : cinq voitures sur dix sont impliquées dans un accrochage massif. Deux abandonnent immédiatement, les autres repartent très attardées. CLX Motorsport domine d’abord largement, mais un souci de carrosserie retarde la Ligier suisse. Inter Europol Competition, parti du fond de grille, en profite. Henry Cubides résiste héroïquement au retour de Callum Voisin et s’impose pour… 0,218 seconde. CLX Motorsport sauve la troisième place.

En GT, le spectacle est total. QMMF by Getspeed impose le rythme avant de se saborder avec plusieurs pénalités. Le leadership passe alors à la Mercedes-AMG n°9 de Getspeed. En fin de course, un arrêt tardif redistribue les cartes : Fabien Schiller reprend la tête, mais Loek Hartog (Manthey Porsche) attaque sans relâche. Les deux voitures se touchent dans le dernier virage, Hartog passant en tête sur la ligne. Mais après l’arrivée, la sanction tombe : la Porsche est pénalisée, et la victoire revient officiellement à la Mercedes-AMG n°9, devant la Manthey Porsche et l’Aston Martin d’Ecurie Ecosse Blackthorn.

Course 2 – Le doublé parfait de Cetilar Racing

Le lendemain, Sepang offre un nouveau visage… tout aussi imprévisible. Les averses tropicales s’enchaînent, forçant les équipes à revoir leurs plans à plusieurs reprises. Neutralisations, Virtual Safety Cars et Full Course Yellow rythment la course, jusqu’au dénouement brutal : à vingt minutes de l’arrivée, un déluge noie littéralement la piste. Tous les concurrents sont en pneus slicks derrière la Safety Car, et la direction de course n’a d’autre choix que de sortir le drapeau rouge.

Avant cet arrêt définitif, Cetilar Racing a une nouvelle fois imposé sa loi en LMP2. Roberto Lacorte, Charles Milesi et Antonio Fuoco contrôlent la course pour signer une seconde victoire consécutive. Le podium est un copier-coller de la veille : Algarve Pro Racing deuxième, CrowdStrike Racing by APR troisième.

En LMP3, la stratégie fait la différence. CLX Motorsport joue un coup audacieux en effectuant très tôt ses deux arrêts obligatoires de 100 secondes sous Virtual Safety Car. Le pari s’avère gagnant : la Ligier n°17 s’échappe en tête et ne sera plus rejointe. Paul Lanchère, Kevin Rabin et Alexander Jacoby s’imposent devant 23Events Racing et Forestier Racing by VPS.

La course GT consacre Kessel Racing, auteur d’une remontée remarquable. Parti 15e, Dustin Scott Blattner se faufile rapidement dans le peloton. Les choix pneumatiques du team suisse se révèlent parfaits, permettant à Chris Lulham et Dennis Marschall de prendre le commandement et de s’imposer dans un peloton GT de 22 voitures. Team WRT, après avoir changé le moteur de sa BMW M4 dans la nuit, rebondit avec une belle deuxième place, tandis qu’Origine Motorsport complète le podium, porté par un Bo Yuan impressionnant, remonté de la 14e place jusqu’à la lutte pour la victoire.

Un début de saison sous le signe de l’autorité

Avec deux victoires en deux courses, Cetilar Racing quitte Sepang en patron de la catégorie LMP2, au terme d’un week-end marqué par la pluie, les rebondissements et une intensité de chaque instant. Le championnat se poursuivra à Dubaï les 31 janvier et 1er février, où la hiérarchie esquissée en Malaisie sera déjà mise à l’épreuve.

Classements :

Crédits photos : Asian Le Mans Series

Capital RT by Motopark triomphe au bout du suspense des Gulf 12h

La 15e édition des Gulf 12 Hours a offert un spectacle intense et indécis sur le circuit de Yas Marina, théâtre d’une course haletante où la victoire s’est jouée autant à la régularité qu’à la maîtrise des imprévus. Au terme de douze heures d’efforts, Capital RT by Motopark a offert à Mercedes-AMG un succès de prestige, le troisième de la marque allemande dans l’histoire de l’épreuve.

Dès les premières heures, la lutte en tête s’annonce féroce. Les changements de leader se multiplient, le rythme est élevé et plusieurs GT3 semblent capables de s’imposer. Dans ce contexte nerveux, l’équipage de la Mercedes-AMG GT3 n°13 – Denis Remenyako, Michail Aleshin et Adam Christodoulou – adopte une approche méthodique, privilégiant la constance et l’absence d’erreur.

Après 346 tours et une gestion exemplaire du trafic comme des neutralisations, la Mercedes noire et argent voit enfin le drapeau à damier en tête, concluant une course éprouvante par une victoire aussi méritée que spectaculaire.

Longtemps, pourtant, la victoire a semblé tendre les bras à Al Manar by Dragon. En tête à l’entrée de la neuvième heure, la Ferrari 296 GT3 n°77 d’Al Faisal Al Zubair, Ben Tuck et Christopher Froggatt nourrit l’espoir d’un premier succès historique pour une équipe omanaise. Mais un arrêt imprévu pour refaire le niveau de liquide de frein vient briser l’élan du trio. Combatifs jusqu’au bout, ils sauvent une superbe deuxième place, au goût toutefois légèrement amer.

La fête est complète pour Mercedes-AMG avec une deuxième voiture sur le podium. La n°4 de Grove Racing by GetSpeed, confiée à Stephen et Brenton Grove, père et fils, associés à Jules Gounon, termine troisième, confirmant la solidité et la compétitivité de la marque à l’étoile sur le tracé d’Abu Dhabi.

Parmi les grands animateurs de la course, la Ferrari 296 GT3 n°70 d’Inception Racing, partie de la pole position, faisait figure de favorite. Mais après six heures de course, un contact avec une voiture de la catégorie Am met fin prématurément aux espoirs de Brendan Iribe, Frederik Schandorff et Ollie Milroy, contraints à l’abandon.

La catégorie Pro-Am sourit aux nouveaux venus australiens de Geyer Valmont Racing. Pour leur première apparition internationale, ils signent une prestation remarquable : Jayden Ojeda, Brendon Leitch, Sergio Pires et Marcel Zalloua s’imposent dans leur classe au volant de la Mercedes-AMG GT3 n°44, tout en décrochant une impressionnante sixième place au classement général.

En Am, le public local peut se réjouir de la belle performance d’Enrico Fulganzi Racing. La Porsche 992 GT3 R n°17 d’Enrico Fulganzi, Alessandro Giannone et Andrea Girondi termine deuxième, tandis que l’Audi R8 GT3 LMS de Haas RT, pilotée par Simon Balcaen, Peter Guelinckx et Steven Palette, complète le podium de la catégorie.

La victoire Am revient toutefois à Garage 59, avec une McLaren 720S GT3 emmenée par Anthony West, Marco Pulcini, Mark Sansom et James Vowles, directeur d’équipe de Williams en Formule 1. Leur succès est d’autant plus notable qu’ils concluent la course à une solide 10e place au général.

Classement

Cap sur l’avenir

La prochaine édition des Gulf 12 Hours se déroulera le 10 janvier 2027, marquant un retour à une date hivernale plus traditionnelle et à un format étendu sur quatre jours, propice à une préparation approfondie. Le mois de décembre ne sera pas pour autant privé de GT à Abu Dhabi, puisqu’un nouvel événement GT au format court est d’ores et déjà programmé pour le 13 décembre 2026.

À Yas Marina, cette 15e édition aura en tout cas rappelé pourquoi les Gulf 12 Hours figurent parmi les rendez-vous d’endurance les plus spectaculaires et imprévisibles du calendrier.

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