Rebellion aux 24h Mans c’est fini ! Retour sur 13 éditions…

Le_Mans_2017-1-24

Véritable fleuron du sport automobile suisse, Rebellion Racing a marqué les 24 Heures du Mans de son empreinte, même si les résultats n’ont pas toujours été de la partie. Et à l’occasion de sa 13ème, le chiffre 13 a toujours accompagné Rebellion Racing, et toute dernière participation, l’écurie lausannoise a fini en beauté. Retour sur les nombreuses participations de l’équipe lausannoise dans la Sarthe.

 

24h du Mans 2007

#85 Spyker (GT2) – Abandon

 

Alors importateur Spyker, le Speedy Garage de Romanel-sur-Lausanne s’engage aux 24h du Mans 2007 avec une Spyker C8 en catégorie GT2. Malheureusement, le pilote suisse Andrea Chiesa et ses coéquipiers italiens Andrea Belicchi et Alex Caffi ne franchiront pas le ligne l’arrivée.

 

 

4036724_orig
Spyker (GT2) – le Mans 2008

24h du Mans 2008

#33 Lola-Judd (LMP2) – Abandon

#94 Spyker (GT2) – Abandon

 

En 2008, l’alliance entre le Sebah Racing du regretté Hugh Hayden et du Speedy Racing  permet l’engagement d’une Lola-Judd en LMP2 ainsi que d’une Spyker d’usine en GT2. Le début d’une belle aventure, technique et humaine… Même si pour l’heure, les voitures ne parviennent pas à terminer le double tour d’horloge au Mans.

 

Rebellion aux 24h du Mans 2009
Rebellion aux 24h du Mans 2009

24h du Mans 2009

#13 Lola-Aston-Martin (LMP1) – 14e

#33 Lola-Judd (LMP2) – 12e

 

Changement d’orientation en 2009 avec l’abandon de la Spyker au profit d’une Lola-Aston Martin, Speedy Sebah étant la seule équipe présente à la fois en LMP1 et en LMP2. La Lola LMP1 de Belicchi-Fässler-Prost décroche une formidable deuxième place aux 1’000 km de Silverstone alors que la LMP2 de Kane-Leuenberger-Pompidou, gagne sa catégorie au terme de la même épreuve, puis termine sa saison vice-champion Le Mans Series. La ligne d’arrivée du Mans est franchie pour la première fois. 

La Lola B08/80-Judd LMP2 #33 pilotée par Jonny Kane, Benjamin Leuenberger et Xavier Pompidou termine 12e soit deux place devant la Lola-Aston-Martin LMP1 #13 de Andrea Belicchi, Neel Jani et Nicolas Prost.

Rebellion aux 24h du Mans 2010
Rebellion aux 24h du Mans 2010

24h du Mans 2010

#12 Lola-Judd (LMP1) – Abandon

#13 Lola-Judd (LMP1) – Abandon

 

En 2010, l’équipe prend le nom de son principal sponsor, les montres Rebellion, se recentrant sur le LMP1 avec deux Lola au V10 Judd rebadgées Rebellion. Aux 24 Heures du Mans, aucune des deux ne rejoint l’arrivée, l’une abandonnant sur casse de boîte de vitesses (Andretti-Prost-Jani) et l’autre sur sortie de route (Boullion-Belicchi-Smith). Au terme de la saison 2010, les Rebellion décrochent les troisième et cinquième places du Championnat Le Mans Series.

 

Rebellion aux 24h du Mans 2011
Rebellion aux 24h du Mans 2011

24h du Mans 2011

#12 Lola-Toyota (LMP1) – 6e

#13 Lola-Toyota (LMP1) – Abandon

 

En 2011, l’écurie suisse poursuit et magnifie l’œuvre de Hugh Hayden, engageant un châssis Lola propulsé par un V8 Toyota, prouvant l’implication officielle du constructeur japonais. Cette voiture est pilotée par Nicolas Prost et Neel Jani sur l’ensemble de la saison, avec le renfort de Jeroen Bleekemolen aux 12 Heures de Sebring et au Mans. Rebellion engage une deuxième Lola-Toyota en d’autres occasions, en particulier aux 24 Heures du Mans pour Belicchi, Boullion et Smith. Aux 24 Heures du Mans, la n°12 termine sixième, mais surtout au rang flatteur de première des LMP1 essence alors que la n°13 abandonne sur sortie de route. Parallèlement, grâce à l’engagement d’une voiture en Le Mans Series (Boullion-Belicchi), la structure suisse remportait ce Championnat avec un point d’avance seulement sur Pescarolo Team.

 

Rebellion aux 24h du Mans 2012
Rebellion aux 24h du Mans 2012

24h du Mans 2012

#12 Lola-Toyota (LMP1) – 5e

#13 Lola-Toyota (LMP1) – 11e

 

Lors de l’année 2012, l’écurie s’engageait en Championnat du Monde d’Endurance FIA, avec toujours les mêmes machines mais sous de nouvelles couleurs : le jaune et le noir, chères à Lotus. Après des débuts difficiles à Sebring, les deux LM P1 brillaient à Spa, terminant dans le sillage des intouchables Audi. Les deux voitures étaient encore alignées au Mans. La n°12, toujours confiée à Prost et Jani avec le renfort du transfuge de la F1 Nick Heidfeld, alors que la n°13 était pilotée par l’attelage Belicchi-Bleekemolen renforcé par l’ex pilote Aston Martin, Harold Primat. La n°12 terminait cinquième et première des LMP1 privées alors que la n°13, onzième du général, connaissait trop de problèmes techniques. En fin de saison, l’écurie suisse décrochait avec brio le Trophée Endurance FIA 2012 des équipes privées LMP1. Hors Championnat, Rebellion Racing remportait aussi l’édition 2012 du Petit Le Mans avec Jani, Prost et Belicchi.

 

Rebellion aux 24h du Mans 2013
Rebellion aux 24h du Mans 2013

24h du Mans 2013

#12 Lola-Toyota (LMP1) – 40e

#13 Lola-Toyota (LMP1) – 41e

 

Bart Hayden, le Team Manager, un des artisans du succès
Bart Hayden, le Team Manager, l’un des artisans du succès

En vue de cette saison 2013, l’équipe helvétique décidait d’aligner une voiture en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA et une en American le Mans Series, et parfois ses deux Lola B12/60 Coupé-Toyota lors de certaines épreuves soigneusement sélectionnées. Ainsi, aux 12 Heures de Sebring, le trio Prost-Jani-Heidfeld décrochait une splendide troisième place alors que la deuxième se classait cinquième. Par la suite, en Championnat du Monde d’Endurance, Rebellion continuait sur sa lancée de 2012, classant systématiquement ses deux machines derrière les LMP1 officielles mais toujours devant les autres privées. Et le trio Prost-Jani-Heidfeld dominait systématiquement l’autre triplette : Belicchi-Beche-Cheng. Aux Etats-Unis, le tandem Heidfeld-Jani terminait deuxième à Laguna-Seca puis Long Beach et achevait la saison par une deuxième victoire consécutive au « Petit Le Mans » avec Nicolas Prost en renfort. Neel Jani, recruté par Porsche durant l’été, quittait ses compatriotes avec panache.

 

Au Mans, le Rebellion Racing s’inclinait face à la HPD du Strakka Racing qui écourtait sa saison sur cette victoire pour le compte des LMP1 privées. La Lola-Toyota n°12 poursuivait vaillamment le championnat afin de décrocher un deuxième trophée FIA d’affilée. Au passage, Nicolas Prost et Mathias Beche prenaient même la troisième place des 6 Heures d’Interlagos derrière les deux Audi R18 e-tron quattro, mais tous les esprits étaient déjà tournés vers 2014 puisque l’équipe annonçait ses projets et le lancement de la construction d’une Rebellion R-One à moteur Toyota en partenariat avec Oreca.

 

Rebellion aux 24h du Mans 2014
Rebellion aux 24h du Mans 2014

24h du Mans 2014

#12 Rebellion R-One – Toyota (LMP1) – 4e

#13 Rebellion R-One – Toyota (LMP1) – Abandon

 

Confrontée aux contraintes logistiques que rencontrent les fournisseurs spécialisés, la Rebellion R-One n’est pas prête à temps pour le début de la saison 2014. Les deux Lola-Toyota sont autorisées à rouler une dernière fois en course à Silverstone pour suppléer les Rebellion R-One dont le baptême en compétition est reporté aux 6 Heures de Spa. Un baptême réussi pour la n°12 de Heidfeld-Prost-Beche qui termine l’épreuve à la 7e place.

 

Lors des 24 Heures du Mans, Rebellion Racing signait un très joli résultat avec la 4e place de la n°12 (Prost, Heidfeld, Beche) alors que la n°13 (Belicchi, Leimer, Kraihamer) abandonnait prématurément sur accident. La fin de saison voyait la structure suisse dominer largement le classement LMP1 Light.

 

Rebellion R-One 24H Mans 2015
Rebellion R-One 24H Mans 2015

24h du Mans 2015

#12 Rebellion R-One – AER (LMP1) – 23e

#13 Rebellion R-One – AER (LMP1) – 18e

 

Persuadé que les moteurs turbo sont la bonne solution pour une équipe privée, Rebellion décidait, en vue de 2015, de passer du bloc atmo Toyota au V6 bi-turbo AER. Une lourde tâche qui a empêché les Rebellion de prendre part aux deux premières courses de la saison. Si l’équipage de la n°12 est inchangé, celui de la n°13 se compose désormais de Kraihamer, Abt et Imperatori.

 

C’est avec beaucoup de questions que la structure suisse aborde les 24 Heures du Mans. Dès les essais libres, les R-One font preuve d’une bonne pointe de vitesse, mais les soucis techniques s’accumulent pendant la course. Grâce à l’abnégation des mécaniciens, récompensés par le prix ESCRA, les deux équipages rallient l’arrivée avec le maximum de points dans l’optique du championnat, le trio Kraihamer-Abt-Imperatori, neuvième avec la n°13, devançant l’équipage Beche-Heidfeld-Prost dans la n°12. En fin de saison, les Trophées Endurance FIA Equipes et Pilotes LMP1 privés tombent une nouvelle fois dans l’escarcelle de l’écurie suisse.

 

24h-Mans-2016-1-431
Rebellion R-One – AER – Le Mans 2016

24h du Mans 2016

#12 Rebellion R-One – AER (LMP1)  – 29e

#13 Rebellion R-One – AER (LMP1) – Abandon

 

Rebellion Racing débute ensuite la saison 2016 de la plus belle des manières avec la troisième marche du podium au classement général des 6 Heures de Silverstone et des 6 Heures de Spa-Francorchamps pour le trio Tuscher-Kraihamer-Imperatori..

 

Bien que moins rapide que les voitures hybrides, la Rebellion R-One entend bien profiter des possibles déboires des constructeurs pour briller aux 24 Heures du Mans. Malheureusement, la réussite ne sera pas au rendez-vous, avec une casse moteur au petit matin pour la n°13 et des problèmes d’embrayage, entre autres, immobilisant la n°12 de trop longues minutes dans les stands. Sur le coup des 15h00, elle franchira bien la ligne d’arrivée, mais à la 29e position seulement.

 

Le_Mans_2017-1-18
Vaillante-Rebellion – Le Mans 2017

24h du Mans 2017

#13 Vaillante-Rebellion  (LMP2)  – disqualifiée 

#31 Vaillante-Rebellion  (LMP2) – 16e

Une année à la saveur particulière avec le partenariat entre Michel Vaillant et Rebellion, qui a permis de faire voir le jour à deux voitures d’exception tout droit sorties de la tête de Philippe Graton. Et, outre ce partenariat, le Rebellion Racing, qui prenait la dénomination Vaillante-Rebellion, passait en catégorie LMP2.

 

La #13, pilotée par Mathias Beche, David Heinemeier Hansson et  Nelson Piquet Jr, termine à une superbe 3e place (2ème en LMP2), mais 24 heures après la célébration de cet incroyable podium, le collège de commissaires du championnat du monde d’endurance (WEC) et l’ACO ont décide de disqualifier la LMP2 #13 de la course  en raison d’un coque modifiée durant la compétition.

 

Confiée à Julien Canal, Nicolas Prost et Bruno Senna, la #31 sera longuement immobilisée dans son stands dimanche matin… elle terminera au 16ème rang final.

 

Rebellion R13 Gibson – Le Mans 2018

24h du Mans 2018

#3 Rebellion R13 Gibson (LMP1)  – 3e

#1 Rebellion R13 Gibson (LMP1) – 4e

 

Après un passage fructueux en LMP2, l’écurie suisse décide de faire son come-back dans la catégorie reine LMP1 en 2018 afin d’aller défier Toyota.

Au 24h du Mans, Rebellion Racing termine meilleure des LMP1 privée… derrière les deux Toyota officielles. Les deux voitures de l’équipe suisse terminent aux 3e et 4e places, à distance respectable des protos japonais. La R13 #3 (Menezes / Laurent / Beche) termine à 12 tours du vainqueur mais offre le premier podium de Rebellion dans la Sarthe. Elle devance la voiture soeur #1 (Lotterer, Jani, Senna)

 

Rebellion R13 Gibson – Le Mans 2019

24h du Mans 2019

#1 Rebellion R13 Gibson (LMP1)  – 4e

#3 Rebellion R13 Gibson (LMP1) – 5e

 

Rebellion Racing arrive au Mans 2019 avec une nouvelle double livrée très originale. Ils sont rebelles… et zébrés !  Les trios des pilotes sont André Lotterer / Bruno Senna / Neel Jani dans la #1 et Gustavo Menezes / Nathanaël Berthon / Thomas Laurent dans la #3.

Après une course jalonnée d’ennuis divers, les Rebellion achèvent le double tour d’horloge au pied du podium au 4e (#1) et 5e (#3) place, devancée par les Toyota et l’écurie Russe SMP Racing.

 

24h du Mans 2020

Rebellion R13 Gibson – Le Mans 2020

#1 Rebellion R13 Gibson  (LMP1)  – 2e

#3 Rebellion R13 Gibson  (LMP1)  – 4e

Seule la victoire est belle ? pas forcement… Pour sa 13e et dernière participation au 24h du Mans Rebellion Racing a forcement rêvé de victoire au classement générale. Mais placer un de ces prototypes sur le podium (#1 – Gustavo Menezes, Norman Nato, Bruno Senna) intercalés entre les Toyota d’usine est une résultat exceptionnel qui marque la fin de l’implication du Team suisse en endurance.

Le Rebellion #3 (Nathanaël Berthon, Louis Delétraz, Romain Duma) a accompagné la #1 sur le podium virtuel jusqu’à une heure de l’arrivée. Confiée a Louis Delétraz pour les derniers relais, une légère sortie suivie d’un soucis d’embrayage lors de la sortie des boxes prive la Rebellion #3 du podium et termine au quatrième rang, à seulement 39 secondes de la seconde Toyota.

 

Voilà une belle page de l’histoire du sport automobile suisse se ferme ce soir, d’autre sont ouvertes ou s’ouvriront… 

Crédit photos : ©Sébastien Moulin, @Virtual @small car @Harry Parvin/AdrenalMedia.com

 

A propos de l'auteur

Articles en relations