Sous le soleil de Floride, devant une affluence record, la 64e édition des 24 Heures de Daytona a offert un spectacle à la hauteur de sa réputation. Pour lancer la saison 2026 de l’IMSA WeatherTech SportsCar Championship, Team Penske et Porsche ont écrit une nouvelle page d’histoire, tandis que Felipe Nasr s’est affirmé comme l’un des grands noms de l’endurance moderne.
Une bataille épique pour la victoire générale
Au bout de 24 heures d’une lutte intense, Felipe Nasr a franchi la ligne d’arrivée au volant de la Porsche 963 n°7 avec seulement 1,569 seconde d’avance sur la Cadillac n°31 de Jack Aitken. Le duel, haletant jusqu’au dernier tour, a tenu le public en haleine : Aitken a multiplié les attaques dans la dernière heure, se rapprochant parfois à moins d’une demi-seconde, tentant même un dépassement audacieux au virage 1. Mais Nasr, impérial dans le trafic et sous pression, a résisté avec sang-froid.
Cette victoire marque le troisième succès consécutif de Team Penske à Daytona, un exploit rare qui place l’équipe au niveau des légendaires Ganassi et Wayne Taylor Racing. Pour Porsche, il s’agit d’un 21e triomphe au général, un record absolu pour un constructeur. Et pour Nasr, ce succès l’inscrit dans la lignée d’Hélio Castroneves et de Peter Gregg, seuls pilotes à avoir signé trois victoires consécutives au général sur ce tracé mythique.
Les coéquipiers de Nasr, Laurin Heinrich et Julien Andlauer, ont eux aussi vécu un moment historique, remportant leur première Rolex 24, Andlauer décrochant au passage son premier succès en championnat WeatherTech.
Louis Delétraz et ses coéquipiers du Cadillac Wayne Taylor Racing terminent sixième dan le tour des vainqueurs, deux places devant la BMW de Raffaele Marciello.
Une course marquée par le brouillard et le suspense
La météo a joué un rôle inattendu : un épais brouillard nocturne a entraîné plus de six heures de neutralisation, un record dans l’histoire de la course. Lorsque la piste s’est enfin dégagée au petit matin, le rythme s’est emballé, avec un peloton GTP ultra-compact où Porsche, Cadillac, BMW et Acura se sont livré une lutte permanente.
Statistiquement, les Porsche Penske ont dominé, menant 74 % de la course, mais la pression est restée constante jusqu’au drapeau à damier, neuf des onze prototypes ayant mené au moins un tour.
LMP2 : CrowdStrike, la revanche tant attendue
Dans la catégorie LMP2, CrowdStrike Racing by APR a enfin conjuré le sort. Après avoir été impliquée dans un accrochage dès le premier tour, l’Oreca n°04 s’est relancée pour s’imposer avec autorité. George Kurtz et ses coéquipiers ont effacé les souvenirs douloureux de 2024, lorsqu’ils avaient perdu la victoire pour 0,016 seconde.
La n°04 a dominé la fin de course, menant 111 des 120 derniers tours, pour s’imposer devant Inter Europol Competition. Une victoire chargée d’émotion pour Kurtz, qui a parlé d’un rêve de toute une vie enfin réalisé. Grégoire Saucy termine au pied du podium sur l’Oreca du United Autosport.
GTD PRO : la remontée magistrale de Paul Miller Racing
En GTD PRO, Paul Miller Racing a livré l’un des récits les plus spectaculaires de la course. Disqualifiée des qualifications pour un problème de carrossage, la BMW M4 GT3 EVO n°1 s’est élancée dernière de sa catégorie. Mais sur 24 heures, la patience et la perfection stratégique ont payé.
Verhagen, De Phillippi, Hesse et Harper ont remonté le peloton, pris la tête avant la mi-course, puis résisté à la pression des Mercedes pour s’imposer de justesse. Même une panne de communication radio dans la dernière heure n’a pas empêché Harper de livrer un relais final impeccable. Sur la Porsche Manthey, Ricardo Feller et ses coéquipiers ont pris la cinquième place.
GTD : un duel de gladiateurs dans le tri-oval
La catégorie GTD a offert l’un des moments les plus spectaculaires de l’épreuve. À dix minutes de l’arrivée, Phillip Ellis (Mercedes n°57 Winward Racing) et Nicki Thiim (Aston Martin n°44 Magnus Racing) se sont livrés un combat roue contre roue dans le banking de Daytona. Un léger contact a envoyé les deux voitures en travers à plus de 250 km/h, mais les pilotes ont magistralement rattrapé leurs montures.
Ellis a finalement résisté pour s’imposer avec 1,367 seconde d’avance, remportant une troisième victoire de classe pour Winward en six ans. Derrière, Heart of Racing a complété le podium avec une autre Aston Martin.
Philip Ellis : « Nous avions une bonne stratégie pour la fin de course et, bien sûr, nous espérions que la piste resterait libre afin de pouvoir mettre en œuvre nos tactiques. Dans les dernières minutes, il était extrêmement difficile de contrôler les pneus. J’ai mené une lutte acharnée pour conserver la tête. C’est la troisième fois que je gagne ici avec cette équipe, ce qui est vraiment incroyable. Merci à tous ceux qui ont préparé cette superbe voiture. Elle était tout simplement parfaite. J’espère que nous pourrons surfer sur cette dynamique à Sebring pour poursuivre notre mission de défendre le titre. »
En ce qui concerne Romain Grosjean, sa course s’est arrêté avant la 4ème heure.
La saison IMSA se poursuivra à Sebring pour les 12 Heures, où les rivalités nées à Daytona promettent déjà un nouveau chapitre brûlant.
Crédits photos : IMSA ; citation : Mercedes










