Cédric Althaus et Jérémie Toedtli vous disent tout sur la SS des Casernes

La spéciale des Casernes située en plein centre-ville de Sion fait partie des endroits incontournables du Rallye International du Valais. Les concurrents parcourent trois fois le tour du mini-circuit avant de sortir de la boucle et finir la spéciale en dessus. Malgré que ce soit une spéciale Show, cette super-spéciale est loin d’être évidente et contient de nombreux petits pièges.

Coup d’œil sur cette spéciale aux côtes de Cédric Althaus et Jérémie Toedtli qui s’étaient emparés des deux premières places lors de la dernière édition.

Que pensez-vous de la SS des Casernes ?

Nous pouvons lire la concentration sur le visage de Jérémie Toedtli

Jérémie Toedtli: Pour être franc ce n’est pas ma spéciale préférée. Autant en 2 roues motrices qu’en 4×4, je n’arrivais pas à rivaliser, même pire, j’ai perdu la 2ème place en 2016, en perdant deux fois 10s. Avec Alex, on s’est même dit « le jour où l’on réalise le scratch, on arrête le rallye », tellement cela nous paraissait improbable. C’était la spéciale que j’appréhendais le plus avant le rallye. J’ai longuement cherché à savoir comment être performant. J’ai compris quand j’ai arrêté de chercher.

Cédric Althaus : “Ce n’est pas très intéressant pour un pilote de rallye. Elle est assez compliquée et piégeuse avec les rochers qui se situent le long du parcours. On a peu de grippe. Pour le public, je pense que c’est vraiment fantastique. Il y a une ambiance différente que les autres spéciales.”

Comment faire pour gérer l’éventuelle pression d’avoir une voiture nous rattrapant ?

Un départ de spéciale toujours particulier pour Cédric Althaus

Jérémie Toedtli : “Pour commencer, ça n’a jamais été la première spéciale, donc on peut déjà savoir le niveau de la concurrence. Dans tous les cas il ne faut pas être obnubilé par le fait d’être rattrapé. Dans le cas d’un souci mécanique, il faut être attentif, mais il est relativement facile de laisser passer un concurrent.”

Cédric Althaus : “Je ne me suis jamais posé la question, on regarde toujours devant. Personnellement, j’ai plus peur de rattraper quelqu’un que de me faire rattraper. Les écarts restent malgré tout assez petit et l’organisation fait en sorte de bien distancier les concurrents.”

Les choses à faire ?

Jeremie Toedtli : Pour continuer sur la pression, il faut être attentif à en avoir suffisamment dans les pneus. La spéciale a souvent lieu après un regroupement et les pneus deviennent froids. Il faut donc avant de rentrer en régime de parc, regonfler les pneus en cas de doute.

Aux casernes, ce qui fait peur, ce sont surtout les rochers qui bordent la spéciale. Il est donc important de bien reconnaître le parcours à pied pour voir les pièges et également les virages que l’on peut couper ou sortir large.

Il faut aussi être attentif aux différents revêtements, l’asphalte, le béton armé, la terre, les feuilles et le noter d’une façon ou d’une autre.

Un bon conseil pour la partie circuit est de prendre des repères de freinage, soit dans les notes, soit pour soi et selon le premier tour repoussé toujours plus la limite de freinage. Il faut constamment élever le rythme, étant donné que les pneus vont prendre de la température, la plage d’utilisation sera en constante évolution.

La clé est de faire le spectacle et d’attaquer. Rouler libérer sans appréhension en se faisant juste plaisir.

Cédric Althaus : “il faut vraiment rouler proprement. Il faut être attentif à chaque virage, aux cordes, aux intérieurs. Certains endroits sont très piégeux comme le passage à la ferme. C’est un endroit extrêmement glissant.

Personnellement, je donne des petits coups de frein à main. Il faut toujours garder le train avant comme au passage du carrousel. C’est vraiment important de garder un maximum de traction avec le train avant.”

Les choses à ne pas faire ?

Jeremie Toedtli : “Ne jamais noter qu’une fois la partie circuit et compter les tours. Il faut toujours écrire l’intégralité de la spéciale et bien contrôler dans le Roadbook pour être sûr du nombre de tours.

Il ne sert non plus à rien de frôler les rochers pour avoir les meilleures trajectoires. Mieux vaut perdre quelques secondes que d’arracher une roue.”

Cédric Althaus : “Ne pas attaquer comme un crétin. Ne pas vouloir faire trop le spectacle. Il ne faut pas chercher à faire le show mais à rouler proprement. Il y a plus à perdre qu’à gagner. On ne peut pas gagner le rallye dans cette spéciale mais le perdre.”

L’endroit clé de la spéciale ?

Jérémie Toedtli : Je pense que c’est l’épingle droite sur terre lors de la sortie, elle est extrêmement serrée et pose problème a beaucoup de pilotes. Il faut arriver avec suffisamment de vitesse pour pouvoir tirer le frein à main, sinon la voiture ne va pas assez tourner et l’on va se retrouver coincer.

Cédric Althaus : “Pour moi, il y a trois endroits qui sont vraiment importants, le carrousel, le passage de la ferme et les épingles avant le carrousel. Pour le carrousel, il faut tirer un léger coup de frein à main. L’endroit vers la ferme que je n’apprécie pas trop car ça glisse trop et les deux épingles avant le carrousel. Selon les conditions, ces deux épinglettes peuvent vraiment être sales entre la pluie et les feuilles.”

A propos de l'auteur

Articles en relations